L’événement qui a relégué la Covid-19 au second rang des gros titres pendant une partie de 2020 est la mort de George Floyd sous le genou d’un policier. Ce n’est que l’une parmi tant d’autres actions policières controversées aux Etats-Unis ces dernières années, mais cette fois, l’événement a provoqué une campagne mondiale contre le racisme. Le mouvement Black Lives Matter a été relancé, avec des répercussions pour le monde des entreprises. C’est un signal de plus indiquant qu’à l’époque du capitalisme responsable, celles-ci ne peuvent pas rester étrangères aux débats de société.

Le monde des entreprises ne fait preuve ni de diversité, ni d’intégration. Les données disponibles montrent que les minorités, et plus sévèrement les personnes de couleur, sont sousreprésentées. Plus on monte en hiérarchie, moins il y a de diversité en entreprise. Dans certains pays, les données sont totalement inexistantes du fait de réglementations notamment sur la confidentialité des données personnelles.

La plupart des dirigeants ne savent pas comment faire face au problème. Les grandes entreprises veulent prouver qu’elles soutiennent les personnes de couleur et toutes les minorités ethniques dans la lutte contre le racisme et la discrimination. Selon un rapport de Reuters, en l’espace d’à peine deux semaines après la mort de G. Floyd, les entreprises s’étaient déjà engagées à verser un total de 1,7 milliard de dollars pour combattre les problèmes de justice sociale et de racisme. Il est intéressant de noter que les entreprises sont prêtes à consacrer des montants substantiels au soutien de la cause. Mais cela ne suffit pas. La question clé est celle de l’utilité de ces fonds.

Les investisseurs ont un role clé. Ils ont depuis longtemps considéré les questions sociales comme utiles à l’analyse des actifs. Le mouvement actuel nous indique que la société attend davantage de progrès sur la question du racisme, ainsi que ses conséquences toxiques pour la société : inégalité des chances à tous les niveaux de l’échelle sociale et absence de minorités dans les fonctions décisionnelles.

Chez Candriam, au sein des équipes dédiées à l’Investissement Responsable nous approfondissons notre analyse des pratiques en matière de diversité, d’inclusion et d’égalité des chances pour les entreprises dans lesquelles nous investissons. Nous dialoguons avec elles afin de mieux comprendre les bonnes pratiques et améliorer notre analyse sur le sujet. Conscient des différents cadres réglementaires en place qui limitent la capacité des entreprises à reporter certaines informations, Candriam continue malgré cela à évaluer la prise en compte qualitative des enjeux de diversité par la direction des entreprises. Nous suggérons notamment une feuille de route que les entreprises peuvent utiliser pour créer une culture d’inclusion.