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La situation est encore loin d’être stabilisée. Déjà pris au dépourvu par la Fed en janvier, les investisseurs assistent en Ukraine au déroulement d'une tragédie qui aura de profondes répercussions sur les équilibres politiques et économiques mondiaux. Sans surprise, les flux de capitaux cherchant un refuge contre la volatilité ont privilégié les actifs sûrs tels que les bons du Trésor américain. Les prix des matières premières sont au centre de l’attention, car les belligérants sont d'importants producteurs de pétrole, de gaz et de matières premières agricoles.  Or, toute hausse incontrôlée des prix des intrants essentiels à nos économies ne fera qu’attiser une inflation déjà virulente.

Le comportement des marchés boursiers peut être divisé en deux groupes principaux. Les nations exportatrices de matières premières ont terminé le mois en légère hausse, tandis que la majorité des indices représentant les régions qui dépendent des prix des intrants industriels ont reculé d’environ 5 %. Au niveau sectoriel, les valeurs cycliques comme l'énergie et les matériaux, de même que les secteurs défensifs comme la santé et les biens de consommation courante, ont surperformé.

Les rendements obligataires ont été volatils au cours du mois. Ils ont chuté pour la plupart des émissions souveraines, le déclenchement de la guerre orientant les investisseurs vers les valeurs refuges. En revanche, la montée des pressions inflationnistes et l'incertitude macroéconomique poussent les

rendements à la hausse et entraînent un élargissement des spreads de crédit sur les segments IG et HY.

Les contrats à terme sur matières premières se sont bien, voire trop bien comportés, les niveaux de certains contrats sur l'énergie et l'agriculture étant susceptibles d’entraîner des manifestations dans le monde entier.

L’indice HFRX Global Hedge Fund EUR a affiché une performance de -0,47 % durant le mois.

 

 

Stratégies Long-Short Equity

En moyenne, les stratégies Long-Short Equity ont bien performé par rapport aux indices d’actions. On a observé une certaine dispersion : les stratégies axées sur les matières premières ont affiché de très bonnes performances, tandis que les gérants ciblant les TMT et la consommation discrétionnaire ont encore souffert. Les performances moyennes s’inscrivent en légère hausse pour l'univers global. Sans surprise, les stratégies directionnelles ont sous-performé les fonds Long-Short « market-neutral » ou conservant de faibles positions nettes. Les niveaux actuels d'incertitude et de volatilité ont conduit les gérants à réduire les expositions brutes et nettes dans l'ensemble des fonds. Dans l’attente d’un début de résolution du conflit ukrainien, le niveau de risque des fonds Long-Short ne devrait pas augmenter significativement. À court terme, les stratégies Long-Short Equity efficaces devraient ainsi protéger le capital de leurs investisseurs en maintenant les expositions brutes et nettes dans le bas de la fourchette. La guerre en cours va exacerber certains des défis auxquels sont confrontées les entreprises du monde entier. Tandis que la sélection sera essentielle, la perspective Long-Short procurera un net avantage par rapport aux fonds actions Long-Only. 

 

Stratégies Global Macro

Les stratégies Global Macro sont parmi celles qui présentent la plus forte dispersion des performances, alors que l'environnement volatil a offert de nombreuses opportunités de déploiement du capital. Sur l’ensemble de l’univers, la performance moyenne de la stratégie a été modeste mais positive, avec des performances mensuelles à deux chiffres, élevées sur certains segments. Les principaux moteurs de performance ont été le trading de taux, les positions longues sur matières premières et les couvertures de portefeuille. Comme évoqué précédemment, la stratégie Global Macro bénéficie d'un meilleur environnement pour déployer du capital, alors que les banques centrales réduisent les injections de liquidités et planifient des hausses de taux. La guerre en cours a dopé la volatilité du marché, une évolution que nous anticipions en raison de la diminution du soutien budgétaire et monétaire. Les primes de risque sont globalement volatiles et les gérants Macro devraient être en mesure de tirer parti de ces mouvements de marché. Nous continuons de privilégier les gérants discrétionnaires et opportunistes capables de mettre à profit leurs talents d’analyse et leur expérience pour générer des gains sur une sélection d’opportunités à travers le monde.

 

Stratégies Quantitatives

Les stratégies quantitatives se sont très bien comportées, tant sur une base relative qu'absolue. Les stratégies de suivi de tendance ont généré des gains importants au cours du mois, principalement sur les obligations et les matières premières. Les stratégies quantitatives multi-modèles continuent d’exploiter les régimes de volatilité élevée pour générer de solides performances. Ces stratégies offrent des performances assez régulières dans différents environnements de marché, mais le niveau de ressources requis en fait un segment réservé à quelques privilégiés.

 

Arbitrage de taux

Les marchés obligataires se trouvent sous l'influence de forces opposées. D'un côté, une fuite vers la sécurité, la guerre en Ukraine déclenchant des « short squeeze » et poussant les rendements à la baisse. De l'autre, une hausse de l’inflation liée à l’envolée des prix des matières premières, qui dope les rendements. La question n'est plus de savoir si l'inflation sera de courte durée, mais dans quelle mesure elle sera généralisée. En conséquence, la volatilité des taux d'intérêt s'est accrue et les courbes se sont aplaties, tandis que les spreads de swap européens se sont envolés et que la dynamique de hausse des taux est remise en question. Dans cet environnement, une approche de trading flexible est essentielle. Il convient de noter que plusieurs gérants obligataires tirent leur épingle du jeu dans cet environnement difficile.

 

Marchés émergents

Les stratégies liées aux marchés émergents ont connu un mois difficile, car la première réaction à une guerre – notamment si elle implique deux membres importants du monde émergent – consiste généralement à privilégier les valeurs refuges. Cela étant dit, l'invasion russe aura probablement un impact géopolitique durable, et une période prolongée de prix élevés des matières premières pourrait offrir des opportunités d'investissement dans les régions productrices, comme l'Amérique latine. Il est cependant bien trop tôt pour tirer des conclusions et nous restons très attentifs à l’évolution de la situation.

 

Stratégie Risk arbitrage – Event Driven

Les stratégies Event Driven ont affiché une bonne résilience, dans des marchés souvent dominés par la panique. En moyenne, les performances ont été modestes mais positives. Les stratégies d'arbitrage de fusions, qui sont structurées autour de catalyseurs durs, ont eu tendance à surperformer les stratégies de situations spéciales, plus sensibles au bêta. Si le secteur n’anticipe pas pour 2022 un volume d’activité avoisinant le niveau record de l’année dernière, de nombreuses transactions en préparation fourniront autant d’opportunités d’allocation de capital. Facteurs de risque à ne pas négliger, la hausse des taux d'intérêt et la volatilité des actions contribueront cependant à maintenir des spreads plus larges et à éviter un encombrement excessif pour la stratégie. Il existe un élément de cyclicité structurelle dans ce secteur, mais l’impact de la COVID-19 et des secteurs en pleine mutation structurelle continuera à générer des opérations sur titres offrant aux gérants des opportunités d’allocation de capital. Alors que les investisseurs recherchent la diversification, l’arbitrage de fusion constitue un outil intéressant, dont les échéances sont structurellement courtes et dont les spreads de transactions sont positivement corrélés à la hausse des taux d’intérêt.

 

Entreprises en difficulté

À ce stade, l’environnement est relativement calme en ce qui concerne les stratégies distressed. Les spreads de crédit se creusent depuis le début de l'année en raison de la détérioration des fondamentaux économiques. Néanmoins, en dehors de cas spécifiques, les spreads des obligations, des prêts et des produits structurés restent relativement serrés. Si l'univers des opportunités s’avère modeste, les incertitudes économiques actuelles ne peuvent être négligées, car les niveaux d'inflation actuels limiteront la capacité des banques centrales à soutenir à nouveau les marchés. En outre, les taux de référence restent sur des niveaux planchers, alors que la Fed n'a pas encore procédé à sa première hausse de taux et que la BCE n'a indiqué aucun calendrier précis. Les volumes d'émission sont très élevés depuis 2010, tandis que l'accès au crédit a été relativement souple, de sorte que le gisement d'opportunités devrait demeurer relativement élevé. Le contexte risque toutefois de rester compliqué, en raison des bouleversements géopolitiques et économiques provoqués par la guerre en Ukraine. 

 

Crédit Long-Short et High Yield

Les spreads de crédit se sont élargis, mais restent proches de leurs planchers historiques. Les investisseurs estiment désormais que le « put de la Fed » est voué à perdre de son influence, ce qui améliorera les opportunités de sélection de crédit dans une perspective Long-Short. Les opportunités de crédit liées à l’immobilier chinois sont susceptibles d’être exploitées par certains fonds spéculatifs disposant de capacités de recherche en Asie. Bien que la débâcle d’Evergrande soit encore dans tous les esprits, la possibilité que le gouvernement chinois autorise la répétition d’un scénario à la Lehman est jugée moins probable, compte tenu du poids du secteur immobilier au sein de l’économie chinoise. Les spreads de crédit des marchés émergents se sont considérablement élargis. Estimant que les banques centrales des marchés émergents sont en avance dans le processus de resserrement monétaire et que les prix élevés des matières premières aideront les pays exportateurs à maintenir leurs bilans sous contrôle, de nombreux gérants considèrent qu'il s'agit d'une opportunité attrayante.