Stratégie cross-asset

Même si le défi auquel est confrontée la Fed – à savoir une première hausse des taux – risque d’augmenter les arbitrages entre classes d’actifs, la Banque du Japon et la Banque Centrale Européenne continuent d’injecter un flux de liquidités impressionnant sur les marchés financiers. D’une part, après l’annonce de son programme d’assouplissement quantitatif (QE) il y a plus d’un mois, la BCE a officiellement commencé à acheter des obligations souveraines et du crédit d’agence à concurrence de EUR 60 milliards par mois. D’autre part, les investisseurs prévoient une accélération du programme QE japonais d’ici le milieu de l’année (actuellement, JPY 80.000 milliards par an). Le but de ces actions combinées, qui visent à relancer la hausse des prix, reste un soutien aux actions, surtout dans un climat de reprise économique graduel au niveau mondial.

Malgré une valorisation absolue moins attrayante, les actions demeurent plus intéressantes que les obligations.

En termes de valorisation, le récent rebond des marchés actions a réduit l’attrait de cette classe d’actifs. Le ratio PE médian du MSCI World est passé de 13,9 en octobre 2014 à 16,66 actuellement, rendant les actions moins attrayantes que durant les semaines précédentes, surtout aux États-Unis. Mais l’attractivité relative des actions reste importante, lorsqu’on sait que les rendements obligataires ont atteint leurs plus bas historiques et que le rendement du dividende MSCI World se situe à environ 2,3%.

Les bénéfices demeurent, eux aussi, un important facteur de soutien aux actions. La vigueur des bénéfices annoncés aux États-Unis lors de la dernière saison de résultats et la robustesse du mouvement d’amélioration constaté au niveau des bénéfices des entreprises en Europe sont encourageantes pour la classe d’actifs. La croissance prévisionnelle des bénéfices pour les trois prochaines années (graphique 2) pourrait également constituer un puissant moteur pour les marchés actions.

Scénario positif à moyen terme

Après avoir bien performé ces derniers mois, les actions pourrait traverser une période plus difficile à court terme. Mais notre scénario d’allocation d’actifs à moyen terme, à savoir, une amélioration de la croissance, couplée à des conditions financières globalement favorables et à une hausse modérée des taux d’intérêt demeure inchangé et reste clairement en faveur des actifs à risque.

 

 

 

 
 

STRATEGIE ACTIONS

 

Les actions de la zone euro continueront à surperformer

Nous préférons toujours les actions de la zone euro à celles des États-Unis

De nombreux arguments plaident toujours en faveur des actions européennes :

  • Dans la zone euro, les actions présentent toujours la valorisation la plus attrayante face aux obligations. Les mesures mises actuellement en oeuvre par la BCE poussent les taux européens vers leurs plus bas historiques, avec des rendements proches de zéro, voire négatifs. Dans ce climat, même si les marchés actions européens affichent de belles performances (plus de 15 % depuis le début de l’année), ils conservent une valorisation relativement intéressante.
  • Les actions de la zone euro bénéficient d’une dynamique plus vigoureuse. La croissance des bénéfices est positive en glissement annuel depuis le 2è semestre 2014 et devrait le rester en 2015, alors que les bénéfices des entreprises américaines sont pénalisés par un dollar fort et les aléas du secteur énergétique.
  • La baisse de l’euro et du pétrole jouera en faveur des actions de la zone euro.

 

Neutre sur les marchés émergents

En termes de valorisation, les actions émergentes semblent très bon marché (PE à 11,66, sous la médiane), mais relativement à la croissance des bénéfices, cette dimension paraît moins évidente. Qui plus est, la situation économique est loin d’être la même dans tous les pays émergents. Tous ces pays ne bénéficient pas de la même manière de la chute actuelle des prix des matières premières et de la hausse du dollar. On observe d’importantes différences entre pays émergents, secteurs ou même actions individuelles. Dans la mesure où ces divergences sont appelées à persister, une stratégie active de sélection d’actions représente la meilleure manière d’investir sur certains pays émergents. Les marchés asiatiques recueillent par ailleurs notre préférence.

Positif sur le Japon

Nous restons positifs sur le Japon, dont la valorisation demeure attrayante et où les mesures supplémentaires de la BoJ devraient soutenir les bénéfices. Par ailleurs, encouragés par une forte progression de ces derniers et de solides trésoreries, les investisseurs ont de forts espoir quant à une hausse future des rendements pour les actionnaires. Enfin, le changement d’allocation d’actifs décidé par le GPIF, le plus gros fonds de pension japonais, jouera en faveur des actions japonaises.
 
 

STRATEGIE OBLIGATAIRE

 

Nous conservons une surexposition à la dette high yield et émergente

Les actions combinées de la BCE et de la BoJ justifient notre décision de privilégier des obligations plus risquées et plus rémunératrices. Les investisseurs suivront de près les prochaines communications de Janet Yellen, compte tenu du rôle clé de la stratégie de taux de la Fed pour les marchés obligataires.

Les obligations high yield et la dette émergente continuant d’offrir le meilleur ratio portage/risque (mesure du risque/rendement : rendement à l’échéance divisé par la volatilité sur 1 an) nous maintenons notre surexposition à cette classe d’actifs.

 
 

STRATEGIE MATIERES PREMIERES

 

Trop tôt pour être positif sur les matières premières

Même si les cours ont déjà absorbé la majeure partie des mauvaises nouvelles concernant l’excédent de l’offre et la faiblesse de la croissance économique mondiale, il est encore trop tôt pour se montrer positif sur les matières premières.

Le pétrole : bien que les prix du pétrole semblent avoir atteint un plancher, la déclaration faite récemment par le gouvernement chinois à propos de la croissance en Chine et la hausse du dollar freinent le redressement des cours pétroliers.

Les métaux de base ont eux aussi été affectés par plusieurs mauvaises nouvelles concernant le secteur manufacturier en Chine. Il n’en demeure pas moins que le problème d’une offre excédentaire pour certains métaux de base comme le cuivre, le zinc et le nickel devrait être prochainement résolu – l’offre devrait être déficitaire en 2016-2017. Nous pensons cependant qu’il est encore trop tôt pour investir aujourd’hui dans cette classe d’actifs.

Enfin, la corrélation négative existant entre le cour de l''or et les taux d’intérêt réels américains devrait s’accentuer en 2015.