LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE
- Après un début de semaine propice à la prise de risque, l’humeur s’est gâtée en fin de semaine avec la rhétorique agressive de la Maison-Blanche sur le commerce et la fébrilité des marchés émergents.
- Malgré l’accord commercial entre les États-Unis et le Mexique et l’espoir d’y inclure le Canada, les craintes de guerre commerciale se sont ravivées lorsque Donald Trump a rejeté l’offre de l’UE d’éliminer les droits de douane sur les automobiles.
- Sur le plan fondamental, l’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne fait ressortir une reprise encourageante, les prêts au secteur privé se sont améliorés dans la zone euro et la confiance des consommateurs américains a brusquement bondi pour atteindre son niveau quasiment le plus élevé des dix-huit dernières années.
- La Chine a publié ses PMI officiels, qui confirment que l’activité manufacturière reste solide et que les services restent bien orientés malgré le conflit commercial en cours avec les États-Unis.
ET ENSUITE ?
- Le début de semaine sera marqué par la publication des indices PMI manufacturiers internationaux pour le mois d’août.
- En plus de l’actualité des marchés émergents, concernant notamment la Turquie et l’Argentine, nous nous attendons à une riposte possible de la Chine sur 60 milliards de dollars d’importations américaines.
- Les dirigeants de Twitter, Facebook et Google doivent témoigner mercredi devant le Congrès sur l’interférence potentielle de la Russie dans les élections.
- Publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis pour le mois d’août, tandis que dans la zone euro, c’est le chiffre final du PIB du second trimestre qui suscitera le plus d’attention.
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NOS CONVICTIONS
- Scénario de base
- Avec une croissance du PIB supérieure à la tendance pour cette année et celle à venir, un marché de l’emploi au beau fixe, des actions américaines à leur plus haut niveau historique et une relance budgétaire en cours, la Fed a peu de raisons de diverger de sa trajectoire de resserrement.
- L’actualité économique s’améliore dans la zone euro et les perspectives y sont également favorables, avec un taux de croissance du PIB d’environ 2 %.
- Les risques de guerre commerciale restent élevés et pèsent sur l’expansion mondiale en faisant baisser la confiance.
- Remontée graduelle de l’inflation aux États-Unis et dans la zone euro, mais sans craintes inflationnistes.
- Nos vues sur les marchés
- Les solides bénéfices de 2018 et les rachats d’actions soutiennent le marché des actions.
- La réforme fiscale, les programmes de rachat d’actions et les valorisations toujours attrayantes par rapport aux obligations ont porté les actions américaines vers des sommets historiques, ce qui nous offre une bonne occasion de prendre quelques bénéfices et de réduire notre surpondération des actions américaines.
- Nous utilisons le produit de la vente pour accroître notre exposition aux actions des marchés émergents et de la zone euro.
- Les moteurs de la vigueur du dollar apparaissent désormais bien intégrés.
- Risques
- Guerre commerciale : l’augmentation des droits de douane et le protectionnisme risquent de ralentir l’économie mondiale, de détériorer les relations internationales et, en fin de compte, de réduire les marges des entreprises.
- Ralentissement sur les marchés émergents : le resserrement de la politique monétaire américaine et la remontée du dollar pourraient avoir un impact sur certains pays émergents. Un ralentissement est aussi toujours possible en Chine et ce risque pourrait se manifester de nouveau dans les prochains mois si les mesures d’assouplissement mises en œuvre ne produisent pas les résultats escomptés.
- Risques politiques dans l’UE : l’euroscepticisme continue de se propager alors que les opinions divergent sur un nombre croissant de sujets : « Brexit », budget italien, issue des négociations commerciales entre les États-Unis et l’UE, montée du populisme en Suède et en Italie.
MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS
Nous surpondérons les actions par rapport aux obligations dans le cadre d’une répartition régionale entre les États-Unis, les marchés émergents et la zone euro, car nous estimons que le conflit commercial et la crise en Turquie et en Argentine devraient rester contenus. Nous conservons une duration courte et pensons que la parité EUR/USD devrait trouver un niveau de soutien à proximité des cours actuels. Nous observons une stabilisation du dollar américain avec la possibilité d’une inversion à court terme.
STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE
- Nous conservons une surpondération des actions, estimant que les conditions favorables sous-jacentes devraient l’emporter sur la rhétorique agressive liée aux conflits commerciaux.
- La croissance américaine s’accélère de nouveau et la dynamique de croissance dans le reste du monde devrait se maintenir malgré un certain ralentissement.
- Surpondération des actions américaines, mais nous avons pris des bénéfices. L’amélioration de la croissance des bénéfices et les effets positifs de la déréglementation et de la réforme fiscale de Donald Trump sont favorables à cette classe d’actifs. De plus, les valorisations ne sont pas excessivement onéreuses. La politique « America First » a un impact négatif sur les autres pays.
- Surpondération tactique des actions de la zone euro. La région affiche toujours une solide expansion et la dynamique économique s’est récemment amplifiée tandis que la BCE reste conciliante et peu pressée de relever ses taux. La liste assurément longue des incertitudes semble désormais raisonnablement intégrées dans les prix (budget italien, risque de conflit commercial avec les États-Unis dans le secteur automobile, « Brexit », crise turque). Nous préférons les petites et les moyennes capitalisations aux grandes, car elles sont un peu plus protégées et plus sensibles à la demande intérieure et moins sensibles au risque de change.
- Sous-pondération des actions européennes en dehors de la zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif. L’issue des négociations sur le « Brexit » reste incertaine et cette question continue de représenter un risque.
- Sous-pondération des actions japonaises. Le marché japonais affiche un affaiblissement de la croissance des bénéfices. L’élection en septembre du président du parti libéral-démocrate représente aussi un risque pour le premier ministre Abe. Lors de sa dernière réunion, la Banque du Japon a signalé son intention de laisser les taux dériver à la hausse, autorisant une fourchette de fluctuation plus large du taux à 10 ans autour de 0 %.
- Surpondération des actions des marchés émergents. La croissance mondiale reste solide à moyen terme et, dans leur ensemble, les actifs des marchés émergents intègrent déjà une prime de risque pour le resserrement de la politique monétaire américaine, la hausse du dollar et les risques de guerre commerciale. La contagion des crises en Turquie, en Argentine et au Venezuela devrait rester limitée. Les autorités chinoises sont en train de mettre en place des mesures d’assouplissement.
- Sous-pondération des obligations et maintien d’une duration courte
- Nous prévoyons une remontée graduelle de l’inflation, sans craintes inflationnistes.
- Le resserrement monétaire mondial est progressif. En dehors des États-Unis, les banques centrales des autres marchés développées semblent peu pressées de durcir leur politique, mais certaines banques centrales des marchés émergents ont été obligées de le faire en réponse aux pressions subies par certaines monnaies.
- Compte tenu de la politique de resserrement de la Fed et des pressions inflationnistes à venir, nous nous attendons à ce que les taux et les rendements obligataires retrouvent leur tendance haussière. En plus de l’augmentation des prix à la production,les hausses de salaire, les mesures de relance budgétaire et les droits de douane sont autant de facteurs susceptibles de pousser l’inflation à la hausse.
- L’amélioration globale de l’économie européenne pourrait également conduire à une hausse des rendements européens à moyen terme. La BCE reste conciliante envers son plan d’assouplissement quantitatif et s’oppose à un euro fort. Les incertitudes politiques en Italie pourraient retarder le resserrement de la BCE, mais ne devraient pas dérégler la fin de l’assouplissement quantitatif.
- Nous avons un point de vue neutre sur le crédit dans son ensemble mais préférons l’Europe aux États-Unis pour les obligations Investment Grade comme pour le High Yield. Les spreads se sont d’ores et déjà sensiblement resserrés et toute hausse des rendements obligataires pourrait pénaliser la performance.
- Le segment de la dette émergente fait face à des turbulences, influencé par les discours agressifs au sujet du conflit commercial et la hausse des taux américains, mais nous pensons que les spreads peuvent encore se resserrer par rapport aux niveaux actuels.Le portage se situe parmi les plus élevés de l’univers obligataire et représente une diversification attrayante par rapport aux autres classes d’actifs.
