14 DÉC.

2017

Macro , Thèmes

Belgique : La croissance accélère… mais l’endettement des ménages continue de s’élever

Entre 2009 et 2012, l’économie belge s’est distinguée par sa résilience. C’est principalement grâce à la bonne tenue de la consommation des ménages que la demande intérieure a pu rester plus soutenue que dans la plupart des autres pays européens (graphique 1). Sur cette même période, la contribution du commerce extérieur à la croissance a, en revanche, été, comme en France, négative alors qu’elle était positive en Allemagne ou aux Pays-Bas.

Les mesures prises à partir de 2012 par les gouvernements successifs pour réduire le handicap salarial de la Belgique par rapport à ses principaux partenaires commerciaux ont permis d’éviter une poursuite de la dégradation du solde commercial, sans toutefois permettre aux entreprises belges de regagner les parts de marchés perdues depuis 2006. Le gel de l’indexation des salaires en 2015 – le « saut d’Index » – semble toutefois avoir pesé ensuite sur le pouvoir d’achat des ménages, expliquant la relative sous-performance de la consommation belge par rapport à celle de la moyenne des ménages de la zone euro. Sa ré-accélération, en 2016, après la fin du saut d’index, le confirme. 



Les signaux conjoncturels récents sont favorables et laissent penser que la Belgique devrait continuer à combler son retard de croissance en 2018. Les créations d’emplois n’ont cessé d’accélérer depuis 2014, grâce notamment aux mesures gouvernementales de soutien à l’emploi : leur progression récente (+1,4% en glissement annuel au troisième trimestre) est nettement supérieure à ce que laisserait attendre la seule croissance du PIB. Ces créations d’emplois associées à une progression des salaires un peu plus rapide et surtout au ralentissement attendu de l’inflation en 2018 devraient entraîner une amélioration du pouvoir d’achat et permettre à la consommation de progresser de près de 2 % l’an prochain. L’amélioration des marges des entreprises (grâce notamment à la politique de modération salariale), un taux d’utilisation des capacités élevé et une demande perçue bien orientée laissent quant à elles attendre une poursuite de l’effort d’investissement productif. Enfin, les exportations continueraient de bénéficier de la bonne tenue de la demande mondiale. Dans ce contexte, la croissance de l’économie belge se rapprocherait de 2 % en 2018.

Comme dans le reste de la zone euro, si le maintien de taux d’intérêt bas a contribué au redémarrage de l’activité, il a néanmoins des effets secondaires : la dette des ménages ne cesse de croître et les prix immobiliers de monter. Certes, la fiscalité qui, jusque début 2015, permettait de déduire une partie importante des intérêts d’emprunts a été durcie, certes l’essentiel des emprunts sont des emprunts hypothécaires à taux longs fixes, mais la charge de la dette rapportée au revenu des ménages est nettement montée depuis le milieu des années 2000 : malgré le bas niveau des taux d’intérêt, elle atteint aujourd’hui un niveau relativement élevé par rapport à la plupart de ses voisins (graphique 2 à gauche). Bien sûr, les ménages belges sont, en moyenne, plus riches que leurs voisins, mais pour les plus fragiles d’entre eux – les ménages des deux quintiles inférieurs de la distribution des revenus – le ratio de service de la dette est beaucoup plus élevé (30%) que dans les autres pays de la zone euro. Il n’est guère surprenant, dans ces conditions, que la BNB ait récemment envisagé la mise en place de nouvelles mesures macro-prudentielles, exigeant des banques qu’elles constituent des « matelas » de capitaux propres d’autant plus importants que leur portefeuille de prêts immobiliers est risqué. Ces mesures qui visent à freiner la distribution de crédit devraient également ralentir la progression des prix immobiliers (graphique 2 à droite).



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