15 OCT.

2018

Performance absolue , Thèmes

Les pessimistes aux commandes

Le débat entre opérateurs de marché haussiers (« bulls ») et baissiers (« bears ») est plus passionné que jamais. Si l’économie américaine continue d’afficher de robustes fondamentaux, les discussions en cours au sujet des tarifs douaniers et des guerres commerciales ramènent toujours le risque politique dans le débat. Les risques étant nombreux, il est difficile d’identifier ce qui a déclenché la forte inversion de facteurs début septembre. Il est vrai que les facteurs de momentum et de croissance ont marqué une pause. Les investisseurs se sont tournés vers les secteurs défensifs, s’écartant de la consommation discrétionnaire. Les favoris du secteur de la  technologie ont, eux aussi, été délaissés. L’une des raisons pourrait se trouver dans l’audition qui a eu lieu au Congrès de Washington, laquelle a soulevé la possibilité d’une règlementation plus stricte pour le secteur. Aux États-Unis, les secteurs des télécommunications et de la santé ont signé les meilleures performances. Les valeurs du secteur de l’énergie, soutenues par un cours du pétrole solide, se sont également bien comportées. Renversant les tendances récentes, l’Argentine, le Brésil et la Turquie ont bien performé, certaines évolutions étant favorablement perçues par les investisseurs. Les indices boursiers européens, dominés principalement par le sentiment macro, ont affiché des performances mitigées.

Sur les marchés obligataires, l’attention s’est portée sur l’Italie, dont les interactions hostiles avec Bruxelles ont poussé les rendements à la hausse. Le marché semble surveiller la situation d’extrêmement près, chaque réunion ou déclaration gouvernementale étant capable de faire bouger les rendements à la hausse ou à la baisse de 0,50 % à court terme. Aux États-Unis, les rendements des bons du Trésor ont progressé de 0,20 % en moyenne, stimulés par une économie en surchauffe. Par ailleurs, signe que l’économie américaine est en fin de cycle, le spread entre la dette américaine classée « junk » et les bons du Trésor américains a touché un plancher historique.

Sur le front des matières premières, le pétrole continue de se distinguer, le cours du Brent enregistrant une hausse avoisinant 7 % sur le mois, pour s’acheminer à un niveau de 85 dollars. Certains métaux de base, tels que le cuivre et le zinc, ont renversé leur tendance baissière, en affichant une progression d’environ 6 %. Le palladium, lequel est étroitement lié aux batteries électriques, a pousuivi sa tendance haussière, après avoir touché un plancher à la mi-août. Il a rebondi de près de 10 % au cours du mois.

Au mois de septembre, l’indice HFRX Global Hedge Fund EUR a reculé de 0,95 %.

 

Long/short equity 

Les stratégies long/short equity ont affiché des performances contrastées en septembre. Certains fonds ont souffert de la forte rotation sectorielle du début de mois en faveur des segments défensifs et ont éprouvé des difficultés à rétablir leur performance. En moyenne, les fonds n’ont pas générer d’alpha sur la partie acheteuse de leurs portefeuilles. Les stratégies présentant une faible exposition nette et une orientation « value » ont dans l’ensemble surperformé les stratégies plus directionnelles. Les stratégies axées sur la croissance ont également souffert de l’intense rotation sectorielle. Les pics de volatilité pourraient poser certains problèmes aux gérants de stratégies long/short equity à court terme. Néanmoins, de nombreuses opportunités subsistent dans des secteurs tels que la santé, la technologie, les médias et la consommation, où les progrès technologiques permettent chaque jour de remettre en question les leaders historiques grâce à l'arrivée de nouveaux concurrents disposant de nouvelles technologies ou d’un modèle d'affaires plus rentable.  En outre, les fonds long/short seront capables de générer des profits sur la partie short de leurs portefeuilles et de moduler l’exposition nette et brute de leurs fonds pour protéger le capital, dès que les conditions de marché se montreront plus difficiles. 

 

Global Macro 

Les gérants de stratégies global macro axées sur les marché émergents ont, en moyenne, réalisé une bonne performance ce mois-ci. Certaines évolutions ont été perçues comme positives par les investisseurs, apportant un soulagement à des marchés récemment chahutés, tels que l’Argentine, le Brésil et la Turquie. En ce qui concerne les stratégies mondiales, les résultats se sont avérés plus hétérogènes, là où la performance est générée par un positionnement individuel. Les devises et le pétrole ont fortement contribué aux profits durant le mois. Enfin, les stratégies discrétionnaires ont eu tendance à surperformer les programmes global macro systématiques. Ces stratégies offrent généralement de très belles opportunités dans des contextes de hausse de la volatilité, dans des périodes d’intervention limitée de la part des banques centrales et lorsque les taux montent.
   

Stratégies quantitatives 

Le mois s’est avéré difficile pour les stratégies quantitatives. La volatilité des prix de l’énergie ont généralement un impact positif sur la performance. En revanche, la rotation sectorielle de début septembre a affecté négativement leurs positions d’arbitrage statistique sur les actions.


Arbitrage de taux 

Les performances enregistrées par les gérants ont été positives, malgré le faible niveau de volatilité des taux d’intérêt. Cette stratégie offre une opportunité intéressante dans la mesure où sa convexité positive profitera davantage d’un environnement plus volatil. Depuis le 1er janvier, tous les gérants de cette stratégie ont généré de solides performances ajustées du risque via une exposition positive à la volatilité.

 

Marchés émergents 

Investir dans les marchés émergents se révèle particulièrement difficile. Les investisseurs restent inquiets au sujet des répercussions à moyen et long terme des tensions commerciales entre les États-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux dans la région. L’augmentation des coûts liés à l’émission de dette libellée en dollars constitue également une source d’inquiétude. Bien que la date exacte de la résolution de ces différends ne soit pas connue, les dislocations créées par la politique de Donald Trump favoriseront tôt ou tard l'apparition de nouvelles opportunités.

 

Risk arbitrage – Event-driven 

Les stratégies d'arbitrage sur fusions et acquisitions, dynamisées par le succès de l’offre de Comcast sur Sky en septembre, ont enregistré une bonne performance. La finalisation de cette opération a eu un impact positif sur les spreads de transaction. Les perspectives du dernier trimestre de cette année restent prometteuses pour les opérations de fusions et acquisitions. Les transactions en attente sont généralement effectuées selon une solide logique stratégique et par des acheteurs hautement engagés.

 

Distressed 

Avec des taux de défaut et des spreads proches de leurs plus bas historiques, le cycle de crédit touche selon nous à sa fin. Au cours du mois de septembre, le spread entre la dette américaine classée « junk » et les bons du Trésor américains a touché un plancher historique. Néanmois,  bien que nous surveillions étroitement les gérants qui investissent dans des entreprises en difficulté en raison de leur important potentiel de performances, nous restons globalement en retrait. En effet, de plus en plus de hedge funds américains qui investissent dans des actifs en difficulté commencent à lever des fonds en prévision du prochain ralentissement économique.

 

Long short credit & High yield 

Après plusieurs mois marqués par des fuites de capitaux et un léger élargissement des spreads, le spread des obligations américaines à haut rendement s’est resserré à son plus bas historique, ce qui conforte notre opinion négative vis-à-vis de cette stratégie.

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