Coffee Break 29/06/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Le FMI a revu à la baisse ses prévisions économiques pour 2020, anticipant une contraction de -4,9 % de l’économie mondiale et des taux de contraction encore plus marqués pour les marchés développés. En raison des mesures de confinement, les dépenses de consommation sont plus durement touchées que lors des précédentes récessions.
  • Les PMI « flash » internationaux du mois de juin ont reflété la récente dynamique plus positive et l'atténuation de la récession mondiale. Le PMI « flash » des États-Unis est passé de 37 à 46,8.
  • Alors que les mesures de confinement continuent de s’assouplir dans la zone euro, la confiance des consommateurs a fait un bond plus important que prévu en juin. Pour les 19 pays étudiés, l’indice s'est amélioré de 4,1 points, à -14,7
  • Le ministère américain de la défense a publié une liste de 20 entreprises qui auraient des liens étroits avec l'armée chinoise, ce qui a ravivé les tensions entre la Chine et les États-Unis. Les marchés ont réagi avec nervosité.

 

ET ENSUITE ?

  • Dans un contexte de tension entre les vagues de Covid-19 et les mesures de relance, tous les regards seront tournés vers les États du sud des États-Unis afin de jauger les mesures prises pour contrôler la propagation du virus.
  • On attend la publication des PMI internationaux. Les marchés s'attendent à une nouvelle hausse, comme cela avait été le cas pour les chiffres préliminaires, bien que les indices devraient continuer de refléter une contraction (à savoir en dessous de 50 points) dans la plupart des pays.
  • Jeudi, les États-Unis publieront leur rapport mensuel sur l’emploi. Après la baisse surprise du mois dernier, on s’attend à une nouvelle baisse.
  • Le nouveau cycle de négociations sur le « Brexit » sera probablement éclipsé par la rencontre entre le président français Macron et la chancelière allemande Merkel. L'Allemagne présidera le Conseil de l'UE pendant le second semestre.

NOS CONVICTIONS

    • Scénario de base
      • La performance récente des marchés a fait ressortir deux messages : en premier lieu, rester avec les « gagnants » de la crise à moyen terme (par exemple, la technologie, la santé, les thématiques durables) et, en second lieu, prendre des positions sur des actifs à des niveaux de valorisation historiquement intéressants qui offrent également des opportunités d'investissement (nous avons ainsi identifié la dette des marchés émergents, les secteurs Value, les devises bon marché et les actions de la zone euro par rapport aux actions américaines).
      • Nous surveillons différents indicateurs liés à l’épidémie pour évaluer notre positionnement. La réouverture de l’Asie et de l’Europe se passe bien, avec une mobilité accrue et une croissance limitée des nouveaux cas. Le contraste récent entre les États-Unis et l’UE-27 (Suède comprise) en est d’autant plus frappant ces derniers jours, alors que les chiffres quotidiens de nouveaux cas y atteignent des sommets.
      • À moyen terme, l’assouplissement des politiques de la quasi-totalité des banques centrales et l’assouplissement budgétaire constituent un soutien. La Fed, la BCE et la Banque du Japon ne cessent d’assouplir leurs politiques.
      • A court terme, la stabilisation des chiffres économiques et la hausse des surprises économiques apportent un certain réconfort. La volatilité n’est toutefois pas prête de disparaître, car la visibilité reste limitée sur les suites de l’épidémie.
    • Nos vues sur les marchés
      • La plupart des pays ont atteint leur pic en termes de cas actifs de Covid-19, à l’exception des Amériques. L’épicentre se situe maintenant dans les deux parties du continent américain.
      • Les indicateurs de mobilité continuent de s'améliorer progressivement mais sont en train de perdre de leur intérêt, car les changements graduels deviennent trop limités pour être informatifs.
      • Les réponses monétaires et budgétaires dureront plus longtemps que l’épidémie. Les mesures de politique monétaire s’efforcent de garantir une liquidité abondante et, pour certains pays, de nouveaux programmes de rachats d’actifs
      • La réponse politique européenne a quelque peu rassuré : les responsables politiques ont réussi ces dernières semaines à pallier certaines lacunes, ce qui pourrait entraîner une baisse de la prime de risque des actions de la zone euro. Ces dernières semaines pourraient être considérées comme l'équivalent budgétaire du « quoi qu'il en coûte » monétaire.
    • Risques
      • Le coronavirus constitue un risque tant qu’il n’est pas maîtrisé, ou qu’un vaccin n’est pas trouvé, testé avec succès, produit en masse et commercialisé. Une deuxième vague est possible, mais un confinement généralisé à l’échelon mondial est peu probable.
      • Risque électoral aux États-Unis : la gestion de la crise du coronavirus, les tensions économiques, les troubles sociaux et les prochaines élections présidentielles sont source d’incertitude alors que la valorisation n’est plus aussi attrayante par rapport aux niveaux antérieurs. Une large victoire démocrate pourrait représenter un risque pour le marché boursier (réforme fiscale et régulation).
      • Les relations entre les États-Unis et la Chine resteront probablement tendues et assombrissent les perspectives de croissance mondiale. Le ministère américain de la défense a publié pour la première fois une liste d'entreprises chinoises qui opèrent aux États-Unis et sont liées à l'armée chinoise.
      • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE : Michel Barnier, négociateur pour l’UE, attend le « moment de vérité » pour un éventuel accord commercial en octobre. Un accord de libre-échange « allégé » reste une hypothèse plausible.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous sous-pondérons les actions tout en conservant une exposition au risque au sein de notre portefeuille. Nous manifestons notre avis favorable au risque par un biais en faveur des secteurs Value (dont notamment les banques), en détenant de la dette des marchés émergents (en devise locale et en devise forte) et des obligations d’entreprises européennes, tout en ayant également une exposition à la couronne norvégienne (NOK). En plus de notre sous-pondération des actions, nous avons aussi une stratégie de couverture en produits dérivés sur les actions européennes et américaines. L’or et le yen japonais jouent le rôle de facteurs d’atténuation du risque. Le marché est devenu vulnérable aux déceptions. Nous avons augmenté notre exposition aux actions de la zone euro par rapport aux actions américaines, car elles bénéficient de plusieurs facteurs de soutien : réponse politique forte et coordonnée, meilleure maîtrise de l’épidémie, valorisations relativement bon marché et positionnement allégé.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous avons une légère sous-pondération des actions, tout en renforçant notre exposition relative en faveur de la zone euro.
    • Nous sommes passés à une surpondération des actions de la zone euro par rapport aux actions américaines. Ces dernières semaines, les responsables politiques ont réussi à pallier plusieurs lacunes, ce qui pourrait entraîner une réduction de la prime de risque de la zone euro.
    • Nous sommes passés en sous-pondération des actions américaines. La gestion de la crise du coronavirus, les tensions économiques, les troubles sociaux et les prochaines élections présidentielles sont source d’incertitude alors que les valorisations ne sont plus aussi attrayantes qu’elles ne l’ont été.
    • Nous restons en légère sous-pondération du Royaume-Uni. Le Covid-19 a changé les priorités britanniques. Un accord de libre-échange « allégé » (incorporant des droits/quotas nuls sur le commerce des marchandises, mais d’importantes barrières non tarifaires sur les services) représente une hypothèse réaliste. Une absence d’accord à l’issue de la période de transition affecterait en priorité les valeurs domestiques britanniques.
    • Nous conservons une position neutre à l’égard des actions japonaises et émergentes. L’incertitude entourant les conséquences de la crise de coronavirus pèse sur le sentiment des investisseurs. En revanche, les réponses monétaires et budgétaires demeurent massives.
    • Depuis le début de la crise du coronavirus, certains actifs ont été durement touchés et offrent désormais des niveaux de valorisation historiquement attrayants, ce qui offre des opportunités d'investissement. Bien qu'il ne soit pas facile de repérer le meilleur point d'entrée, il peut être intéressant de renforcer certaines positions de manière opportuniste. Par exemple, les secteurs de « valeur », comme par exemple les banques européennes, intègrent déjà beaucoup de mauvaises nouvelles.
    • Nous conservons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés à l’action climatique et à l’économie circulaire permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre. Nous pensons également que la durabilité continuera de prendre de l’importance pour les aspects sociaux et environnementaux. Une gouvernance solide semble produire de meilleurs résultats lors d’une pandémie, tant au niveau des entreprises que des États.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Sous-pondération des emprunts d’État qui n’offrent aucun potentiel de rendement en dehors des phases d’aversion au risque et de la fuite vers la qualité qui les accompagnent. Nous privilégions les obligations des pays périphériques par rapport à celles des pays centraux de l’UE.
    • Dans un portefeuille multi-actifs, la diversification sur le crédit s’avère attrayante : nous surpondérons les obligations Investment Grade américaines et européennes, car les achats des banques centrales sont un facteur de soutien.
    • Nous surpondérons également la dette émergente en devise locale et en devise forte, y compris les obligations d’entreprises.
    • Nous avons une exposition à la couronne norvégienne (NOK), qui s’est révélée attractive pendant la crise, ainsi qu’à l’or et au yen japonais, qui jouent le rôle de valeurs refuges.

 

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