Les actions émergentes sont notre plus forte conviction /surpondération régionale car elles affichent le meilleur potentiel de rattrapage : les valorisations relatives sont toujours attractives, la croissance économique se stabilise et la marge d’appréciation du dollar américain est limitée. Toutefois, les incertitudes qui entourent la politique des banques centrales et les conditions moins favorables sur le marché des matières premières par rapport au début de l’année nous conduisent à miser sur l’un de nos pays émergents préférés, à savoir l’Inde.

Les fondamentaux économiques s’améliorent, tant au point de vue structurel que cyclique. Pour la première fois en plus d’une décennie, la balance courante est sur le point de devenir excédentaire, tandis que l’inflation des prix à la consommation est sous contrôle (à 5,1 % en août). La croissance prévisionnelle du PIB indien (7,8 %) demeure la plus élevée au sein du groupe BRIC, tant pour cette année que pour l’année prochaine. Le cycle économique gagne actuellement en dynamisme, comme en témoigne le niveau le plus récent de l’indice composite des directeurs d’achat (54,6).

La résilience de l’économie indienne s’appuie sur le programme national de réformes, qui rend l’Inde moins vulnérable aux influences externes. Contrairement aux précédents remous de l’histoire récente (par exemple, les scénarios catastrophe envisagés en raison du retrait progressif des mesures de la Fed aux États-Unis au deuxième trimestre 2013), l’économie indienne bénéficie (i) de la politique de réforme menée par sa banque centrale, qui vise plus particulièrement les créances douteuses du secteur bancaire et cherche à réparer le mécanisme de transmission de la politique monétaire, et (ii) de l’adoption d’une loi sur la taxation des biens et services (Goods and Services Tax Bill ou GST Bill), qui vise un « marché commun indien ».

Dans le contexte actuel de consolidation des prix des matières premières, les pays qui importent ces dernières, parmi lesquels l’Inde, devraient selon nous rattraper les pays exportateurs. Les actions indiennes ont de toute évidence surperformé l’ensemble des marchés émergents depuis le début du second semestre de cette année,  les facteurs externes (c’est-à-dire la faiblesse du dollar américain et la consolidation des prix des matières premières) ayant moins d’impact sur la performance. Cette dynamique devrait selon nous se maintenir.