Le vote des Britanniques renforce l'idée selon laquelle le resserrement monétaire aux Etats-Unis sera reporté à plus tard, une nouvelle positive pour les pays émergents.
A l'exception de certains pays tels que le Mexique, qui a connu une vive dépréciation de sa devise, la majorité des banques centrales seront en mesure de pousser plus encore leur politique accommodante, ou bien de renforcer leur politique de réduction de taux, une mesure possible grâce à la stabilisation de la devise et un recul des pressions inflationnistes.
Dette externe : surpondération de l'Europe de l'Est
Les marchés émergents sont tous confrontés à trois risques : le super-cycle des matières premières, l'atterrissage brutal et la mauvaise gestion des politiques en Chine, ainsi que le resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.
Les perspectives pour l'ensemble des actifs risqués, tels que la dette émergente, se sont significativement détériorées après le « non » des Britanniques sur leur adhésion à l'UE. Nous surveillerons étroitement les développements politiques et réviserons nos opinions en fonction de leurs évolutions.
Néanmoins, les valorisations de la classe d'actifs sont toujours intéressantes en termes absolus et relatifs (comparés aux taux des pays core, de l'IG et du HY).
Les facteurs techniques sont moins favorables car les émissions nettes devraient être positives mais restent tout de même gérables.
Dans ce contexte, nous maintenons une surpondération des pays de l'Europe de l'Est tels que le Monténégro, la Hongrie et la Croatie. Nous conservons en outre une légère surpondération du complexe énergétique (Venezuela, Equateur et Irak), en partie compensée par notre sous-pondération de la Malaisie, du Nigéria et du Vietnam.
Nous privilégions les pays générateurs de rendements dotés de moteurs idiosyncratiques comme l'Argentine, le Brésil, le Pakistan, le Ghana et le Mozambique.
A l'inverse, nous sous-pondérons les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord tels que le Liban (resserrement des valorisations, facteurs techniques moins favorables, risques politiques élevés) et le Maroc (risque géopolitique).
Courbes locales : de la valeur pour les taux locaux
Les taux locaux continuent de bénéficier de la désinflation opérée sur les marchés émergents ainsi que des politiques des banques centrales de pays émergents et développés. Nous identifions par conséquent de la valeur pour les taux locaux et gardons une surpondération de ce segment. Les risques à très court terme ont significativement augmenté après le référendum britannique, mais ils sont en partie compensés par la probabilité de plus en plus certaine d'un seul relèvement de taux par la Fed en 2016.
Par conséquent, nous conservons une surpondération des pays générateurs de rendements qui sont soutenus par des taux réels élevés tels que le Brésil, la Colombie, la Russie, l'Indonésie et la Turquie.
Nous sous-pondérons la Thaïlande (risques politiques élevés, détérioration des fondamentaux), ainsi que le Pérou et le Chili en raison du resserrement de leurs valorisations.
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