À retenir

  • La croissance mondiale s’harmonise peu à peu. Les indicateurs économiques sont clairement à la hausse, à l’exception du Royaume-Uni.
  • Les mesures de relance des Banques centrales demeurent soutenues, à l’exception des États-Unis, où la Fed devrait poursuivre le durcissement de sa politique monétaire.
  • Nous maintenons notre positionnement prudent sur les actions britanniques et nous renforçons notre position courte sur la livre sterling contre l’euro car nous croyonsque l’impact négatif de la sortie du Royaume Uni de l’Union européennen’est pas encore pleinement intégré dansle taux de change, après la hausse récente de la livre.
  • Nous surpondérons les actions aux États-Unis, dans la zone euro et au Japon. Nous sommes neutres sur les marchés émergents :  l’élection de Donald Trump et la perspective d’un positionnement plus intransigeant de la Réserve fédérale ont provoqué des sorties de capitaux substantielles dans les pays émergents.

STRATÉGIE MULTI-ACTIFS

Une croissance américaine plus solide

L’activité économique reste bien orientée, avec une croissance prévisionnelle du PIB de 2,2 % au quatrième trimestre et un maintien de l’expansion des indicateurs de l’activité économique. Par ailleurs, les conditions sur le marché du travail continuent de s’améliorer et les salaires devraient continuer leur ascension à un rythme plus soutenu, ce qui devrait permettre d’appuyer la consommation dans une économie proche du plein emploi. Face à ces indicateurs rassurants, les marchés ont intégré un relèvement des taux par la Fed en décembre, ainsi que deux en 2017 et deux autres en 2018. De plus l’élection de Donald Trump devrait accroître le potentiel de réflation aux États-Unis, à travers des mesures de relance budgétaire, des réductions d’impôt et un assouplissement des réglementations. Nous avons donc revu nos prévisions à la hausse pour le PIB américain, à 2,3 % en 2017 et 3,3 % en 2018.

Zone euro : un sentiment économique positif malgré les incertitudes

Depuis novembre, l’incertitude politico-économique en Europe ne cesse d’augmenter , en particulier au Royaume-Uni. Néanmoins,l’activité économique maintient le cap, grâce à un euro plus faible et àl’amélioration des conditions sur le marché du travail. En outre, la politique monétaire accommodante continue de favoriser des conditions de crédit plus favorables, tant pour les entreprises que pour les ménages. Les risques politiques seront néanmoins nombreux en 2017, avec des élections prévues aux Pays-Bas, en France et en Allemagne, et le lancement des négociations relatives à la sortie britannique.

Dans ce contexte, nous maintenons nos prévisions pour le PIB de la zone euro, qui devrait frôler 1,5 % en 2016 et 2017.

Des politiques monétaires divergentes

La différence de politique monétaire attendue entre les États-Unis et le reste du monde devrait vraisemblablement se creuser durant les prochains mois. Le cycle de durcissement de la Réserve fédérale se poursuit, tandis que les politiques monétaires menées au Japon, dans la zone euro et au Royaume-Uni restent particulièrement accommodantes.

  • La Fed devrait annoncer un second relèvement des taux à hauteur de 25 pb lors de sa réunion du 14 décembre et les marchés prévoient également deux relèvements de taux en 2017 ainsi que deux autres en 2018.
  • La Banque d’Angleterre maintient son soutien.
  • La Banque du Japon innove en ciblant la courbe des rendements à travers l’achat illimité d’obligations.
  • La BCE va prolonger son programme d’achat d’actifs au-delà de mars 2017 pour une durée de neuf mois, jusqu’à fin décembre 2017. Toutefois, les achats d’actifs seront réduits de 80 à 60 milliards d’euros à partir d’avril.

Le Japon devrait bénéficier du changement de régime aux États-Unis

Le pays bénéficie actuellement d’un réalignement de ses mesures de relance: sa politique budgétaire accommodante est à présent en accord avec sa politique monétaire.

  • Les mesures de relance prises aux États-Unis ont été payantes et les efforts similaires fournis par leJapon devraient donc avoir le même effet.
  • Les indicateurs de l’inflation montrent les premiers signes d’un rebond qui pourrait à présent être soutenu par la reprise des prix du pétrole brut, l’affaiblissement du yen et un regain de croissance des salaires.
  • Les actions japonaises offrent une couverture contre un dollar plus fort.
  • Bien qu’en termes relatifs, les actions japonaises n’aient jamais été aussi rentables, cette évolution ne se reflète pas encore dans les valorisations relatives.
  • La Banque du Japon devrait cependant être confrontée à de légèrespressionsdans sa poursuite de l’abaissement des taux à cause de la faiblesse du yen et de la hausse des rendements mondiaux.

Gestion multi-actifs : légère surpondération des actions

Au cours du mois écoulé, le positionnement des investisseurs a clairement basculé des obligations (principalement américaines) vers les actions. En termes d’allocation d’actifs, le risque semble être passé des actions aux obligations, alors que la perspective d’une récession américaine en 2017 est à présent beaucoup moins probable. Ainsi, nous croyons que les actions peuvent encore surperformer. Nous restons néanmoins prudents en raison du contexte d’incertitude politique et nous avons donc maintenu une légère surpondération des actions.

STRATÉGIE ACTIONS PAR RÉGION

Positifs sur les actions américaines et japonaises

Nous prévoyons une croissance plus forte et une augmentation des résultats des entreprises compte tenu des politiques de relance attendues aux Etats-Unis et de la consolidation des prix pétroliers. Par ailleurs, les États-Unis tendent à surperformer en période d’incertitude sur les marchés. Comme expliqué plus haut, les actions japonaises bénéficient actuellement de l’affaiblissement du yen, de politiques économiques et fiscales favorables et de valorisations relativement attractives.

Légère surpondération des actions de la zone euro et négatifs sur le Royaume-Uni

Nous croyons toujours en une éventuelle correction des actions de la zone euro, grâce à des valorisations attractives,  la croissance des bénéfices des entreprises et au sentiment positif des investisseurs malgré l’incertitude politique. Nous restons néanmoins négatifs sur les actions britanniques.

  • Le gouvernement du Royaume-Uni a reconnu le lourd impact négatif de la sortie de l’Union Européenne sur les recettes de l’État. De plus, la détérioration des indicateurs macroéconomiques du pays devrait pénaliser le FTSE 250, qui est fortement exposé au marché national. En particulier, nous évitons les petites et moyennes capitalisations orientées sur ce dernier.
  • Les valorisations relatives sont assez onéreuses, puisque les résultats ont chuté ces dernières années.
  • La croissance des résultats des entreprises devrait bénéficier de l’affaiblissement de la livre sterling et des prix des matières premières plus stables.    

En termes de performance, les actions européennes accusent du retard par rapport aux actions américaines dans l’assimilation de l’actualité écononomique.

Neutres sur les marchés émergents

Malgré leur attractivité, les marchés émergents représentent actuellement notre plus faible conviction. La dynamique économique s’améliore, les profits des entreprises devraient augmenter et les valorisations sont attrayantes mais les potentielles mesures protectionnistes attendues aux Etats-Unisrisquent de nuire à la performance relative de la région. A cela s’ajoutela solidité du dollar qui constitue également un inconvénient.

Au sein de cette région, l’Inde reste notre premier choix pour les raisons suivantes :

  • Les fondamentaux s’améliorent, avec une croissance prévisionnelle du PIB de 7,8 % pour cette année et la suivante, et l’inflation est sous contrôle.
  • La balance courante s’améliore, ce qui rend l’Inde moins vulnérable aux influences externes – un élément crucial depuis l’élection de Donald Trump, compte tenu  de ses éventuelles mesures protectionnistes.
  • L’agenda national est positif à long terme, bien que le pays soit actuellement pénalisé par le retrait de ses billets de grande valeur.

STRATÉGIE SUR LES PRODUITS DE TAUX

Large diversification en dehors des  obligations à faible rendement

  • Après la victoire de Donald Trump, nous avons maintenu notre forte conviction en la hausse à long terme des rendements obligataires américains. Nous continuons par conséquent à privilégier une position courte sur les bons du Trésor américain ainsi qu’une duration courte.
  • Nous conservons une légère surpondération du haut rendement. Bien que le resserrement marqué des spreads ait réduit le potentiel, le portage reste attractif.
  • Nous avons réduit de moitié notre exposition à la dette émergente au cours du mois écoulé, tant en devises locales qu’en devises fortes. Suite à l’élection de Donald Trump, les mesures de relance aux Etats-Unis pourraient potentiellement conduire à une mauvaise allocation des ressources, à des chocs de taux d’intérêt et à des mesures protectionnistes. Par conséquent, nous sommes plus prudents sur cette classe d’actifs.
  • Nous restons positifs sur les obligations indexées sur l’inflation. Nous n une augmentation de l’inflation réelle et prévisionnelle, en particulier depuis l’élection de Donald Trump, en raison de l’assouplissement budgétaire américain, de la hausse des salaires, d’éventuelles mesures protectionnistes et du recul des pressions déflationnistes en Chine. En outre, les effets de base des prix pétroliers continueront d’influencer la hausse de l’inflation réelle au deuxième trimestre 2017.

STRATÉGIE MATIÈRES PREMIÈRES

Le rééquilibrage des marchés pétroliers se poursuit. Lors de sa réunion du 30 novembre, l’OPEP a adopté son premier accord de réduction de la production depuis huit ans. La production va être réduite de 1,2 millions de barils par jour (soit 32,5 millions de barils produits par jour) à partir de janvier. Cet accord doit être réexaminé lors de la prochaine réunion prévue le 25 mai 2017. Cependant, certaines questions demeurent, puisque cet accord est conditionné par une réduction de production de 600 000 barils par jour de la part des pays producteurs non membres de l’OPEP. Une réunion était prévue les 9 et 10 décembre avec ces derniers en vue de finaliser l’accord. Par ailleurs, la production pétrolière américaine devrait vraisemblablement augmenter si l’administration Trump adopte des mesures favorables au forage et à la déréglementation, comme nous pouvons nous y attendre.

La hausse des rendements américains et la chute des des ETFs investissant dans l’or devraient entrainer davantage le prix de l’or à la baisse.

En outre, les métaux industriels devraient bénéficier des dépenses d’infrastructures prévues aux États-Unis.