202206-alt-fr-1.PNGLes marchés restent nerveux, les investisseurs jugeant que la Fed est en retard dans la lutte contre l'inflation. La hausse des prix pèse sur la confiance et l'épargne des consommateurs, entraînant l’abaissement des prévisions de croissance. La Fed s'est engagée à organiser un atterrissage en douceur de l'économie compatible avec son calendrier de hausse des taux. Ses décisions permettront essentiellement de contrôler l'inflation par la demande, sachant qu’elle n’est pas en mesure de maîtriser l'inflation liée à l’offre, qui est aggravée par la guerre et les perturbations de la chaîne logistique liées à la COVID. Les autorités monétaires américaines doivent néanmoins « tracer une ligne dans le sable » pour éviter un effondrement total du marché.

Les marchés des actions ont montré deux visages au cours du mois. Après avoir été le théâtre de ventes agressives liées à la publication de mauvais résultats et de prévisions pessimistes par plusieurs entreprises de référence, ils ont enregistré un rebond en fin de mois. Les actions chinoises ont clôturé le mois en légère hausse, grâce aux espoirs d'assouplissement des restrictions sanitaires et de relâchement des contraintes réglementaires visant le secteur de la technologie. Les actions américaines de duration longue appartenant aux secteurs de la technologie et de la biotechnologie ont à nouveau souffert. Au niveau sectoriel, l'énergie et les services publics ont surperformé le marché, tandis que les valeurs liées à la consommation ont été pénalisées par les prévisions négatives concernant les dépenses de consommation.

Sur les marchés développés, les rendements souverains ont encore progressé sur la partie courte de la courbe. Les mouvements les plus importants ont été observés sur les taux européens.

Enfin, les contrats à terme sur le charbon, le gaz naturel et le pétrole ont reflété le resserrement de l'offre.

L’indice HFRX Global Hedge Fund EUR a affiché une performance de -1,20 % durant le mois.

 

Stratégies Long/Short Equity

Les fonds Long/Short Equity réduisent leurs risques depuis le début de l'année. Cela s’est traduit par un faible ratio de capture à la baisse pendant la correction de la première quinzaine. De même, les ratios de capture à la hausse ont été relativement faibles lors du rally de fin de mois. Dans l'ensemble, les stratégies ont enregistré des pertes mensuelles inférieures à 5 %. Les stratégies « market-neutral » et les stratégies avec un biais value ont surperformé leurs homologues en affichant des rendements modestes, mais positifs. En revanche, les gérants ciblant la consommation, la technologie et la biotechnologie sont restés à la traîne. En moyenne, depuis le début de l'année, les performances générées par les portefeuilles short n'ont pas été en mesure de compenser l'alpha négatif des positions longues. Ce constat s’applique notamment aux stratégies à haut rendement concentrées sur les secteurs de croissance. De fait, les mauvais résultats de gérants très en vue ont fait les gros titres de l’actualité. Toutefois, cela ne reflète pas la dispersion observée au sein de l'univers en 2022. Des allocations bien diversifiées au sein de l’univers des stratégies Long/Short Equity ont donné de bons résultats, générant un alpha et des rendements positifs. Nous restons convaincus que les fonds ne sont pas prêts à accroître leur risque significativement, mais prendront des positions longues sélectives et renforceront leurs portefeuilles de positions short. À court terme, les stratégies Long/Short Equity efficaces devraient ainsi protéger le capital de leurs investisseurs en maintenant les expositions brutes et nettes dans le bas de la fourchette. La guerre exacerbe certains des défis auxquels les entreprises du monde entier sont confrontées. Tandis que la sélection sera essentielle, la perspective Long/Short procurera un net avantage par rapport aux solutions Long-Only Equity. 

 

Stratégies Global Macro

Le mois de mai a été compliqué pour les stratégies Global Macro. Sur les marchés de taux et d’actions, certaines tendances ont commencé à s'essouffler après plusieurs mois de hausse des taux/correction des actions. La hausse des taux à moyen et long terme a ainsi marqué une pause, les échéances très longues aux États-Unis s’inscrivant même en recul. Les indices boursiers sont restés volatils durant tout le mois de mai. Le positionnement tactique des gérants a joué un rôle important, ce qui a entraîné un certain niveau de dispersion des performances. Les positions sur actions et taux ont principalement nui à la performance, tandis que les positions longues sur les matières premières ont continué à avoir un impact positif. En moyenne, les indices Global Macro ont légèrement reculé au cours du mois. Ils restent néanmoins l'un des meilleurs éléments de diversification depuis le début de l’année. Comme évoqué précédemment, les stratégies Global Macro bénéficient d’un meilleur environnement pour déployer du capital, alors que les banques centrales réduisent les injections de liquidités et planifient des hausses de taux. Cette guerre infâme a dopé la volatilité du marché, une évolution que nous anticipions en raison de la diminution du soutien budgétaire et monétaire. Les primes de risque sont globalement volatiles et les gérants Macro tirent parti de ces mouvements de marché. Nous continuons de privilégier les gérants discrétionnaires et opportunistes capables de mettre à profit leurs talents d’analyse et leur expérience pour générer des gains sur une sélection d’opportunités à travers le monde.

 

Stratégies quantitatives

Les stratégies quantitatives ont en moyenne légèrement décliné pendant le mois. Leurs modèles ont été partiellement affectés par les fluctuations de la volatilité de marché. Ainsi, la volatilité implicite du marché américain a oscillé entre 25 et 35. Les modèles de suivi de tendance ont globalement contribué négativement à la performance. Dans l'ensemble, les stratégies quantitatives enregistrent cependant de très bonnes performances depuis le début de l'année, contribuant à atténuer les pertes des investisseurs sur les allocations en actifs traditionnels. Les stratégies quantitatives multi-modèles les plus en vue se portent également très bien, générant des performances à deux chiffres depuis le début de l’année. Sur les trois dernières années, ces stratégies ont permis une diversification hors des actifs traditionnels, dont les performances depuis le début de l’année ont rarement été aussi mauvaises en 20 ans.

 

Arbitrage de taux

Malgré sa rhétorique agressive sur fond d'inflation persistante, la Fed est toujours nettement en retard sur la courbe, espérant que l'ampleur de la correction des marchés d’actions contiendra les pressions inflationnistes. Alors que le 10 ans avait franchi la barre des 3 %, la vente d'actions s'est intensifiée, provoquant une fuite vers la qualité, ce qui a fait plonger les rendements de 3,15 % à 2,75 %. Actuellement, la tendance à la hausse des taux s'essouffle et la volatilité reste élevée en raison de mouvements de prix importants à l’intérieur de fourchettes larges, ce qui complique la tâche des gérants macro directionnels. Toutefois, si ces derniers ont réduit leur risque à la fin du mois de mai, les gérants de valeur relative sur les marchés de taux bénéficient encore d'opportunités attrayantes.

 

Marchés émergents

Les stratégies sur les marchés émergents ont souffert de deux événements idiosyncratiques majeurs – une guerre en Europe de l’Est et la politique « zéro Covid » en Chine –, mais aussi d’un sentiment d’aversion au risque généralisé. En revanche, la vigueur des prix des matières premières a suscité des opportunités en Amérique latine et parmi les pays exportateurs d’autres régions. Les performances ont été dispersées, en fonction des univers d’investissement ciblés par les gestionnaires. Peu de fonds spéculatifs couvrent l’ensemble des marchés émergents. Ils ont plutôt tendance à se spécialiser dans certaines régions particulières. Si cette stratégie offre certaines opportunités d’investissement, nous restons prudents à ce stade, car la baisse des prévisions de croissance et la hausse des taux d’intérêt sur les marchés développés constituent autant de signaux d’alerte pour le monde émergent.

 

Stratégies Risk Arbitrage – Event Driven

Les indices des stratégies Event Driven ont enregistré des pertes mensuelles inférieures à 5 % en mai. De manière inhabituelle, les stratégies d’arbitrage de fusions ont en moyenne sous-performé les stratégies de situations spéciales, qui ont une corrélation de bêta plus élevée. Les stratégies d’arbitrage de fusions ont notamment souffert de l'élargissement des spreads des transactions – qui reflètent l’incertitude accrue concernant les fondamentaux économiques –, mais aussi des probabilités plus faibles de conclusion des transactions. l'élargissement des spreads est en outre favorisé par une réduction forcée des niveaux de risque dans les stratégies de fusion et acquisition. En effet, certains gérants sont contraints de réduire le risque lorsqu'ils atteignent des seuils de drawdown ou de volatilité prédéfinis. Selon les gérants que nous connaissons et avec lesquels nous échangeons, l'univers des opportunités reste très intéressant, avec des spreads plus larges permettant parfois un rendement annualisé à deux chiffres. Le réservoir de projets sur le marché reste adéquat pour le déploiement du capital et – ce qui est également important – les entreprises ont accès aux financements qui leur permettent de mettre en œuvre les décisions du conseil d'administration. Il convient de noter qu’en proportion du total, on observe une augmentation substantielle des financements fournis par les institutions non bancaires. Alors que les investisseurs recherchent la diversification, l’arbitrage de fusion constitue un outil intéressant, dont les échéances sont structurellement courtes et dont les spreads de transactions sont positivement corrélés à la hausse des taux d’intérêt.

 

Stratégies Distressed

En dépit d’un léger élargissement des spreads de crédit, l’environnement est pour le moment relativement calme en ce qui concerne les stratégies Distressed. En dehors de cas spécifiques, les spreads des obligations, des prêts et des produits structurés restent relativement serrés. Si l’univers des opportunités s’avère modeste, les incertitudes économiques ne peuvent être négligées, car les niveaux d’inflation actuels limiteront la capacité des banques centrales à soutenir à nouveau les marchés. Nos contacts au sein du secteur anticipent une légère augmentation des défauts de paiement sur les segments des prêts aux entreprises et aux consommateurs, l'inflation contribuant à détériorer les fondamentaux économiques et à assécher l'épargne des particuliers. Les principaux gérants attendent de nouvelles dislocations avant de passer à l'offensive.

 

Crédit Long/Short & High Yield

Les gérants de crédit long/short ont obtenu de bons résultats par rapport aux fonds de crédit traditionnels. Leurs portefeuilles short et leurs positions de couverture ont permis d'atténuer l'impact de l'élargissement des spreads sur les positions longues. Si certains gérants ne sont guère optimistes, la sélection de titres est essentielle et il convient d’accorder une attention particulière aux niveaux d'endettement et aux clauses des émissions. Alors que les marchés anticipent une poursuite de la hausse des taux et un ralentissement de la croissance, les meilleurs gérants restent diversifiés, investissent dans des positions longues de qualité et se concentrent sur les secteurs qui ont un pouvoir de fixation des prix plus solide.