Coffee Break 18/11/2019

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • La croissance de la production industrielle chinoise s’est avérée nettement plus faible que prévu. Alors que les négociations commerciales avec les États-Unis s’éternisent, on s’attend de plus en plus à ce que Pékin annonce de nouvelles mesures de soutien.
  • La production a augmenté de 0,1 % au 3e trimestre en Allemagne, évitant une récession. Berlin résiste aux demandes de nouvelles mesures de relance.
  • Selon le témoignage de Jérôme Powell devant le congrès américain, l’économie américaine est une « star » qui affiche une faible probabilité de récession, car les dépenses de consommation compensent le ralentissement de l’activité industrielle.
  • La période de publication des résultats du 3e trimestre affiche un bilan mitigé : les bénéfices sont supérieurs aux prévisions, mais inférieurs à leurs moyennes sur 5 ans, tandis que les chiffres d’affaires sont supérieurs aux deux seuils, ce qui est révélateur de coûts plus élevés et de marges plus basses.

 

ET ENSUITE

  • Aux États-Unis, les audiences de la procédure de destitution se poursuivront, tout comme les débats des candidats aux primaires du parti démocrate. Elizabeth Warren, Joe Biden, Pete Buttigieg et Bernie Sanders sont en tête des sondages.
  • Les PMI préliminaires de plusieurs pays clés (États-Unis, Allemagne, Japon et France) seront publiés. Ils permettront de vérifier si l’économie mondiale est en train de passer le creux de la vague.
  • La Fed publiera le compte-rendu de son dernier comité, au cours duquel une troisième baisse consécutive des taux avait été actée, tandis que Christine Lagarde devrait s’exprimer en tant que nouvelle présidente de la BCE.
  • Le Royaume-Uni se prépare pour les élections législatives du 12 décembre. Le premier ministre Boris Johnson et le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn s’affronteront dans le cadre de leur premier débat télévisé.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Notre scénario central reste modérément optimiste à long terme. Nous avons pris quelques bénéfices sur notre allocation en actions via les actions américaines et celles de la zone euro et avons actuellement une surpondération tactique des actions par rapport aux obligations via des instruments dérivés.
    • Pour les marchés financiers, les principales incertitudes continuent d’avoir trait au conflit commercial et au ralentissement de l’activité industrielle. La suppression des tarifs douaniers existants constitueraient clairement une bonne nouvelle pour les perspectives du commerce mondial et permettrait d’accélérer la sortie du creux de la vague du cycle manufacturier.
    • Les banques centrales ont mis en place des politiques d’assouplissement monétaire massives. Aux États-Unis par exemple, la Fed est en train d’injecter de la liquidité sur les marchés de capitaux (opérations de prise en pension, ou « repo ») et a commencé à racheter des bons du Trésor pour accroître la liquidité du système. Cette attitude accommodante est en train de devenir un facteur de soutien à moyen terme pour le mix croissance/inflation à l’échelon mondial.
    • Au sein des économies émergentes, les autorités chinoises atténuent l’impact de la guerre commerciale et du ralentissement économique mondial via des mesures budgétaires et monétaires.
  • Nos vues sur les marchés
    • Diminution des risques politiques: la probabilité croissante d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, le faible risque de « Brexit » dur et le virage vers un gouvernement pro-européen en Italie.
    • Une dynamique vigoureuse à l’heure actuelle, avec une rotation en faveur des valeurs décotées/cycliques/liées aux matières premières et en dehors du segment encombré des titres momentum et à faible volatilité. Il est possible que le rally se poursuive d’ici la fin de l’année, sur la base d’une sorte de rally de capitulation « haussier », porté par un espoir d’amélioration.
    • D’autre part, les fondamentaux ne vont pas soudainement s’améliorer et les risques d’exécution dans le domaine politique n’ont pas disparu, dans la mesure où ni un accord de Brexit, ni un accord commercial de Phase 1 n’ont encore été signés.
    • La valorisation relative des actions par rapport aux obligations reste attrayante.
  • Risques
    • Guerre commerciale : Les États-Unis et la Chine travaillent à la rédaction d'un accord, mais la Chine doute qu'un accord commercial à long terme soit possible avec le président Trump.
    • Les questions de politique intérieure aux États-Unis. (p.ex. procédure de destitution officielle et préparation des élections présidentielles) vont probablement dominer. Elles pourraient déclencher un choix de croissance et des points d’entrée attrayants.
    • Incertitudes géopolitique (Iran, Hong Kong, Chili) : faisant toujours partie des problèmes en suspens, leur dénouement pourrait transformer un atterrissage en douceur programmé en atterrissage brutal.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Après avoir augmenté notre exposition aux actions en deux temps, début août et début septembre, en privilégiant les actions des États-Unis et de la zone euro, nous avons maintenant pris quelques bénéfices. Hors instrument dérivés, notre positionnement est neutre. En incluant les instruments dérivés, nous avons une surpondération des actions pour bénéficier d’une éventuelle poursuite du mouvement haussier d’ici la fin de l’année. Nous continuons de privilégier les actions des États-Unis et de la zone euro et sommes neutres à l’égard des actions des marchés émergents, du Japon et de l’Europe hors zone euro. Nous continuons de faire preuve de prudence à l’égard des taux souverains des pays développés, en nous diversifiant en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement via des expositions au crédit et à la dette émergente. En matière de devises, nous conservons une position acheteuse sur le yen et une exposition à l’or à titre de couvertures.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous surpondérons les actions via des instruments dérivés
    • Nous surpondérons les actions américaines. Les actions ayant bien performé depuis nos points d’entrée au cours de l’été en dépit du ralentissement économique, nous avons neutralisé notre exposition. La région reste toutefois un choix relativement sûr. Un dégel n’étant pas à exclure si les tarifs douaniers existants étaient supprimés, nous avons ajouté une exposition via des dérivés.
    • Neutre envers les actions des marchés émergents. Après avoir sous-performé depuis le début de l’année, la région pourrait offrir un certain potentiel de hausse. L’attitude conciliante de la Fed est un facteur favorable alors que le dollar américain affiche une légère baisse.
    • Nous avons pris quelques bénéfices sur les actions de la zone euro. Nous avons pris des bénéfices et avons désormais un positionnement surpondéré via des dérivés. Les dernières statistiques macroéconomiques montrent des signes de résistance. Une fenêtre d’opportunités reste ouverte grâce aux mesures de relance budgétaire et à la plus grande visibilité offerte par la BCE.
    • Nous sommes passés à neutre sur les actions européennes hors zone euro. Même si nous nous approchons d’une résolution concernant le « Brexit », l’effervescence politique en amont des élections de décembre obscurcit les dénouements plausibles. Les valorisations sont attrayantes et les positions peu étoffées. De nombreux investisseurs non-européens ayant évité le marché jusqu’à présent pourraient y regarder à deux fois, à mesure que l’équilibre des risques s’améliore.
    • Position toujours neutre envers les actions japonaises en l’absence de conviction, faute de catalyseur. On ne sait pas si la consommation des ménages résistera à l’augmentation de la TVA, qui est passée de 8 % à 10 % début octobre.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte et en nous diversifiant en dehors des emprunts d’Etat
    • Nous nous attendons à une remontée très graduelle des taux et des rendements obligataires, qui devraient malgré tout rester peu élevés.
    • Christine Lagarde a commencé son mandat à la tête de la Banque centrale européenne, avec un double défi à relever : résorber le clivage entre les décideurs du conseil des gouverneurs et les gouvernements nationaux qui restent peu enclins à rendre le relais avec des politiques de relance budgétaire.
    • Nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement et privilégions la dette émergente et les obligations d’entreprises libellées en euro.
    • La dette des marchés émergents offre un portage attrayant et le ton conciliant de la Fed représente un facteur favorable. L’incertitude liée au commerce, la vigueur du dollar et le risque idiosyncrasique de certains pays sont des facteurs pénalisants.
    • Nous avons aussi une exposition à l’or pour améliorer la couverture du portefeuille.