...tandis que la zone euro reste sur la bonne voie

L’actualité macro-économique reflète l’atonie de la croissance. Aux États-Unis, le PIB du premier trimestre s’est avéré comme prévu relativement faible (0,5 % seulement en base annuelle par rapport au trimestre précédent). Les craintes de récession se sont dissipées mais la croissance a ralenti. Les indicateurs avancés sont globalement en voie d’amélioration par rapport au début de l’année. L’indice ISM manufacturier est revenu au-dessus de 50 points, le seuil entre expansion et contraction, tandis que son équivalent non manufacturier affiche pour la première fois depuis juillet 2015 deux mois d’amélioration consécutifs.

Les convictions des investisseurs restent faibles, car une confirmation chiffrée reste nécessaire. Le second trimestre pourrait également s’avérer faible avant une amélioration sur la seconde partie de l’année.

En parallèle, la zone euro évolue toujours dans le bon sens. Le PIB estimé du 1er trimestre s’est avéré meilleur que prévu, affichant une croissance de 0,6 %. L’Espagne et la France se distinguent, affichant respectivement +0,8 et +0,5 %. Cette tendance devrait se poursuivre dans les prochains mois. Les indicateurs avancés (PMI) se sont améliorés après leur faiblesse des premiers mois de l’année. Cette amélioration s’étend notamment au-delà de l’Allemagne grâce à une meilleure dynamique économique en Italie et en Espagne. Au Royaume-Uni, le ralentissement de la croissance et la détérioration de l’ensemble des indicateurs avancés reflètent l’incertitude de l’environnement économique dans l’attente du référendum sur l’Union européenne.

Les risques politiques perdurent

Bien que les tensions politiques se soient quelque peu atténuées ces dernières semaines, elles restent un facteur de risque important pour notre scénario de base :

  • La mesure du risque de « Brexit » par les marchés (par ex. CDS, GBP) semble avoir récemment augmenté. En termes de croissance, les entreprises britanniques se sont montrées attentistes au premier semestre, repoussant leurs investissements. Le référendum aura lieu le 23 juin.
  • Le Royaume-Uni n’est pas le seul pays alimentant les risques politiques qui pèsent sur les marchés, ce dont nous tenons compte dans notre allocation. L’Espagne n’a pas réussi à former un gouvernement depuis le vote de décembre dernier, et de nouvelles élections seront organisées le 26 juin.
  • S’y ajoutent les négociations qui piétinent en Grèce. La prochaine échéance de remboursement est le 7 juin (pour un montant de 306 millions d’euros).
  • Aux États-Unis, l’élection présidentielle de novembre opposera probablement Hillary Clinton (Démocrate) à Donald Trump (Républicain).

Les actions restent notre classe d’actifs favorite

Malgré les incertitudes politiques, les actions restent notre classe d’actifs favorite. La conjoncture économique est favorable et s’est améliorée dans toutes les régions. Aux États-Unis, après l’amélioration généralisée des indicateurs macro-économiques depuis mi-février, les derniers chiffres sont plus faibles. En Europe, les surprises économiques, bien que toujours négatives, sont en amélioration.

Les révisions de résultats se sont améliorées et sont devenus positives aux États-Unis pour la première fois depuis septembre 2014, indéniablement aidées par la baisse du dollar. Dans la zone euro, elles restent négatives, mais la saison des résultats du 1er trimestre n’a pas eu d’impact négatif sur le sentiment.

La valorisation des marchés actions (MSCI World) a globalement rebondi et se situe désormais légèrement au-dessus de sa moyenne à long terme (inchangée depuis 1991). En termes relatifs, la résilience des actions américaines a creusé encore plus l’énorme fossé qui existe entre le marché américain (toujours proche de son précédent sommet, tel que mesuré par le PE ajusté en fonction des cycles) et le marché européen (à un niveau de milieu de cycle), qui reste proche de son point le plus bas de ces trois dernières années.

Sur les marchés émergents, les valorisations pourraient finir par converger à la hausse. Les prévisions de croissance des pays en développement semblent plus crédibles, mais les actions comportent une prime de risque supplémentaire. 

STRATÉGIE REGIONALE ACTIONS

Nous privilégions les actions de la zone euro

Nous favorisons les actions de la zone euro par rapport aux États-Unis et au Royaume-Uni. La croissance économique devrait continuer de s’améliorer dans la région, soutenue par les prix encore bas du pétrole, par la relative faiblesse de l’euro, par l’assouplissement des conditions de crédit dans les pays périphériques et par une politique budgétaire plus laxiste. Cette amélioration de la croissance économique et des marges devrait entraîner une amélioration de la croissance des bénéfices. Nous conservons donc une légère surpondération de la zone euro, tempérée par les risques politiques. L’élimination des risques politiques devrait libérer le potentiel des actions de la zone euro.

En parallèle, nous continuons de sous-pondérer les actions britanniques. L’incertitude liée à la peur d’un « Brexit » commence à peser sur le sentiment et le PIB. Les indicateurs de confiance des consommateurs et des entreprises affichent un net recul.

Maintien d’une position neutre sur les actions japonaises

Le soutien de la liquidité est toujours présent à nos yeux, la BoJ continuant d’injecter 80 000 milliards de yens par an et la croissance des bénéfices des entreprises restant positive. Nous restons toutefois vigilants, car la BoJ a récemment déçu les marchés, qui s’attendaient à ce qu’elle élargisse ses mesures de relance, ce qu’elle n’a pas fait. Cette inaction a entraîné une remontée du JPY et une chute des actions

Le yen devrait rester à un niveau élevé jusqu’à la prochaine réunion du G7, prévue fin mai au Japon.
Maintien d’une position neutre sur les actions japonaises

STRATÉGIE OBLIGATAIRE

Diversification au delà des emprunts d’État aux taux faibles ou négatifs

  • Nous favorisons toujours les obligations à haut rendement, qui offrent des valorisations et un portage attrayants. Le momentum s’est récemment ralenti mais reste favorable.
  • Nous sommes positifs envers les obligations indexées sur l’inflation car nous prévoyons une remontée progressive des chiffres de l’inflation des prix à la consommation. 

Diversification au delà des emprunts d’État aux taux faibles ou négatifs

STRATÉGIE MATIÈRES PREMIÈRES

Vers une stabilisation des prix du pétrole

  • Après leur forte hausse du mois d’avril, tous les sous-secteurs importants des matières premières sont en territoire positif sur l’année en cours.
  • Les cours du pétrole ont poursuivi leur remontée en avril, nous amenant à penser que nous nous dirigeons vers une stabilisation. En termes de fondamentaux, nous prévoyons toujours un rééquilibrage du marché pendant l’été, en raison notamment de la chute de la production aux États-Unis. Pendant la période d’ajustement, la volatilité des cours du pétrole devrait rester élevée.
  • L’or a touché son point le plus haut de 2015 mais n’a pas réussi à franchir le seuil des 1300 USD l’once. 

Vers une stabilisation des prix du pétrole