Synthèse

  • La croissance mondiale s'harmonise. Les indicateurs économiques restent orientés à la hausse, à l'exception du Royaume-Uni.
  • Les mesures de relance des Banques centrales demeurent soutenues, hormis aux États-Unis. Les marchés ont intégré dans leurs cours deux hausses des taux américains en 2017, et deux supplémentaires en 2018, ce qui reste malgré tout en dessous des projections de la Réserve fédérale.
  • Convaincus que les retombées négatives du Brexit ne se reflètent pas encore totalement dans les cours, nous conservons notre positionnement prudent sur les actions britanniques ainsi qu'une position courte sur la livre sterling face à l'euro.
  • Nous conservons notre surpondération aux actions américaines, japonaises et de zone euro. Nous avons récemment augmenté notre positionnement envers les marchés émergents. Le dollar restant globallement stable et la région semble moins vulnerable qu’après les elections américaines. De plus une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine semble improbable pour le moment.

STRATÉGIE MULTI-ACTIFS

La croissance mondiale s'harmonise

États-Unis : accélération de l'activité malgré des perspectives peu claires

Soutenus par une solide consommation et moins pénalisés par les dépenses des entreprises, les indicateurs économiques, restent orientés à la hausse, et à cela s’ajoute une croissance du PIB estimée à 1.9% au quatrième trimestre. La confiance des consommateurs demeure particulièrement élevée et le marché du travail poursuit son redressement malgré le récent ralentissement du salaire horaire moyen. Néanmoins, avec une économie proche du plein emploi, les salaires devraient à un moment ou un autre augmenter et soutenir la montée de l'inflation. Compte tenu de la croissance modérée des salaires, la Fed ne semble pas pressée de relever ses taux et ajustera le rythme de son resserrement monétaireen fonction de l’évolution des conditions financières et de l’intensité du plan fiscal.. La réforme fiscale des entreprises, promise par Donald Trump, pourrait prendre plus de temps que prévu, la résolution du budget devant tout d'abord être validée par la Chambre des représentants, le Sénat et le Bureau de la gestion et du budget. Par conséquent, dans l'hypothèse d'un rythme modéré des prochains plans de relance, nos prévisions du PIB pour les États-Unis s'élèvent désormais à 2,4 % en 2017 et à 2,6 % en 2018.

Zone euro : robuste malgré les incertitudes politiques

Les récentes enquêtes indiquent une accélération de l’activité, notamment grâce à l'amélioration continue du sentiment économique et des indices PMI. La confiance des entreprises reste élevée, malgré le recul de l'indice IFO allemand au mois de janvier. Parallèlement, la consommation , devrait rester bien orientée, soutenue par la reprise du marché de l'emploi. La hausse des prix pétroliers devrait en outre hisser l'inflation à 1,5 % en moyenne en 2017. L'inflation sous-jacente reste quant à elle modérée. Les exportations devraient continuer à progresser à un rythme modéré grâce à un euro plus faible. La BCE devrait rester accommodante, compte tenu de la persistance des risques politiques et de la hausse des rendements obligataires.

Dans ce contexte, nous avons revu à la hausse nos prévisions pour le PIB de la zone euro, à 1,6 % en 2017 et 2018.

Les politiques des banques centrales divergent

La différence de politique monétaire entre les États-Unis et le reste du monde devrait vraisemblablement se creuser durant les prochains mois. Le cycle de durcissement de la Réserve fédérale se poursuit, tandis que les politiques monétaires menées au Japon, dans la zone euro et, dans une moindre mesure, au Royaume-Uni restent particulièrement accommodantes.

  • La Fed a relevé de 25 pb ses taux directeurs en décembre et prévoit trois nouvelles hausses cette année. En outre, le réinvestissement des obligations arrivant à échéance devrait être remis en question ces prochains trimestres, Janet Yellen a d’ailleurs commencé à aborder le sujet.
  • La Banque d'Angleterre reste accommodante.
  • Le 31 janvier dernier, la Banque du Japon a revu à la hausse ses prévisions du PIB, sans toutefois changer son plan de relance, maintenant les rendements des emprunts d'État japonais à 10 ans à environ zéro.
  • La BCE prolongera de neuf mois son programme d’achat d’actifs au-delà de mars 2017, soit jusqu’à fin décembre 2017. Dès le mois d’avril, la Banque réduira toutefois le montant de ses achats mensuels, de 80 à 60 milliards d’euros.

Réforme fiscale des entreprises aux États-Unis : quels sont les enjeux ?

La réforme fiscale des entreprises est placée au cœur des priorités de la nouvelle administration américaine.. Ce plan inclurait :

  • une réduction de l'impôt fédéral, qui passerait de 35 % à 20 % ;
  • la possibilité pour les entreprises d'amortir leurs dépenses d'investissement en une année plutôt que plusieurs, sans toutefois pouvoir déduire les frais d'intérêt. Néanmoins, la question de la déductibilité des intérêts reste en suspens pour les banques ;
  • l'introduction d'un ajustement fiscal à la frontière : pour chaque société, seules les ventes et dépenses domestiques seront prises en compte dans le calcul de la base d'imposition. À moins que le dollar ne s'apprécie significativement, cette mesure serait favorable aux exportateurs et préjudiciable pour les importateurs. Les potentiels gagnants seraient les entreprises qui produisent dans des entrepôts locaux et dont une part significative des coûts vient des États-Unis.

Les partisans du plan anticipent une hausse du dollar, ce qui pénaliserait les pays endettés en dollar et déstabiliserait certaines économies émergentes. En outre, la réforme fiscale pourrait être perçue par les autres pays et l'Organisation mondiale du commerce comme un acte protectionniste qui porterait atteinte aux obligations du Traité américain.

Multi-actifs : surpondération des actions

Le contexte mondial reste favorable aux actions. Malgré leur légère hausse dans la zone euro, les indicateurs d’aversion au risque restent faibles et soutiennent la performance des marchés actions. L'enquête BofA Merril Lynch Fund Manager révèle que les actions ont atteint un plus haut de 13 mois, tandis que l'allocation aux titres obligataires a chuté à un plus bas de 13 mois.

En termes d'allocation d'actifs, le risque semble s'être déplacé des actions vers lesobligations, la perspective d'une récession aux États-Unis au cours des douze prochains mois ayant vivement diminué. Les actions disposent par ailleurs de valorisations relatives intéressantes par rapport aux obligations, et leur rendement attendu devrait augmenter grâce aux bons résultats du quatrième trimestre publiés jusqu'à présent. Parallèlement, nous continuons de surveiller les principaux risques politiques susceptibles de générer des incertitudes et de la volatilité sur les marchés des actions.

STRATEGIE ACTIONS RÉGIONALES

Positifs sur les actions américaines et japonaises

  • Notre positionnement est toujours positif à l'égard des actions américaines. Nous nous attendons à une plus forte croissance et à une augmentation des bénéfices des entreprises, notamment grâce au plan de réforme fiscale du président Donald Trump. Les bénéfices ont clairement repris le chemin de la croissance et devraient atteindre des performances à deux chiffres. Les valorisations demeurent élevées, et la croissance des bénéfices est essentielle à la performance du marché boursier américain. Nous restons positifs vis-à-vis du Japon. Le pays bénéficie de meilleurs indicateurs économiques, d'une politique intérieure favorable, et de valorisations relativement attractives. Le yen japonais a cessé de se déprécier face au dollar américain, mais reste attractif aux niveaux actuels. La corrélation entre le Nikkei et le yen demeure particulièrement élevée car la dépréciation de la monnaie nippone est synonyme de révisions à la hausse des bénéfices.

Légère surpondération des actions de la zone euro et négatifs sur le Royaume-Uni

Nous croyons toujours en une éventuelle réévaluation des actions de la zone euro grâce à leurs valorisations attractives, à l'amélioration des bénéfices des entreprises et au sentiment positif des investisseurs, bien qu’ils soient moins optimistes que le mois précédent.

  • Incertitudes politiques :le recul des incertitudes vers le niveau médian européen de 2011 devrait accentuer la surperformance de la zone euro ;
  • Dynamique économique : malgré leur récente baisse, les surprises économiques restent élevées ;
  • Croissance des bénéfices : les révisions des bénéfices s'améliorent et profitent d'une plus forte demande locale et extérieure.

Néanmoins, les incertitudes pourraient refaire surface dès le début des négociations sur le Brexit, et de nombreux risques politiques sont à prévoir. Ce contexte justifie notre légère surpondération des actions de la zone euro et notre positionnement négatif sur les actions britanniques :

  • le gouvernement britannique a en effet reconnu le lourd impact négatif du Brexit sur les recettes de l’État. En outre, la détérioration des indicateurs macroéconomiques dans le pays devrait pénaliser le FTSE 250, qui est fortement exposé au marché national. Nous évitons en particulier les petites et moyennes capitalisations orientées sur ce dernier.
  • Les valorisations relatives ne sont plus tellement intéressantes depuis la chute des bénéfices de ces dernières années.

Par rapport aux États-Unis, les actions européennes continuent de regagner du terrain.

A nouveau positif envers les marchés émergents

Nous avons récemment augmenté notre positionnement envers les marchés émergents. Le dollar restant globallement stable et la région semble moins vulnerable qu’après les elections américaines. De plus une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine semble improbable pour le moment.

Parallèlement, l'Inde reste notre premier choix pour les raisons suivantes :

  • Ses fondamentaux s'améliorent, avec une croissance attendue du PIB à 7,1 % en 2017 et un recul de l'inflation;
  • La balance courante s’améliore, ce qui rend l’Inde moins vulnérable aux influences externes – un élément crucial depuis l’élection de Donald Trump, compte tenu de ses éventuelles mesures protectionnistes ;
  • Le calendrier national des réformes est positif à long terme, malgré la situation actuelle difficile due au retrait des billets de grande valeur.

STRATEGIE FIXED INCOME

Diversification en dehors des obligations à faible rendement

  • Depuis la victoire de Donald Trump, nous avons maintenu notre forte conviction d’une hausse à long terme des rendements obligataires américains. Nous avons renforcé une nouvelle fois notre sous-pondération en duration. Nous continuons de privilégier une position courte sur les bons du Trésor américain.
  • Nous conservons notre légère surpondération des obligations à haut rendement. Le vif resserrement des spreads limite le potentiel, mais le portage reste attractif.
  • Nous continuons de surpondérer légèrement la dette émergente libellée en devise locale comme en devise forte. Les spreads de la dette émergente ont atteint l'objectif que nous avions fixé, mais ils restent tout de même attractifs par rapport aux bons du Trésor américain. Nous restons néanmoins prudents dans la mesure où un dollar fort et une hausse des rendements américains impliqueraient des pressions à la baisse sur les devises.
  • Nous restons positifs à l'égard des obligations indexées sur l'inflation.
    • Nous nous attendons à une augmentation de l’inflation réelle et prévisionnelle en raison d'une hausse durable imputable à l’assouplissement budgétaire américain, à la hausse des salaires, ainsi qu'au recul des pressions déflationnistes en Chine.
    • En outre, les effets de base liés aux prix du pétrole représentent le principal moteur de la hausse de l’inflation au premier trimestre 2017.

STRATEGIE MATIERES PREMIERES

Les matières premières ont continué d’évoluer en Janvier, soutenues par la poursuite du rebond des matériaux; en ligne avec l’expansion cyclique mondiale. Les prix du cuivre ont bondi durant le mois grâce à la hausse de l'inflation en Chine. Le cours du baril de Brent a est resté stable à environ 55 dollars, les membres des pays de l'OPEP ayant réduit leurs niveaux de production afin d’atteindre l’objectif fixé (32,5 mbj). Néanmoins, les puits de pétrole américains sont entrain de rouvrir, ce qui entrainerait une hausse de la production et pourrait peser sur les cours pétroliers. En outre, la panoplie de mesures annoncées par Donald Trump sur les questions énergétiques, telles que celles de « Dakota Access Pipeline », pourrait également affecter les cours du pétrole.

En janvier, l'or s'est apprécié, profitant du repli du dollar américain, et de la stabilité des taux d’intérêt.