Dans nos perspectives semestrielles publiées au mois de janvier, nous annoncions la fin des craintes liées à une tendance déflationniste ; ces dernières se sont en effet depuis apaisées. Nous sommes aujourd'hui à un tournant décisif et identifions des pressions inflationnistes prochainement. La première explication est bien connue et réside dans les effets de base, mais l'amélioration de certains fondamentaux est également à prendre en compte.

Tout d'abord, l'inflation observée s'inscrira en hausse en raison des effets de base, les cours pétroliers ayant atteint leur plus bas niveau depuis janvier. L'IPC pourrait atteindre 3 % aux Etats-Unis et 1,5 % dans la zone euro à la condition que les prix du baril de pétrole parviennent à se stabiliser à 50 dollars (notre scénario). 

Certaines pressions internes et externes peuvent également être identifiées. Aux Etats-Unis, les indicateurs avancées permettant d’anticiper la dynamique des salaires ont révélé des améliorations sur quelques mois. Les revenus des personnes ayant changé de poste s'inscrivent en hausse de près de 4 %, un niveau proche de celui de l'avant-crise. Néanmoins, l’utilisation de la main d’œuvre et la hausse de la population active doivent être améliorés pour observer une hausse globale des salaires. Le recours éventuel à un assouplissement budgétaire, une volonté exprimée par les deux candidats américains, renforcera en outre les pressions. D'un point de vue externe, la Chine vient de cesser d’ « exporter » de la déflation, les prix des producteurs sont à présent positifs et le soutien du gouvernement devrait entrainer une hausse de l'IPC. 

Les anticipations d'inflation de ces deux moteurs ou marchés économiques devraient être relevées de leurs plus bas historiques. La stabilisation à des niveaux plus élevés du dollar américain et des cours du pétrole a permis au sentiment de marché ne se pas se dégrader. Ce dernier devrait à présent s'améliorer dans la mesure où les politiques monétaires et budgétaires sont orientées à cette fin.

Les indices « breakevens d'inflation » commence à se redresser aux Etats-Unis et nous tablons sur une hausse plus prononcée. Depuis peu, les flux de capitaux sont de retour sur cette classe d’actifs et les valorisations deviennent attrayantes. Le moment semble opportun pour investir dans des obligations américaines indexées sur l'inflation, couvertes par des obligations américaines, dans l'objectif d'exploiter la hausse de l'inflation et de ne pas être impactés par les pressions exercées par un relèvement de taux.