Depuis le début de l’année, le real brésilien (BRL, +16 %) et le yen japonais (JPY, + 7,5 %) ont été les devises les plus performantes par rapport à l’euro, tandis que des devises émergentes comme la lire turque (TRY, -16 %) et le peso mexicain (MXN, -15 %) restent ancrées au bas du classement annuel. Mais au cours du mois, le dollar américain a affiché une très forte performance, avec la hausse des rendements. La livre sterling a également affiché un bon rendement après une longue phase de déclin.
Bien qu’il soit possible que la Fed relève ses taux vers la fin de l’année, nous estimons que les futures hausses seront graduelles (au nombre de 3 en 2017). Par ailleurs, la parité de pouvoir d’achat par rapport aux principales devises pointe encore vers la cherté du dollar américain. Par conséquent, le contexte global reste négatif pour le dollar.
Cadre d’analyse favorable pour le yen japonais
Quoique les écarts de taux restent pénalisants, le yen est attrayant sur la base de nos indicateurs (parité de pouvoir d’achat, flux commerciaux et de capitaux). En outre, étant donné les incertitudes macroéconomiques actuelles et l’importance du risque politique, le yen demeure une valeur refuge et de diversification.
Positionnement positif sur le SEK, négatif sur les AUD et NZD
Notre perspective est positive sur la couronne suédoise. Comme les catalyseurs à long terme sont positifs et que l’inflation augmente, les fondamentaux indiquent un renforcement de la couronne suédoise.
Les dollars néo-zélandais et australien semblent surévalués et les catalyseurs à long terme suggèrent une poursuite de l’évolution baissière pour les deux devises (PPA trop élevé, compte courant). Il semblerait que la banque centrale néo-zélandaise ne soit pas totalement satisfaite de la vigueur de la devise nationale (qui a signé une forte appréciation en 2016). En conséquence, nous pouvons nous attendre à un certain assouplissement prenant la forme d’une baisse des taux ou d’indications prospectives.
Marchés émergents : surpondération des devises latino-américaines et sous-pondération des devises asiatiques
Les élections américaines présentent un nouveau paradigme pour les devises émergentes : les politiques de reflation et de protectionnisme attendues aux États-Unis impliquent un risque de normalisation progressive de la Fed et soutiendront la vigueur du dollar à court terme. La plupart des banques centrales des pays émergents conservent un ton « hawkish » dans le but d’ancrer les anticipations d’inflation : le rouble russe (RUB), le peso colombien (COP) et les devises d’Europe Centrale et Orientale (HUF, PLN, RON) sont entièrement couverts par une sous-pondération des devises asiatiques.
Nos surpondérations du COP et du RUB sont justifiées par le fait que les monnaies des pays exportateurs de pétrole devraient surperformer les devises des pays émergents dans l’ensemble. Le RUB bénéficie d’un niveau de réserve de capital élevé et d’un compte courant positif alors que les perspectives macroéconomiques encourageantes et le faible niveau de risque politique devrait soutenir le COP.
Dans ce contexte, notre positionnement est devenu négatif sur les devises émergentes. Nous détenons une position longuesur le dollar américain, et surpondérons désormais les devises liées aux matières premières comme le rouble.
Les devises d’Europe Centrale et de l’Est ont récemment subi une sous-performance par rapport à l’euro, mais devraient bénéficier d’une forte dynamique du secteur extérieur (couverture du compte courant par les investissements directs étrangers). Nous avons instauré une surpondération tactique sur la roupie indonésienne (IDR), sur la base d’une valorisation attrayante, d’une bonne dynamique de réformes structurelles et d’une reprise cyclique. Nous avons également couvert tactiquement la sous-pondération du peso mexicain (MXN) qui a subi une forte dépréciation après les élections américaines mais il pourrait profiter de valoisation de long terme intéressante et de la clôture des positions vendeuses des investisseurs.
Nous maintenons notre sous-pondération structurelle des devises asiatiques. En raison de la libéralisation de ses capitaux et du ralentissement de la croissance en Chine, le renminbi (CNY) devrait poursuivre sa dépréciation à moyen terme. Le baht thaïlandais (THB) est lui aussi ancré dans une phase de dépréciation, impacté par une politique monétaire accommodante et une détérioration des fondamentaux.

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