17 OCT.
2018

Avec l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, la guerre commerciale avec la Chine va perdurer, puisqu’il s’agit de l’un des principaux objectifs de Trump.
Toutefois, la Chine a fait preuve de ressources jusqu’ici en réduisant l’impact sans risquer une attaque frontale contre Trump. Parallèlement, l’économie européenne est toujours en phase d’expansion, quoiqu’à un rythme plus lent, mais le discours europhobe gagne du terrain, et pas seulement au sud.
Les fondamentaux sont essentiels à la performance du marché. Aux États-Unis, ils indiquent une accélération de la croissance. Par conséquent, la Fed va poursuivre sa normalisation des taux d’intérêt. Le marché du travail est tendu.
Le taux de chômage a atteint un plancher en 48 ans à 3,7 %, mais les statistiques révèlent la difficulté accrue de trouver du personnel qualifié.
La croissance des bénéfices aux États-Unis a sans doute atteint un pic, mais reste bien orientée. Une divergence persistante des performances régionales place les États-Unis en tête du reste du monde. À en juger par l’Histoire, les démocrates ont une probabilité raisonnable de remporter la Chambre. Si c’est le cas, cela remettrait en question l’allocation d’actifs actuelle : le positionnement sur les actions américaines commence à être très prisé et les rendements américains sont en hausse.
En Europe, le cycle économique est moins dynamique. Toutefois, une croissance du PIB de 2 % est tout de même escomptée. L’obstacle majeur est le retour en force de l’incertitude politique. Outre le « Brexit » et la montée du discours europhobe anti-immigration en Suède, l’Allemagne attire l’attention à l’approche des élections en Bavière et en Hesse. Par ailleurs la coalition populiste en Italie a présenté un nouveau budget qui a porté les spreads italiens à mi-chemin des niveaux de la crise de 2011, du fait de son excès d’optimisme et de l’incompatibilité avec les règles budgétaires de l’UE. Un autre motif pour l’Italie d’exprimer son désaccord avec l’ingérence de Bruxelles.
Au Japon, la réélection de Shinzo Abe au poste de Premier Ministre pour un troisième et dernier mandat signifie trois ans supplémentaires « d’Abenomics ». Par anticipation de la hausse de la taxe à la consommation de l’an prochain, la politique budgétaire devrait rester souple, soutenant ainsi à la fois la croissance et l’inflation. La politique monétaire devrait également demeurer accommodante pendant une période plus longue. La Banque du Japon sera probablement la dernière à lancer un processus de normalisation, ce qui va maintenir la valeur du yen à un niveau bas. Le gouvernement s’est réellement attaché à récompenser les actionnaires. Le marché japonais a affiché des performances satisfaisantes, la croissance des bénéfices est en hausse et les investisseurs actuels sont essentiellement nationaux. Compte tenu de la bonne tenue de l’économie, c’est seulement une question de temps avant que les sorties de capitaux des investisseurs étrangers reviennent à leurs niveaux d’avant le 1er trimestre 2017.
Sur les marchés émergents, les risques liés à certains pays ont augmenté : crise monétaire en Turquie, troubles politiques en Argentine (qui connaît une récession et une inflation galopante) et la Chine qui est confrontée aux accès de fureur de Donald Trump. Les primes de risque sont désormais intégrées tant pour les devises que pour les actions. Sur le plan positif, la Chine a fait preuve de ressources jusqu’ici en réduisant l’impact, grâce à une politique accommodante. Les autres pays ont relevé leur taux d’intérêt pour compenser le raffermissement du dollar.
Dans ce contexte, nous restons résolument optimistes envers les actions, mais avec davantage de modération. Le cycle économique, qui continue sa progression, a sans doute atteint un sommet, et les rendements obligataires en hausse se traduisent déjà par une rotation sectorielle. Nos rendements attendus à un an avoisinent une croissance à deux chiffres pour les actions. Selon nous, il existe un potentiel supérieur en zone euro et sur les marchés émergents, puisque la prime de risque est plus élevée. Entre temps, nous conservons une attitude prudente concernant les obligations d’entreprise et négative en matière d’obligations, à l’exception de la dette émergente et des obligations indexées sur l’inflation . Parmi les principaux risques à notre scénario de référence d’une hausse modérée des actions, citons une interruption brutale de l’expansion actuelle, une réduction extrême de la liquidité en USD et la montée des tensions géopolitiques.
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