Coffee Break 06/04/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Les États-Unis ont publié leurs chiffres d’emploi pour le mois de mars. L’économie a perdu 701K emplois non agricoles, mais les périodes de référence de cette enquête sont antérieures à beaucoup de fermetures d’entreprises et d’établissements scolaires liées au coronavirus.
  • Les PMI composites et services au niveau mondial sont venus confirmer la forte dégradation des données d’enquête. Les derniers chiffres donnent peu d’indications sur la situation actuelle de l’économie, ce qui complique la valorisation des actifs financiers.
  • Les chiffres définitifs de confiance des consommateurs et des entreprises de la zone euro ont pris un coup, souffrant dans les deux cas de l’impact du coronavirus.
  • Au Japon, l’enquête Tankan du 1er trimestre a été publiée et sa baisse est conforme à celle des autres régions.
  • Au Royaume-Uni, Sir Keir Starmer a remporté 56,2 % des voix et remplacera Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste.

 

ET ENSUITE ?

  • L’indicateur le plus à jour concernant le plongeon de l’économie américaine est le nombre d’inscriptions hebdomadaires à l’assurance-chômage. Les chiffres explosent, car beaucoup de secteurs sont durement touchés en même temps dans l’ensemble du pays.
  • La Maison-Blanche a annoncé que le nombre total de décès liés au coronavirus pourrait être de l’ordre de 100 000 à 240 000, même avec les mesures de distanciation sociale en place.
  • La Réserve fédérale publiera les conclusions de sa réunion d’urgence du 15 mars. Les banques centrales de l’Australie et de la Corée du Sud doivent également publier leurs décisions.
  • L’Eurogroupe organisera des discussions sur la réponse économique commune à la crise du coronavirus.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Nous surveillons 5 facteurs déclencheurs différents : indicateurs liés à l’épidémie (dont la stratégie de sortie), risque de marché, reprise de l’activité, réponse monétaire et valorisations. Les mesures de confinement sont toujours en place en Europe, mais les investisseurs recherchent de plus en plus des indications sur la stratégie de sortie.
    • À l’heure actuelle, nous nous attendons à une contraction de la croissance économique, car les mesures susceptibles de minimiser le coût humain de l’épidémie sont coûteuses sur le plan économique.
    • La faiblesse des chiffres économiques, les révisions de bénéfices fortement orientées à la baisse et les baisses de dividendes sont en train d’être intégrées aux prévisions des analystes.
    • Sur le moyen terme, l’assouplissement des politiques de la quasi-totalité des banques centrales et l’assouplissement budgétaire à venir constitueront un soutien. Ayant déjà assoupli leurs politiques, la Fed, la BCE et la Banque du Japon sont prêtes à prendre des mesures d’assouplissement supplémentaires tout en encourageant une relance budgétaire, ne serait-ce que pour pallier la perte de revenus des ménages et des entreprises.
    • À court terme, la volatilité n’est pas prête de disparaître, car la visibilité reste limitée. À long terme, les marchés des actions offrent de la valeur et donc un potentiel de hausse.
  • Nos vues sur les marchés
    • Depuis le début de la crise du coronavirus, nous examinons sa gravité (importante), sa diffusion (mondiale) et sa durée (plus longue qu’on ne le pensait à l’origine) pour évaluer son impact économique. Cela reste difficile à évaluer, car c’est toute la chaine de valeur internationale qui est touchée.
    • La réponse monétaire et budgétaire durera plus longtemps que l’épidémie. Les mesures de politique monétaires s’efforcent de garantir une liquidité abondante et pour certains pays, de nouveaux programmes de rachats d’actifs.

 

  • Risques
    • À court terme : le coronavirus reste un risque tant qu’il n’est pas contenu ou qu’un vaccin n’est pas découvert, testé, produit et commercialisé à grande échelle.
    • À moyen terme
      • Enjeux de politique intérieure aux États-Unis: le coronavirus est en train de complètement modifier le calendrier de la campagne électorale. Plus de 15 primaires démocrates ont été reportées et la convention du parti démocrate a été repoussée d’un mois, désormais prévue en août.
      • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE: Michel Barnier, représentant de l’UE pour les négociations, a été testé positif au COVID-19, tout comme le premier ministre britannique Boris Johnson. Alors que le « Brexit » est relégué au second plan et que les entreprises s’efforcent de survivre, le retrait pourrait de nouveau être reporté au-delà du 31 décembre 2020.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous avons réduit notre exposition aux actions à la lumière de l’actualité la plus récente et du fort rebond des marchés. Nous ne voyons pas encore de stratégie de sortie en Europe et manquons de visibilité sur l’ampleur de l’épidémie et l’impact économique des mesures de confinement aux États-Unis. En ce qui concerne les obligations, nous restons prudents à l’égard des taux souverains en Europe, car les achats des banques centrales et la détérioration des finances publiques seront considérables. Les spreads du crédit et du high yield ont bondi, mais nos avis stratégiques n’ont pas changé. Nous restons diversifiés par le biais de stratégies alternatives. Nous conservons notre approche stratégique de la dette émergente et continuons de nous couvrir au moyen (entre autres) de l’or et du yen japonais (JPY).

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Compte tenu du manque de visibilité, notre exposition aux actions est en légère sous-pondération.
    • Légère sous-pondération des actions britanniques et américaines. Nous ne voyons pas encore de stratégie de sortie en Europe et manquons également de visibilité sur l’ampleur de l’épidémie aux États-Unis et au Royaume-Uni et sur l’impact économique des mesures de confinement.
    • Position neutre sur les actions de la zone euro, des marchés émergents et du Japon. L’incertitude entourant le coronavirus pèse sur le sentiment des investisseurs.
    • Nous conservons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés aux mesures en faveur du climat permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte et en nous diversifiant en dehors des emprunts d’État. L’environnement actuel pourrait également engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Nous nous attendons à ce que les rendements obligataires restent peu élevés, même s’ils devraient enregistrer une remontée très graduelle à moyen terme.
    • Nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement. En matière de crédit, nous privilégions la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises des marchés émergents. On notera que le rendement du marché High Yield américain a bondi à plus de 9,2 % tandis que celui de son homologue européen atteint maintenant 7,5 %.
    • Nous conservons une exposition à l’or et au yen japonais, qui jouent tous les deux le rôle de valeurs refuges.