24 MAI

2018

Allocation d'actifs , Thèmes

Le retour du populisme en Italie

Le risque politique de nouveau à l'ordre du jour

Le président italien Mattarella vient d’approuver la nomination de Giuseppe Conte au poste de Premier ministre soutenu par le Mouvement anti-système Cinq Étoiles et la Ligue d'extrême droite, mouvements qui se sont mis d'accord sur un programme irréaliste. Les spreads sont en hausse et confirment l’augmentation du risque politique.

Contexte

Après les élections…

Deux partis politiques se sont distingués au cours de la dernière élection générale début mars en Italie : le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et la Ligue nationale du Nord (LN). Ils ont maintenant convenu d'une coalition et d'un programme politique qui sera dirigé par Giuseppe Conte en tant que premier ministre. Le programme de la coalition semble irréaliste et augmenterait sensiblement le déficit budgétaire de l'Italie. Les principaux points :

  • sous certaines conditions, l’attribution d’un revenu minimum de 780 euros par mois pour les travailleurs qui perdent leur emploi.
  • une réforme du système fiscal, y compris notamment une réduction des taux marginaux d'imposition de 15 % ou 20 % (pour les revenus supérieurs à 80 000 euros);
  • une réforme du système des retraites, compensant une partie des changements précédents.

Ces trois mesures affaibliraient sérieusement l'équilibre budgétaire du gouvernement et la liste n'est pas exhaustive. Dans l'ensemble, les mesures proposées sont d'un coût annuel estimé à plus de 100 milliards d’euros (c.-à-d. 6 % du PIB actuel). L'évolution politique récente a pesé sur les obligations et les actions italiennes.

Le rapport dette/PIB est stable, mais…

Au cours des dernières années, le ratio italien de la dette sur PIB s'est stabilisé. Dans notre scénario de base, nous avions prévu que le ratio de la dette sur PIB devrait diminuer légèrement, mais plus lentement que prévu par le FMI et la Commission européenne. Nous nous attendions à moins de croissance, moins de rigueur budgétaire et un coût de la dette plus élevé que les deux institutions ne l’avaient envisagé.

Même en supposant une mise en œuvre partielle du plan financier proposé, la dette italienne sera de nouveau en nette tendance à la hausse.

Alors que récemment, la Commission européenne a été plutôt indulgente envers les pays qui ne sont pas totalement respectueux de leur engagement budgétaire, cela pourrait changer pour un pays qui sort du rang de façon significative. Les agences de notation du crédit sont aussi sources d’autres risques. Moody's a déjà mis l'Italie sur sa liste de surveillance négative (l'Italie n'est qu'à 2 crans au-dessus de la catégorie dite « spéculative »).

Notre stratégie

L’opinion de Candriam sur les actifs italiens était et reste prudente. Cette prudence a été mise en œuvre dans toutes nos stratégies, c'est pourquoi, nous sommes plutôt à l'aise avec notre positionnement actuel.

Candriam a une évaluation négative des perspectives à long terme de l’Italie en raison de :

  • La faible dynamique de la croissance économique
  • La viabilité de la vulnérable dette publique

Nous prévoyons maintenant une plus grande instabilité sur le marché italien, et pensons que le statut d’Investment grade de la dette italienne sera en mis en danger si bon nombre des mesures annoncées devaient être adoptées.

Au moment de la rédaction de cet article, la visibilité est toutefois limitée : d’abord, même si le nouveau gouvernement vient d’être entériné par le président de la République italienne, le programme convenu doit être mis à exécution. Ensuite, les relations avec l'Union européenne méritent également de l'attention, les parties de la coalition ayant adopté un discours anti-Zone Euro lors de leurs campagnes électorales. Le prochain Conseil européen des 28 et 29 juin 2018 devrait apporter plus de clarté.

Conclusion

Les spreads ont déjà commencé à augmenter et nous croyons que la prime de risque élevée actuelle est susceptible de subsister. Dans ce contexte, nous conserverons une position défensive sur les obligations italiennes.

Les actions italiennes viennent tout juste de commencer à sous-performer l'Eurostoxx50, après un bon début d'année, en tenant compte de la même prime de risque. Nous sommes maintenant prudents à l'égard des actions italiennes, car elles sont très exposées au secteur bancaire, qui possède en portefeuille une grande partie de la dette nationale.

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