À un mois seulement du référendum sur une éventuelle sortie de l’UE, qui se tiendra le 23 juin au Royaume-Uni, les derniers sondages donnent l’avantage au camp du « non-Brexit ». Le scénario privilégié de Candriam se fonde sur un maintien de la Grande-Bretagne au sein de l’Union.

Statut actuel

Si l’on en croit les dernières enquêtes d’opinion, le Royaume-Uni devrait demeurer membre de l’Union européenne. Selon un sondage réalisé par ORB International pour le Daily Telegraph, 55 % des électeurs préféreraient que leur pays reste dans l’UE. La principale crainte des partisans du «non-Brexit» porte sur l’économie, ceux-ci s’efforcent de limiter l’impact du climat actuel d’incertitude politique.

Les derniers chiffres du PIB pour le premier trimestre 2016 font état d’une économie britannique avec une croissance à la baisse, en début d’année, avec un taux de croissance à son plus bas niveau depuis 2013 (0,4% de croissance trimestrielle, 2,1% de croissance annuelle) doublé d’une nette diminution, révélée par de récents sondages, de la confiance des consommateurs et des entreprises.

Le Brexit : quel risque pour le marché ?

À Candriam, nous pensons que le Brexit n’aura pas lieu. Outre que les enquêtes d’opinion laissant présager un maintien du pays dans l’Union, les marchés prennent en compte que le risque est relativement faible.

En effet, à la lumière de l’évolution récente du taux de change entre la livre britannique et l’euro d’une part, et Brexit risk prices by the marketcelle du spread de CDS du Royaume-Uni par rapport à celui de l’Allemagne d’autre part, nous estimons à moins de 20% le risque d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’UE, ainsi que l’illustre le graphique ci-contre.

Autant d’éléments qui expliquent notre surpondération des actions de la zone euro, la dissipation de cette incertitude politique étant susceptible de doper l’attractivité des actions européennes.

Si le maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE demeure notre scénario privilégié, nous avons toutefois évalué les risques potentiels du Brexit sur le marché. Dans le pire des cas, une sortie de la Grande-Bretagne pourrait entraîner une forte correction du marché, analogue à celle qui s’est produite pendant la crise de l’euro, lorsque les actions européennes ont chuté de 20 à 15%. Concernant les obligations, la situation est cette fois-ci différente, puisque la Banque centrale européenne est prête à agir en achetant des obligations périphériques afin d’empêcher un creusement significatif des écarts de rendement et de préserver l’avenir de l’Union européenne.

Par ailleurs, si nous jugeons probable une intervention immédiate, massive et coordonnée de la banque centrale capable de limiter les risques de perte en cas de repli du marché, les négociations entre l’UE et le Royaume-Uni seraient longues et risqueraient de générer une volatilité accrue susceptible de perdurer un certain temps. Dans le cas où les électeurs se prononceraient en faveur du Brexit, le Royaume-Uni disposerait de deux ans pour définir les termes exacts de sa sortie et, même après l’officialisation de cette dernière, plusieurs années seraient nécessaires pour bâtir une nouvelle relation de long terme avec l’Union européenne aux frontières ainsi redessinées.

Nous sommes positionnés pour un maintien du Royaume-Uni dans l’UE

Le maintien de la Grande-Bretagne au sein de l’UE constitue notre scénario de référence. En conséquence, nos fonds et mandats d’allocation d’actifs sont positionnés conformément à ce scénario. Les retours escomptés sur les actifs risqués, tels que les actions, les titres à haut rendement et les titres échangés sur les marchés émergents, sont attractifs.

  • Nous préférons maintenir une légère surpondération sur les actions et une diversification des risques sur les marchés à rendement élevé ainsi que sur les marchés émergents (actions comme obligations).
  • D’un point de vue régional, nous avons réduit notre conviction sur les actions de la zone euro depuis le début de l’année, avec l’accentuation des risques politiques, à l’instar notamment du Brexit.
  • De ce fait, nous maintenons une surpondération sur les actions de la zone euro, tout en souspondérant légèrement celles du Royaume-Uni. Selon notre scénario de référence, la Grande-Bretagne restera membre de l’UE, et la levée de l’incertitude liée à cette question est susceptible de renforcer l’attractivité des actions européennes.

Néanmoins, nous demeurons pour l’heure prudents, dans la mesure où plusieurs sondages récents révèlent un appétit pour le risque moins prononcé que de coutume. Prévue le 23 juin, la tenue au Royaume-Uni d’un référendum sur l’opportunité de maintenir ce pays dans l’UE nous a d’ores et déjà incités à être prudents ces derniers mois. Par conséquent, notre légère surpondération des actifs risqués est couplée à une couverture du risque extrême.