En Europe, la croissance attendue du PIB s'élève à 1,6 - 1,7 % environ (voir graphique) ; un chiffre qui, bien que modeste, reste positif. La consommation devrait conserver sa dynamique, mais les sociétés exportatrices devraient connaître un creux en raison de l'appréciation de l'euro en 2015. Les exportations en dehors de l'Europe sont bien plus robustes que celles intra-zone : toute appréciation de la devise a par conséquent un impact significatif. Très clairement, le principal défi de la région consiste à identifier de nouvelles sources de croissance.
Au Royaume-Uni, le choc de confiance suscité par le Brexit pénalise une économie déjà impactée depuis l'annonce du référendum qui s'est tenu fin juin. Le pays attend du gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, et de la BCE qu’ils adoptent une politique souple qui viendrait consolider la confiance des entreprises et des ménages.
Les conséquences globales du Brexit restent encore à définir pour l'économie mondiale, qui montre des signes de stabilisation, voire d'amélioration. Sur une note plus positive, le Royaume-Uni a désormais pour Premier ministre Theresa May, ancienne Secrétaire d'Etat à l’Intérieur durant 6 années qui semble déterminée à faire du Brexit une réussite.
Dans leur quête de rendement, les investisseurs s'intéressent non plus aux actions mais aux obligations
La volatilité actuelle, les incertitudes et les inquiétudes politiques issues du secteur bancaire italien tourmentent les marchés. Les conséquences pour le secteur financier italien restent encore à définir. Dans ces circonstances, les investisseurs – ceux qui privilégient le rendement – cherchent refuge dans des marchés plus résistants tels que les marchés émergents ou obligataires. En effet, le Brexit a engendré un choc local et non mondial. Avec un épicentre au Royaume-Uni, l'Europe est la première région à en subir les éventuelles conséquences. Les marchés émergents, bien que sensibles au contexte mondial, ont fait preuve de résistance. Ils ont par ailleurs bénéficié de la politique de la Fed, qui ne cesse de repousser le relèvement de ses taux d'intérêt et conserve une approche particulièrement accommodante.
Les obligations ont désormais toute notre attention et nous avons renforcé notre exposition à la dette émergente, qu’elle soit libellée en devise locale comme en devise forte.
STRATEGIE ACTIONS RÉGIONALES
Le manque de visibilité implique une approche agile vis-à-vis de nos investissements
Avant le référendum du Brexit, nous avons allégé notre exposition aux actions européennes, et nous sous-pondérons actuellement les actions européennes et britanniques. En outre, si notre exposition aux actions américaines a été renforcée, nous conservons une position neutre. La campagne pour les élections présidentielles pourrait essouffler toute évolution encourageante de l'inflation, de l'emploi et de la consommation.
Nous avons également décidé d'adopter une approche neutre à l'égard des actions émergentes : le dénouement à court terme dépendra de l'évolution du dollar américain, de la date à laquelle la Fed procèdera au relèvement de ses taux et du contexte mondial.
Positionnement toujours neutre pour les actions japonaises
Nous restons neutres vis-à-vis des actions japonaises. Différents scénarios de croissance du PIB sont envisageables selon les déclarations du Premier Ministre Shinzo Abe et de la BoJ. Si l'on considère la contribution de la balance commerciale à la croissance, aux exportations et aux ventes de détail, la croissance devrait être positive au deuxième trimestre mais l'environnement pourrait devenir plus compliqué durant les six derniers mois de l'année. Après une écrasante victoire aux élections le weekend dernier, Shinzo Abe a lancé une nouvelle vague de relance budgétaire. L'objectif est de soutenir le secteur des entreprises, actuellement en peine en raison de la faible demande et de l'appréciation de la devise japonaise. Si l'ampleur du plan de relance n'est pas connue, l'annonce d'une telle mesure a suffi à faire rebondir le NIKKEI de 4 %.
Les économistes commencent à remettre en question l'intérêt du gouvernement Abe pour les dépenses en travaux publics. A long terme, ces dépenses ne règleront pas les problématiques auxquelles est confronté le pays, à savoir une population et une main d'œuvre en baisse.
STRATÉGIE OBLIGATAIRE
Convictions : crédit
En ce qui concerne le crédit, nous apprécions toujours les obligations à haut rendement car elles disposent d'un portage et de valorisations attrayants. Le momentum reste clairement positif. Nous surpondérons également le crédit européen et américain.
Convictions : emprunts d'Etat
Notre allocation obligataire est diversifiée et nous nous tenons éloignés des emprunts d'Etat générant des rendements faibles ou négatifs. Les marchés émergents, que nous surpondérons, nous semblent plus convaincants.
Le « non » des britanniques à l'UE a précipité la quête de rendements. Par conséquent, la dette émergente est la seule classe d'actifs à avoir enregistré d'importantes entrées de flux ces dernières semaines.
Nous conservons une exposition neutre mais suffisamment diversifiée aux obligations du cœur et de la périphérie de l'Europe, aux obligations d'entreprises américaines ainsi qu'aux obligations indexées sur l'inflation. Les seuils de rentabilité intègrent une inflation de l'ordre de 1,5 % pour les années à venir, ce qui semble excessivement prudent.
STRATEGIE MATIERES PREMIERES
Pétrole : stabilisation de l'offre et de la demande
- L'offre et la demande de pétrole se sont stabilisées, permettant ainsi aux cours pétroliers de se consolider. L'évolution des prix du pétrole dépend désormais de la baisse de la production américaine compte tenu du fait que les pays de l'OPEP ne soient pas parvenus à un accord. La baisse de la production pétrolière américaine est engagée. Le nombre de puits de forage commence à augmenter et certains puits ont rouvert.
- L'or s'est envolé durant la première partie de l'année 2016, enregistrant une hausse de 28,8 %. Les prix aurifères ont majoritairement profité de la chute des taux obligataires, de la vive baisse des taux immobiliers américains et de son statut de valeur refuge en période incertaine.

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