Le 29 mars 2017, la Première Ministre britannique, Theresa May, a formellement déclenché l’article 50 pour quitter l’Union Européenne (UE), ouvrant ainsi une période de négociation de deux ans… voire trois si les 27 membres de l’UE souhaite la prolonger (à l’unanimité).
Le 29 avril, les dirigeants de l’UE se sont réunis au sein du Conseil européen pour adopter les lignes directrices des négociations pour la sortie du Royaume-Uni (RU) de l’UE. Le 3 mai, la Commission a proposé au proposé au Conseil d’adopter une décision autorisant la Commission à ouvrir des négociations avec le Royaume-Uni.
Sur base de ces recommandations, le Conseil du 22 mai 2017 devrait autoriser l'ouverture des négociations, désigner la Commission en tant que négociateur de l'UE et adopter les directives de négociation. Concernant l’UE, les principes clés devant guider la négociation sont clairs : aucun accord sur la relation future avec le Royaume-Uni ne pourra être conclu avant que le Royaume-Uni ne se retire de l’UE. L’UE souhaite notamment :
Le Conseil a néanmoins annoncé que s’ils progressaient suffisamment sur ces questions, les négociations concernant la second phase pourraient démarrer.
Du côté du Royaume-Uni, les véritables négociations ne commenceront pas avant le 8 juin date de la prochaine élection parlementaire. En effet, Theresa May a convoqué de nouvelles élections pour profiter de la faiblesse des autres grands partis (Labour party et Liberal Democrats) et renforcer sa majorité à la veille d’âpres négociations.
En effet, Theresa May semble vouloir :
A ce stade, les divergences de positions sur le déroulement des négociations à venir ne doivent pas surprendre. Elles pourraient néanmoins raviver les inquiétudes quant à un scénario de « Hard Brexit1 », notamment pour l’économie du Royaume-Uni. En effet, alors que sur la seconde partie de l’année 2016, l’activité a mieux résisté qu’attendu (le PIB du Royaume-Uni a progressé 2,3 % en rythme annuel), elle vient de fléchir nettement au premier trimestre 2017, ne progressant que de 1,2 % (graphe 1) contre 2,7 % au quatrième trimestre. Certes, les exportations bénéficient toujours de la forte dépréciation de la Livre (environ 10 % contre toutes devises sur un an en avril). Mais l’inflation a rebondi pour atteindre 2,3 % en mars (contre 1,5 % en moyenne dans la zone euro) et la consommation des ménages commence à s’en ressentir. Enfin, nous continuons de penser que le manque de visibilité inhérent aux négociations devrait conduire les entreprises à réduire leurs investissements ainsi que les embauches. Avec un inflation qui devrait atteindre 2,7 % en moyenne en 2017 et des salaires peu dynamiques, la croissance ralentirait vers 1,5 % en 2017 et 1,3 % en 2018.

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