La dette émergente locale n'a pas encore effacé ses pertes des derniers mois. Par conséquent, son portage d'environ 6,3 % lui confère encore un attrait supérieur aux autres classes de dette.
En outre, de nombreuses banques centrales adoptent un ton conciliant suite à la forte appréciation récente du billet vert. La Hongrie, le Chili, la Roumanie, la Turquie et la plupart des banques centrales asiatiques illustrent parfaitement cette tendance. Notre conviction la plus forte est la dette indienne en devise locale : la Banque Centrale assouplit sa politique monétaire et, parallèlement, les indicateurs fondamentaux s'améliorent, la baisse de l'inflation étant en partie due au recul du prix des matières premières. La dette indienne conserve un portage attrayant. Par ailleurs, nous avons un biais négatif vis-à-vis de la dette tchèque et malaisienne à faible portage. À l'inverse, l'Afrique du Sud et le Brésil affichent un portage élevé. Néanmoins, l'augmentation des pressions inflationnistes nous empêche de considérer leur dette comme attrayante actuellement.

La correction des primes de risque révèle des opportunités en dette émergente externe
La dette externe présente un profil attrayant puisque son spread actuel contre le bon du Trésor américain est revenu à 370 pb. Nous considérons ce pic du spread comme une bonne opportunité d'achat dans un contexte de rendements faibles (graphique 5). Nous prévoyons que le spread se resserrera suffisamment pour franchir à la baisse le seuil des 300 pb avant la fin de l'année dans le sillage d'une croissance robuste et de faibles ratios de dette/PIB. Des facteurs techniques jouent également un rôle positif. Premièrement, les flux devraient être positifs cette année, poursuivant la tendance du S2 2014. Deuxièmement, la pénurie de nouvelle offre nette (nouvelles émissions moins remboursements) stimulera la quête de titres ayant un profil de risque/rendement attrayant.
Nous recherchons des obligations ayant un portage relatif attrayant. Nous préférons par exemple les émissions croates en euros dont le rendement est supérieur à celui d'émissions comparables ayant un profil de risque similaire, comme celles de la Serbie. L'émission marocaine en euros offre un supplément de rendement de plus de 50 pb par rapport à son équivalent en dollars (graphique 6).

Devises : prudence maintenue globalement
Nous privilégions les devises à forte dynamique de réforme comme la roupie indienne, puisque les réformes de l'Inde poursuivent leur cours et ont commencé à porter leurs fruits. Le retournement de la devise indienne contre le dollar initié il y a quelques mois a encore un beau potentiel d’appréciation.
Nous apprécions également les devises à faible bêta. Premièrement, le won coréen est une couverture en cas d'aversion au risque grâce à une balance des comptes courants robuste et d’importantes réserves de change de la Corée du Sud. Deuxièmement, nous surpondérons le yuan chinois contrôlé par la Banque populaire de Chine , dont la tendance baissière est terminée selon nous. Notre prudence vis-à-vis des monnaies émergentes s'exprime également par le biais de notre position longue sur le dollar américain, qui devrait à notre avis bénéficier du processus prochain de normalisation des taux.
Nous maintenons notre sous-pondération sur les devises liées aux matières premières telles que le naira nigérian et le sol péruvien, dont les banques centrales respectives pourraient être contraintes à assouplir leur politique monétaire afin de préserver leur compétitivité. Notre opinion à l'égard de telles devises est toutefois moins pessimiste qu'avant considérant que le potentiel de baisse s'est fortement atténué.


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