L’hydrogène a depuis longtemps été cité comme une source d’énergie pour l’avenir. Pour les scientifiques, l’hydrogène avait vocation à devenir un outil important dans la production « d’énergie propre ». Cependant, la technologie qui allait permettre de réaliser ces ambitions à un coût raisonnable et à grande échelle n’existait pas. Or cette technologie évolue rapidement et aujourd’hui, les gouvernements s’engagent à soutenir la production d’énergie à base d’hydrogène à travers des investissements publics importants et des incitations pour les entreprises, créant de multiples opportunités pour les investisseurs.

D’un côté, la demande pour l’hydrogène sera portée par des avancées technologiques visant à déployer cette source d’énergie pour réduire l’empreinte carbone de secteurs fortement consommateurs d’énergie, comme l’acier ou le ciment. De l’autre, l’utilisation de l’hydrogène dans la production d’énergie devrait connaître une forte croissance (un multiple compris entre 4 et 16) par rapport aux niveaux actuels. Selon l’IRENA et le Conseil de l’Hydrogène, cette hausse représentera environ 19-80 exajoules (EJ) à horizon 2025, ce qui correspond à une capacité de 4 TW-16 TW en termes d’énergie solaire et éolienne.

L’hydrogène peut également servir à stocker l’énergie, une fonction importante qui contribue à la production d’énergie neutre en carbone. En effet, les niveaux de production des énergies renouvelables évoluent en fonction des conditions météorologiques. Cette intermittence saisonnière se concrétise par des productions d’énergie trop faibles ou trop élevées à un moment donné. Par exemple, selon McKinsey & Co, l’énergie solaire produit 60 % moins d’électricité en hiver qu’en été ; mais la consommation est 40 % supérieure en raison des besoins de chauffage et d’éclairage liés aux journées plus courtes.

Lorsque la production d’énergie renouvelable est supérieure à la demande, le surplus peut servir à produire de « l’hydrogène vert » grâce à un processus d’électrolyse. Cet hydrogène peut ensuite être stocké et reconverti en électricité lorsque la production d’énergie renouvelable est faible. Grâce à ce processus, l’hydrogène devient une solution clé au problème d’intermittence saisonnière des sources d’énergie renouvelable, et contribue à la flexibilité de la production.

Cette flexibilité est importante, car sans elle, l’énergie renouvelable ne sera pas suffisamment « durable » pour pouvoir s’établir comme une source d’énergie dominante. La part élevée des énergies renouvelables dans l’offre globale créé un besoin de stockage saisonnier et sur le long terme ; et ce stock peut ensuite être déployé pour produire de l’électricité dans les périodes où le vent ou le soleil font défaut.

La production d’énergie renouvelable et l’hydrogène sont des technologies synergétiques : le succès de l’un facilite les résultats de l’autre. Si la part de l’énergie renouvelable dans l’offre globale d’électricité est renforcée, le coût de l’électricité sera tiré à la baisse. Grâce à cette baisse, l’hydrogène deviendra une option plus compétitive pour le stockage de l’électricité, ce qui renforcera le potentiel de développement et d’intégration des énergies renouvelables. Ces évolutions créent une réelle opportunité d’accélération de la transition énergétique pour la filière de l’électricité.

Cependant, l’hydrogène n’est pas encore une option sérieuse et compétitive pour le secteur de l’énergie. Il existe des barrières supplémentaires au niveau de la réglementation, du développement des infrastructures et des avancées technologiques. Cependant, nous considérons que l’hydrogène représente un levier de création de valeur pour le secteur de l’énergie à plus long terme. En effet, une forte volonté politique en faveur de la décarbonisation devrait accélérer le processus qui permettra à l’hydrogène de s’imposer comme une source d’énergie alternative puissante et économiquement viable.