LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE
- Aux États-Unis, la Fed a annoncé qu’elle continuerait d’acheter des obligations, de maintenir ses taux bas et de soutenir l’économie. Le président Powell a parlé d’un long chemin vers la reprise. Les marchés ont réagi nerveusement.
- La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a justifié la hausse récente des achats d’obligations dans le cadre du PEPP par des projections économiques plus mauvaises que prévues et des risques de déflation dans la zone euro.
- L’indice préliminaire de confiance des consommateurs établi par l’Université du Michigan a confirmé que les consommateurs américains étaient plus optimistes qu’attendu. Un présage opportun dans la mesure où les dépenses de consommation constitueront un contributeur clé pour l’activité.
- Donald Trump a perdu du terrain face à son opposant, le démocrate Joe Biden et le risque lié aux élections s’est accru. Ceci a contribué à une hausse de la volatilité à Wall Street.
ET ENSUITE ?
- Un Conseil de l’UE se tiendra pour commencer à débattre du plan de relance. Nul ne devrait s’attendre à ce qu’une solution pour lever des fonds soit trouvé en seulement deux jours, sans déclencher de division parmi les États membres.
- Le Premier ministre britannique Boris Johnson et les leaders européens participeront à une réunion virtuelle dans le cadre des négociations commerciales post-« Brexit ». La Banque d’Angleterre y participera également.
- Le président de la Réserve fédérale, Jérôme Powell, va témoigner devant le Congrès dans le cadre du rapport semestriel de politique monétaire de la banque centrale.
- En termes de chiffres économiques, la semaine devrait nous offrir davantage d’informations sur les progrès réalisés par les pays en ce qui concerne leur stratégie de sortie de crise. A mesure que la mobilité augmente, la production industrielle, les ventes au détail et l’emploi devraient eux aussi connaître une embellie.
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NOS CONVICTIONS
- Scénario de base
- Les performances récentes des marchés ont révélé deux messages : rester avec les « gagnants » de la crise (par exemple, la technologie, la santé et les thématiques durables) et commencer à rechercher des actifs à des niveaux de valorisation historiquement intéressants qui offrent des opportunités d'investissement (nous avons ainsi identifié la dette des marchés émergents, les secteurs de valeur en Europe, les devises bon marché).
- Nous surveillons de près divers indicateurs afin d’évaluer notre positionnement et concluons pour le moment que le rythme de contagion est en train de baisser, malgré la réouverture. La plupart des pays ont réussi à contenir la progression du virus. Aux États-Unis, la courbe d’évolution reste toutefois un facteur d’inquiétude. Le pays n’a pas réussi à contenir l’infection à des niveaux peu élevés, qui permettraient d’empêcher une deuxième vague.
- Les indicateurs de mobilité continuent de s’améliorer rapidement. La transmission du Covid-19 connaît une dispersion trop importante. Les chiffres réels de reproduction du virus pourraient être sensiblement réduits, en évitant les événements rares de superpropagation.
- À moyen terme, l’assouplissement des politiques de la quasi-totalité des banques centrales et l’assouplissement budgétaire à venir constituent un soutien. La Fed, la BCE et la Banque du Japon ne cessent d’assouplir leurs politiques. Il est essentiel que des mesures budgétaires soient prises, notamment en Europe, pour soutenir un redémarrage de l'économie à un stade ultérieur, surtout si la déflation s’installe.
- A court terme, la stabilisation des chiffres économiques et la hausse des surprises économiques apportent un certain réconfort. La volatilité n’est toutefois pas prête de disparaître, car la visibilité reste limitée sur les suites de l’épidémie.
- Nos vues sur les marchés
- La plupart des pays ont atteint leur pic en termes de cas actifs de Covid-19. L’épicentre s’est maintenant déplacé vers l’Amérique du Sud.
- Les mesures de confinement et de distanciation sociale ont été très différentes d’un pays à l’autre, mais l’impact économique et la baisse d’activité ont été massifs pour tous. La réouverture en cours des économies est une nécessité, mais elle ne sera pas uniforme.
- Les réponses monétaires et budgétaires dureront plus longtemps que l’épidémie. Les mesures de politique monétaire s’efforcent de garantir une liquidité abondante et, pour certains pays, de nouveaux programmes de rachats d’actifs.
- Risques
- Le coronavirus constitue un risque tant qu’il n’est pas maîtrisé ou qu’un vaccin n’est pas trouvé, testé avec succès, produit en masse et commercialisé.
- La réponse politique européenne a apporté des signaux rassurants. Les leaders européens se sont mis d’accord sur la nécessité d’un plan de relance post « corona » et débattrons du plan de relance européen lors du prochain Conseil de l’UE qui se tiendra le 19 juin. Des indices montrent une certaine coordination dans la réponse politique.
- Les relations entre les États-Unis et la Chine resteront probablement tendues et entraveront la croissance mondiale.
- Joe Biden devance désormais Donald Trump dans les sondages pour les prochaines élections. Le taux d’approbation de Donald Trump est en chute libre.
- Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’Union européenne: le Royaume-Uni a clairement indiqué que le retrait ne serait pas reporté au-delà du 31 décembre 2020.
MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS
Nous maintenons notre sous-pondération des actions. Si nous avons renforcé notre exposition aux actions de la zone euro, nous conservons nos stratégies de couverture via des dérivés. Nous maintenons un biais favorable à l’égard des secteurs « value », notamment les banques, en ayant toutefois pris des bénéfices sur le secteur automobile. Nous avons réduit notre exposition aux actions américaines. Nous restons sous-pondérés sur l’Europe hors zone euro. Nous sommes neutres vis-à-vis des marchés émergents et du Japon. En ce qui concerne les obligations, nous avons renforcé notre exposition aux obligations périphériques par rapport à celles des principaux pays européens. Nous détenons également des positions sur la dette des marchés émergents (tant en devise locale qu’en devise forte), les obligations d’entreprises européennes, l’or, la couronne norvégienne et le yen japonais.
STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE
- Nous avons un positionnement légèrement sous-pondéré envers les actions, tout en renforçant notre exposition vers une réduction de la prime de risque de la zone euro.
- Nous sommes passés à une surpondération des actions de la zone euro par rapport aux actions américaines. Ces dernières semaines, les décideurs politiques ont palier à plusieurs lacunes, ce qui pourrait entraîner une réduction de la prime de risque sur les actions de la zone euro.
- Nous sommes passés à sous-pondérer sur les actions américaines. Le traitement de la crise de coronavirus, les élections présidentielles à venir et l’agitation sociale sont en train de générer de l’incertitude, à un moment où la valorisation se montre moins attrayante par rapport à ses niveaux historiques.
- Nous restons légèrement sous-pondérés sur le Royaume-Uni. Le Covid-19 a changé les priorités au Royaume-Uni. On observe une inquiétude croissante concernant une absence d’accord à l’issue de la période de transition pour la sortie de l’UE. Un accord de libre-échange « allégé » (incorporant des droits/quotas nuls sur le commerce des marchandises, mais d’importantes barrières non tarifaires sur les services) représente une hypothèse réaliste pour la fin de l’année. Une fin de transition sans accord (ou simplement une incertitude croissante quant à la perspective d’un accord ou non) affecterait en priorité les valeurs domestiques britanniques.
- Maintien d’une position neutre sur les actions japonaises et celles des marchés émergents. L’incertitude entourant les conséquences de la crise de coronavirus pèse sur le sentiment des investisseurs. En revanche, les réponses monétaires et budgétaires demeurent massives.
- Depuis le début de la crise du coronavirus, certains actifs ont été durement touchés et offrent désormais des niveaux de valorisation historiquement attrayants, ce qui offre des opportunités d'investissement. Bien qu'il ne soit pas facile de repérer le meilleur point d'entrée, il peut être intéressant de renforcer certaines positions de manière opportuniste. Par exemple, les secteurs « value », tels que les banques européennes intègrent déjà beaucoup de mauvaises nouvelles.
- Nous conservons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés aux mesures en faveur du climat permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre. Nous pensons également que la durabilité continuera de prendre de l’importance pour les aspects sociaux et environnementaux. Une gouvernance solide semble produire de meilleurs résultats lors d’une pandémie, tant au niveau des entreprises que des États.
- Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
- Dans un portefeuille multi-actifs, la diversification sur le crédit apparaît plus attrayante : nous surpondérons les obligations Investment Grade américaines et européennes, car les achats des banques centrales sont un facteur de soutien.
- Nous surpondérons également la dette émergente en devise locale et en devise forte, y compris les obligations d’entreprises.
- Nous avons une exposition à la couronne norvégienne (NOK), qui s’est révélée attractive pendant la crise, ainsi qu’à l’or et au yen japonais, qui jouent le rôle de valeurs refuges.
