SYNTHESE
- Alors que l’économie mondiale affiche toujours un rythme de croissance modéré, les bilans des principales banques centrales continuent d’apporter leur appui.
- L’élection de Donald Trump a accru l’incertitude des marchés. Suite à l’élection présidentielle, nous surveillerons les indications relatives à la composition de la future équipe de la MaisonBlanche et du Cabinet.
- Nous appuyant sur notre conviction croissante d’une hausse des taux obligataires américains à long terme, nous avons décidé d’accroître notre duration courte sur les bons du Trésor américains.
- Nous avons réduit notre exposition aux marchés émergents avant et après l’élection de Donald Trump comme 45ème président des États-Unis.

STRATÉGIE MULTI-ACTIFS
Etats-Unis : la croissance devrait se poursuivre
Après un premier semestre atone, le PIB a rebondi à un taux annuel de 2,9 % au 3ème trimestre, et les indices ISM continuent de faire ressortir une croissance proche de 2 % pour le reste de l’année. La situation du marché de l’emploi continue de s’améliorer, avec une accélération progressive de la hausse des salaires vers 3 %. Ces récentes évolutions justifient un relèvement progressif des taux de la Fed et dans ce contexte, nous continuons de penser que la Réserve fédérale relèvera ses taux d’intérêt de 25 pb en décembre.
Le résultat des élections américaines a par ailleurs constitué une surprise. S’il est encore trop tôt pour revoir notre scénario, la plateforme de Trump laisse présager une croissance légèrement plus rapide à court terme (mais pas avant fin 2017) et des taux d’intérêt plus élevés … à moins que le contexte d’aversion au risque perdure.
Zone euro : une dynamique économique positive
A ce jour, rien n’indique que la reprise soit remise en cause par l’incertitude liée au Brexit. Les indices PMI composites se sont même renforcés en octobre. En parallèle la politique monétaire accommodante continue d’assouplir les conditions de crédit tant pour les entreprises que pour les ménages. Il existe toutefois de multiples sources d’incertitude politique :
- référendum constitutionnel en Italie le 4 décembre ;
- élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne en 2017 ;
- début des négociations du Brexit.
Globalement, nous pensons que la croissance du PIB devrait se situer aux alentours de 1,5 % en 2016 et 2017. L’incertitude liée au Brexit pourrait toutefois refaire surface lorsque les négociations commenceront pour de bon, et la route à venir est pavée de risques politiques.
Marchés émergents : la croissance toujours en bonne voie
La dynamique économique des marchés émergents continue de s’améliorer. Les PMI manufacturiers sont désormais en hausse dans toutes les régions émergentes. Celui du Brésil reste ancré en-dessous de 50, le seuil séparant la croissance de la récession, mais s’est nettement amélioré, tandis que celui de la Russie est passé au-dessus de 50. Les prévisions de croissance sont de nouveau positives pour ces deux marchés émergents dépendants des matières premières. L’Inde est particulièrement attrayante au sein des pays BRIC, avec des prévisions de croissance du PIB proches de 8 dans un contexte d’inflation maîtrisée des prix à la consommation, ce qui a fait remonter les révisions de prévision du consensus.
Les politiques expansionnistes des banques centrales restent en place
Alors que l’économie mondiale affiche toujours un rythme de croissance modéré, les bilans des principales banques centrales ont augmenté de plus de 30 % sur les douze derniers mois et continuent de soutenir les actifs risqués :
- les marchés anticipent désormais une hausse de la Fed d’ici la fin de l’année ;
- la Banque d’Angleterre reste conciliante. Elle tient compte toutefois du risque d’inflation et a maintenant évoqué une relance budgétaire ;
- la Banque du Japon innove en ciblant la courbe des taux, alors que la BCE devrait clarifier ses intentions lors de la réunion du conseil des gouverneurs de décembre.
La victoire surprise de Trump
Comme cela était le cas pour le Brexit, les élections américaines ont abouti au résultat que les marchés et de nombreux observateurs politiques jugeaient le moins probable : l’élection de Donald Trump à la présidence. Avec un Congrès toujours contrôlé par les républicains, les États-Unis ont désormais un gouvernement de la même couleur politique.
Donald Trump a clairement gagné en crédibilité, notamment après son discours d’acceptation. Le fait qu’il ait gagné malgré le soutien réticent de nombreux leaders de son parti pourrait conduire à un changement d’attitude du parti républicain : dorénavant, les propositions du président élu pourraient bénéficier d’un soutien plus important que prévu de la part du Congrès.
Cela dit, il reste encore beaucoup d’incertitude quant aux implications précises d’une présidence Trump pour l’économie américaine et pour les marchés. Il faudra des semaines, et peut-être des mois, pour que cette incertitude se dissipe. En attendant, les marchés essaieront de deviner si Trump restera le populiste de la campagne ou deviendra un politicien plus pragmatique et réaliste.
Certaines indications pourraient être données dans les prochains jours, lorsque nous en saurons plus sur la composition de la future équipe de la Maison Blanche et également, bien entendu, de celle de son cabinet.
Multi-actifs : neutre/légèrement surpondéré sur les actions
En raison des différents événements politiques du moment (Brexit, résultat des élections présidentielles américaines, référendum constitutionnel en Italie), le risque économique à moyen et long terme a augmenté. L’actualité macro-économique reste cependant bien orientée pour le moment, les banques centrales conservant une attitude conciliante et apportant une importante liquidité aux marchés. Nous avons maintenant une position plus favorable aux actions par rapport aux obligations à moyen terme, tout en restant prudents à court terme en raison du contexte politique incertain.
STRATÉGIE ACTIONS PAR RÉGION
Avis positif sur les actions américaines
La croissance économique s’accélère aux Etats-Unis, laissant présager une amélioration de la croissance des bénéfices sur les prochains mois, qui devrait s’avérer positive pour l’année en cours. Nous sommes à la fin de la récession des résultats d’entreprise et les révisions sont maintenant positives. La dernière baisse du marché ne s’est pas accompagnée de révisions à la baisse des bénéfices, ce qui a fait baisser le ratio cours/bénéfices, et nous prévoyons désormais une légère augmentation des coefficients de capitalisation. Les Etats-Unis ont également tendance à surperformer dans les périodes d’incertitude sur les marchés.
Légère surpondération des actions de la zone euro et sous-pondération du Royaume-Uni
Motivés par une valorisation attrayante, par des bénéfices en hausse et par le sentiment positif des investisseurs – malgré l’incertitude politique – nous croyons toujours à une possible appréciation des actions de la zone euro. Nous restons toutefois négatifs sur les actions britanniques :
- la performance du marché britannique dépendra en grande partie d’une éventuelle dépréciation de la livre ;
- la valorisation relative reste chère car les bénéfices ont diminué ces dernières années ;
- la croissance des bénéfices devrait bénéficier de l’affaiblissement de la livre britannique et de la stabilisation des prix des matières premières. En conséquence, les révisions de résultats d’entreprise sont désormais nettement positives, reflétant l’impact positif du cours de change.
La mise en œuvre du Brexit reste un risque important, sachant notamment que le parlement britannique doit désormais donner son aval avant que le processus puisse commencer.
Les marchés émergents restent attrayants, mais…
Les marchés émergents restent attrayants pour les raisons suivantes :
- valorisation relative très attrayante par rapport aux autres marchés ;
- croissance économique en voie de stabilisation ;
- remontée des prix des matières premières ;
- rendement prévisionnel : les marchés émergents offrent les meilleures perspectives de rendement à moyen terme, grâce à une meilleure croissance que prévue;
- facteurs techniques favorables.
Nous avons toutefois réduit notre surpondération sur ces marchés, avant et après l’élection présidentielle américaine, afin de protéger notre portefeuille de l’élection de Donald Trump et de ses éventuelles mesures protectionnistes. 
STRATÉGIE OBLIGATAIRE
Large diversification en dehors des segments à faible rendement
À la suite du référendum sur le Brexit, les rendements obligataires ont touché le creux de la vague pendant l’été. Après la victoire de Donald Trump, nous sommes d’autant plus convaincus de la hausse des rendements obligataires américains à long terme. Nous avons donc décidé de réduire encore plus notre duration sur les bons du Trésor américain.
- Nous avons également décidé de prendre des bénéfices sur notre exposition au crédit américain investment grade tout en réduisant notre exposition au crédit européen IG.
- Nous avons une position modérément positive sur le haut rendement. L’important resserrement des spreads pendant l’été a réduit le potentiel d’appréciation, mais le portage reste intéressant.
- Nous restons positifs sur la dette émergente, tant en devise locale qu’en devise forte, mais avons légèrement réduit notre exposition dans la perspective d’une victoire de Trump.
- Nous sommes positifs sur les obligations indexées sur l’inflation, anticipant une augmentation des chiffres d’inflation publiés en début d’année. L’effet de base des prix du pétrole est le principal facteur, mais les salaires sont également en hausse. L’IPC publié pour les États-Unis pourrait s’afficher au-dessus de 2 % en début d’année pour la première fois depuis mi-2014 et atteindre des niveaux proches de 3 % au 1er trimestre 2017. L’IPC de la zone euro pourrait se rapprocher de 1 % au début de l’année prochaine, un niveau que la région n’a pas atteint depuis fin 2013

STRATÉGIE MATIÈRES PREMIÈRES
Le pétrole toujours sur le devant de la scène
Les membres de l’OPEP se sont déjà mis d’accord le mois dernier sur une réduction de la production à 32,5 - 33 millions de barils par jour (mb/j).
Cet accord, qui doit être officiellement confirmé lors de la réunion du 30 novembre, pourrait conduire à un équilibre de l’offre et de la demande d’ici mi-2017. Sachant que la production américaine a cessé de diminuer et devrait rester stable, sur la base des dernières prévisions de l’EIA, le gel de l’OPEP pourrait permettre à la demande croissante de se rapprocher plus rapidement de l’offre mondiale.
Venant atténuer la tentation de vendre, cet accord devrait soutenir les cours du pétrole, qui devraient donc se stabiliser aux alentours 50 USD le baril.
Des risques persistent toutefois concernant l’application effective de l’accord, les membres de l’OPEP ayant malgré tout augmenté leur production en octobre alors qu’ils convenaient de la geler. La production américaine devrait en outre augmenter si l’administration Trump intervient en faveur des forages, comme on peut s’y attendre. 
Stratégies d’investissement mensuelles
En savoir plusNOTRE EXPERTISE Allocation d'actifs
La performance des différentes classes d’actifs varie largement au fil du temps et des études ont démontré que les décisions d’allocation d’actifs génèrent habituellement la plus grande part de la performance d’un portefeuille.