Coffee Break 06/12/2021

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • À peine reconduit à la tête de la Fed par le président Biden, Jerome Powell a suggéré de renoncer au terme « transitoire » pour qualifier l'inflation, ouvrant la voie à une accélération des mesures de resserrement (tapering).
  • Si le marché du travail américain a déçu sur le front des recrutements (210 000 créations d’emplois salariés, contre 550 000 attendu), le taux de chômage a baissé de 0,4 point à 4,2 %, tandis que l'emploi des ménages a bondi de 1,1 million.
  • À 55,4, l’indice PMI composite Markit de la zone euro a indiqué un taux d'expansion robuste. Aux États-Unis, l’indice PMI des services a surpris à la hausse, laissant présager une croissance solide au quatrième trimestre.
  • Les pays de l'OPEP+ ont confirmé une hausse de la production de 400Kb/j en janvier, modulable compte tenu de l’incertitude que fait peser l'évolution du variant Omicron sur la demande. 

 

ET ENSUITE ?

  • En l’absence de données scientifiques fiables, l’incertitude entourant le variant Omicron est vouée à persister. La saison des fêtes a donc commencé par la mise en place d'interdictions de voyager, certes moins drastiques qu'au premier trimestre 2020.
  • La publication des taux d'inflation américains (en glissement annuel et mensuel) nous renseignera sur la manière dont la Fed est susceptible de gérer un tapering accéléré. Le FOMC se réunira la semaine prochaine.
  • Aux États-Unis, les données préliminaires de l'Université du Michigan fourniront un aperçu des attentes des consommateurs et des conditions commerciales au début de la saison des fêtes.
  • En zone euro, nous prendrons connaissance de la croissance estimée du PIB au troisième trimestre, tandis que les investisseurs tenteront d'évaluer l'impact potentiel des restrictions liées au nouveau variant de COVID-19.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • On observe toujours des risques haussiers et baissiers en ce qui concerne les actifs risqués.
    • D’un côté, selon notre scénario principal, la reprise économique devrait se poursuivre mais on reste encore loin de la fin de cycle actuel (PIB +4,3 % aux États-Unis et dans la zone euro, +5,5 % en Chine). Dans un contexte marqué par des conditions financières toujours très favorables et par la prudence des banques centrales, c’est TINA (« there is no alternative») qui continuera de mener la danse dans les prochains mois, ce qui est favorable aux actions.
    • De l’autre, des pressions inflationnistes durables pourraient conduire à un resserrement plus brutal des conditions financières et déclencher une contraction prématurée. Bien que ce ne soit pas notre scénario de base, on pourrait imaginer que ce type d'anticipation conduise à une volatilité accrue et à des corrections sur les marchés d’actions.
    • Nous devons naviguer entre risques haussiers et baissiers sur les actions, car la volatilité a augmenté depuis le mois de septembre.
    • Au-delà des inquiétudes liées au variant Omicron, le contexte à moyen terme reste positif pour les actions (hors États-Unis), les titres et actifs « value » (dont les financières) et les obligations de duration courte.
  • Risques
    • Les infections à coronavirus dues aux variants Delta et Omicron et la baisse des températures dans l'hémisphère nord soulignent le risque d’une trajectoire de « stop and go » pour les restrictions économiques. La nouvelle mutation du coronavirus devrait devenir endémique, car l'immunité n'est pas stable et nécessite donc un engagement constant et total des campagnes de vaccination.
    • Les contraintes pesant sur l'offre sont nombreuses et dureront plus longtemps que prévu. Partout, les stocks restent faibles et les goulots d'étranglement pèsent sur la production industrielle : pénuries de matières premières, de semi-conducteurs, de main d'œuvre.
    • Pressions inflationnistes qui en découlent : les prix de l'énergie ont par exemple atteint des niveaux records en Europe.
    • La croissance des bénéfices des entreprises pourrait être impactée par un ralentissement de la croissance économique ou par des arrêts de production résultant de tensions extrêmes sur l'offre.


MODIFICATIONS RECENTES AU SEIN DE NOTRE STRATEGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Les actifs risqués se trouvent dans un contexte équilibré, entre une actualité sanitaire qui se dégrade et des indicateurs mitigés suggérant des pressions inflationnistes constantes. Après un net ralentissement, la croissance devrait désormais reprendre aux États-Unis et en Chine. Malgré l’actualité récente concernant le variant Omicron, la réouverture de nombreuses économies se poursuit. Soutenue par l'épargne accumulée et l’appui toujours important des pouvoirs publics, la consommation devrait rester vigoureuse. Malgré une inflation tenace, la croissance pourrait nous réserver des surprises positives, tandis que le durcissement des mesures sanitaires risque d’affecter la reprise européenne cet hiver.

 

STRATEGIE CROSS ASSET ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

Nous anticipons une phase dénuée de tendance, avec une possible remontée de la volatilité, avant de renouer avec une orientation plus nette et une poursuite des conditions favorables à l’expansion. Si nous restons neutres sur les actions après l’excellente performance enregistrée depuis le début de l’année, la correction déclenchée par le variant Omicron offre des opportunités d’achat. Nous restons attentifs à l'équilibre entre les risques haussiers et baissiers. Toujours positifs sur les financières, mais avons récemment réduit quelque peu notre exposition afin de protéger nos gains.

  1. Nous sommes exposés aux actifs tournés vers le rebond/redressement de l’après-COVID
    Positionnement neutre sur les actions, avec une préférence pour les actions hors États-Unis (actions émergentes en particulier, via l’Amérique latine et les actions chinoises de catégorie A) et sous-pondération des obligations
    Sous-pondération des emprunts d’État, avec maintien d’une duration courte. Nous nous concentrons sur la principale source de portage, à savoir la dette émergente. Nous conservons un positionnement neutre sur les obligations investment grade européennes et américaines et avons une exposition à la couronne norvégienne.
  2. Positionnement positif sur les petites capitalisations
  3. Positionnement positif sur les banques internationales
  4. Positionnement positif sur les thématiques de croissance à long terme
    Nos principales convictions thématiques, associées à un potentiel de croissance élevé, sont la santé, la numérisation et les solutions environnementales.

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