Si la faiblesse du dernier rapport sur l'emploi nous a également surpris, nous sommes toutefois moins pessimistes que certains. Tout d'abord, comme Yellen l'a indiqué, « on ne devrait jamais accorder trop d'importance à un seul rapport mensuel ». Rappelons à ce titre que les chiffres de l'emploi sont par nature très volatils (l'intervalle de confiance de l’enquête auprès des entreprises s'établit à ± 115 000) et font l'objet de révisions fréquentes. En outre, d’autres indicateurs du marché de l’emploi sont loin d'être aussi inquiétants : les nouvelles demandes d’indemnisation-chômage se maintiennent à un niveau très bas et le rapport de l'ADP a lui enregistré 173 000 créations d'emplois en mai (graphique 1).
De plus, à ce stade de la reprise, un ralentissement du rythme des créations d'emplois ne doit pas surprendre : la productivité, particulièrement faible depuis quelques années, doit ré-accélérer. Comme l'a récemment expliqué Thomas Perez, Secrétaire d'Etat au travail : « Plus l'on s’approche du plein emploi, plus il est normal de voir la croissance de l'emploi ralentir et celle des salaires accélérer, et c'est précisément ce que nous commençons à observer. » Dans notre scénario, le rythme des créations d’emplois baisse à 150 000 par mois contre 230 000 l'année passée (graphique 2). Ce ralentissement est toutefois compensé par une progression un peu plus rapide des salaires, de l'ordre de 3 % (contre 2,5 % actuellement) (graphique 3) qui permet à la masse salariale de continuer à croître à un rythme de 5 %.
Si, au cours des prochains mois, les créations d'emplois étaient aussi faibles qu’en mai, nous devrions bien sûr revoir notre scénario !
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