Suite à un mois de novembre faible, décembre a connu une performance positive sur presque tous les segments du crédit. En effet, les marchés High Yield américains et européens ont généré de solides rendements, tout comme l’ont fait les obligations ‘investment grade’ et les obligations d’entreprise émergentes. Au niveau sectoriel, l’assurance a affiché la meilleure performance, tandis que parmi les financières, la dette subordonnée (la tranche la plus risquée) a surperformé la dette senior et les obligations sécurisées. Avec des taux orientés à la hausse et un soutien plus faible des banques centrales, la classe d’actifs du crédit ne devrait pas présenter de points d’entrée attractifs ni de potentiel solide. Cependant, les segments sélectifs continuent à être une bonne source de portage, présentant des fondamentaux sains des risque de défaut apparaîssant très faible.
High Yield américain, une bonne source de portage
Dans le contexte d’une possible hausse des taux, le secteur du High Yield américain continue à être attrayant, grâce à sa corrélation relativement plus faible aux bons du Trésor américains. En outre, cette classe d’actifs bénéficie d’un profil de duration plus faible, de même que de niveaux de portage intéressants. Les taux de défaut américains sont amenés à diminuer et à atteindre probablement 4 % d’ici la fin 2017. En termes de fondamentaux, nous attendons un rebond des résultats du 1er trimestre et moins de révisions à la baisse que par le passé. Les marges semblent se redresser et les banques sont moins contraignantes. Cependant, il est important de noter que le resserrement des spreads semble plus limité aujourd’hui après la forte performance de ces dernières semaines.
Nous continuons à privilégier le crédit financier européen
Au sein du secteur financier, nous continuons de privilégier les CoCo (obligations contingentes convertibles), qui semblent bénéficier d’un regain d’intérêt. En termes de rendement, ces instruments affichent un rendement comparable à celui du High Yield américain. En outre, le cadre réglementaire demeure un moteur clé des spreads sur les obligations CoCo bancaires. La Banque centrale européenne (BCE) réduit le fardeau de la dette des banques en remplaçant une partie de ses exigences formelles (en termes de paiement du coupon) par des orientations non contraignantes. Elle précisera également que les banques ne seront pas assorties de restrictions automatiques sur les paiements de coupon additionnels Tier 1 (AT1) lorsqu’elles encourent une perte. La BCE a également publié un rapport sur les exigences en capital de chaque banque. Cela donnera plus de souplesse aux banques et se révèle en général positif pour le marché AT1. Les facteurs techniques sont également positifs car il y a un fort appétit des investisseurs, qui sont principalement des gestionnaires d’actifs, des compagnies d’assurance et des fonds de pension.
Cependant, nous demeurons sélectifs, cette classe d’actifs pouvant connaître une certaine volatilité résultant d’évènements spécifiques tels que l’annonce de nouvelles règlementations et les risques de contentieux sur plusieurs banques. La turbulence récente sur le marché, provoquée par le cas Monte Paschi pourrait, par exemple, générer de la volatilité sur le crédit bancaire. Nous croyons que les problèmes autour de la recapitalisation de Monte Paschi ne sont pas de nature à avoir un impact fort sur la dette italienne (qui risque davantage d’être affectée par l’incertitude politique et le risque évènementiel). De plus, nous n’avons aucune exposition au crédit bancaire de Monte Paschi. Ce problème ne concerne qu’une seule banque. Dans ce contexte, nous cherchons à adopter une approche bottom-up à l’intérieur de la classe d’actifs et veillons à être extrêmement sélectifs dans le choix de la structure d’émetteur appropriée.

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