Synthèse
- La croissance mondiale s'harmonise davantage. Les indicateurs économiques sont à la hausse, à l'exception du Royaume-Uni.
- Les mesures de relance des Banques centrales demeurent soutenues, hormis aux États-Unis. La Fed affiche un bilan stable et projette trois hausses de taux cette année.
- Nous demeurons prudents sur les actions britanniques et conservons notre position vendeuse sur la livre sterling contre l’euro car nous pensons que l’impact négatif du Brexit n’est pas encore pleinement intégré dans le taux de change, après la hausse de la livre en fin d'année.
- Nous maintenons notre surpondération des actions américaines, japonaises et de la zone euro.
- Nous conservons notre positionnement neutre sur les marchés émergents : malgré leurs valorisations attrayantes, le potentiel de hausse est limité en raison de la vigueur du dollar, de la tendance haussière des taux d'intérêt ainsi que des éventuelles mesures protectionnistes.

STRATÉGIE MULTI-ACTIFS
La croissance mondiale s'harmonise
États-Unis : accélération de l'activité
Les indicateurs de l’activité économique montrent des signes d'expansion, avec une croissance du PIB revue à la hausse au troisième trimestre (3,5 %). Les États-Unis se rapprochent du plein emploi et les salaires poursuivent leur ascension. À l'issue de sa réunion le 14 décembre dernier, la Fed a relevé de 25 pb ses taux directeurs, et pris de court les marchés en annonçant un positionnement moins conciliant avec trois hausses de taux supplémentaires prévues cette année. Néanmoins, le récent durcissement des conditions financières pourrait inciter la Réserve fédérale à attendre plus de précision sur les politiques économiques de Donald Trump avant de procéder à toute augmentation de taux. Le programme de relance budgétaire du nouveau Président américain nous semble favorable à une reprise de la croissance, néanmoins, nous reconnaissons que des incertitudes subsistent encore autour de ce scénario. Nous maintenons par conséquent nos prévisions de croissance du PIB américain pour 2017 et 2018, à +2,3 % et +3,3 % respectivement.
Zone euro : un sentiment économique positif malgré les incertitudes politiques
Les récentes enquêtes montrent une accélération de l’activité, notamment grâce à l'amélioration du sentiment économique et des indices PMI. Parallèlement, la consommation devrait conserver sa dynamique, portée par l'amélioration du marché du travail. En outre, la récente dépréciation de l'euro est favorable aux exportations, à la croissance globale du PIB et à la hausse de l'inflation. Malgré le recul de l’incertitude politique en décembre, elle reste toutefois élevée en raison des élections à venir aux Pays-Bas, en France et en Allemagne, et compte tenu du lancement des négociations relatives au Brexit.. Les liquidités restent toutefois suffisantes grâce aux importantes mesures de relance de la Banque centrale.
Dans ce contexte, nous maintenons nos prévisions pour le PIB de la zone euro, qui devrait frôler 1,5 % en 2017 et 2018.
Les politiques des banques centrales divergent
La différence de politique monétaire attendue entre les États-Unis et le reste du monde devrait vraisemblablement se creuser durant les prochains mois. Le cycle de durcissement de la Réserve fédérale se poursuit, tandis que les politiques monétaires menées au Japon, dans la zone euro et au Royaume-Uni restent particulièrement accommodantes.
- La Fed a relevé de 25 pb ses taux directeurs en décembre et prévoit trois nouvelles hausses cette année.
- La Banque d'Angleterre conserve son approche accommodante.
- La Banque du Japon innove en ciblant la courbe des rendements à travers l’achat illimité d’obligations.
- La BCE prolongera de neuf mois son programme d’achat d’actifs au-delà de mars 2017, soit jusqu’à fin décembre 2017. Dès le mois d’avril, la Banque réduira toutefois le montant de ses achats mensuels, de 80 à 60 milliards d’euros.
L'Italie, un risque à moyen terme pour la zone euro
Malgré le recul de l’incertitude politique dans la zone euro, l'Italie reste affectée par la faiblesse de sa reprise économique, la lente mise en œuvre des réformes et par le processus de recapitalisation de ses banques.
- Le marché de l'emploi est toujours en proie à des difficultés et le rythme soutenu des créations d'emplois de ces deux dernières années, majoritairement dû aux avantages budgétaires temporaires, devrait ralentir.
- La hausse de l'inflation, soutenue par le rebond des cours énergétiques, devrait peser sur le pouvoir d'achat.
- Les bénéfices liés à la productivité inquiètent de par leur faiblesse comparés à ceux des autres pays de la zone euro.
- Depuis la crise, le ratio dette publique/PIB a augmenté de 30 points, grâce à une forte hausse du ratio dette du secteur non-financier/PIB, alors que la croissance s'est interrompue. À moins que l'Italie n'améliore son déficit structurel ou son taux de croissance potentielle, la dette publique devrait atteindre un niveau insoutenable.
- Le secteur bancaire italien est actuellement pénalisé par d'importantes créances douteuses : la BCE a estimé une perte en capital de l'ordre de 8,8 milliards d'euros de la Banque Monte dei Paschi, le troisième établissement de crédit du pays.
Dans ce contexte, la croissance du PIB italien devrait s'établir à 1,2 % en 2017 et 1,0 % en 2018.
Multi-actifs : surpondération des actions
Le contexte mondial reste favorable aux actions. L'amélioration de la dynamique économique et l'apaisement des incertitudes politiques en Europe se sont récemment traduits par une bonne performance des marchés boursiers. L'enquête BofA Merril Lynch Fund Manager révèle que les positions des investisseurs sur les actions ont atteint un plus haut de 12 mois.
En ce qui concerne l'allocation d'actifs, le risque semble être passé des actions aux obligations, grâce à une diminution de la perspective d'une récession aux États-Unis en 2017.En outre, les actions disposent de valorisations relatives intéressantes par rapport aux obligations, et leur rendement attendu devrait augmenter grâce à la fin de la baisse des bénéfices aux États-Unis. Nous restons néanmoins prudents en raison des incertitudes politiques et surpondérons par conséquent les actions.
STRATEGIE ACTIONS RÉGIONALES
Positifs sur les actions américaines et japonaises
- Notre positionnement est positif à l'égard des actions américaines. Nous nous attendons à une accélération de la croissance et à une hausse des bénéfices des entreprises, en vue des politiques de relance attendues aux Etats-Unis et d'une consolidation des cours pétroliers. Par ailleurs, le marché américain a tendance à surperformer lors de périodes d'incertitude sur les marchés. Le caractère imprévisible du nouveau Président Donald Trump pourrait toutefois engendrer des risques à la hausse comme à la baisse.
- Nous restons positifs vis-à-vis du Japon. Le pays bénéficie de meilleurs indicateurs de l'activité, d'une politique intérieure favorable, de valorisations relativement attractives et d'une devise plus faible. La corrélation entre le Nikkei et le yen demeure très élevée car la dépréciation de la monnaie nippone est synonyme de révisions à la hausse des bénéfices.
Légère surpondération des actions de la zone euro et négatifs sur le Royaume-Uni
Nous croyons toujours en une éventuelle correction des actions de la zone euro grâce à leurs valorisations attractives, à l'amélioration des bénéfices des entreprises et du sentiment de marché compte tenu du recul des incertitudes politiques.
- Incertitudes politiques : le recul des incertitudes vers le niveau médian européen de 2011 devrait accentuer la surperformance de la zone euro.
- Dynamique économique : bien qu'elles commencent à devenir trop élevées, les surprises économiques se sont une nouvelle fois améliorées.
- Croissance des bénéfices : les révisions des bénéfices sont à la hausse et nous avons revu la croissance du BPA à près de +7 % (soit une révision de +1 %).
Néanmoins, des incertitudes pourraient refaire surface dès le début des négociations sur le Brexit, et de nombreux risques politiques sont à prévoir. Ce contexte justifie notre légère surpondération des actions de la zone euro, mais nous restons négatifs sur les actions du Royaume-Uni :
- Le gouvernement britannique a en effet reconnu le lourd impact négatif du Brexit sur les recettes de l’État. En outre, la détérioration des indicateurs macroéconomiques du pays devrait pénaliser le FTSE 250, qui est fortement exposé au marché national. Nous évitons en particulier les petites et moyennes capitalisations orientées sur ce dernier.
- Les valorisations relatives ne sont plus tellement intéressantes depuis la chute des bénéfices de ces dernières années.
Par rapport aux États-Unis, les actions de la zone euro ont regagné du terrain.
Neutres sur les marchés émergents
Malgré leur attractivité, les marchés émergents représentent actuellement notre plus faible conviction. La dynamique économique s’améliore, les profits des entreprises devraient augmenter et les valorisations sont attrayantes, mais les éventuelles mesures protectionnistes attendues aux États-Unis pourraient bien peser sur la performance relative de la région. En outre, la vigueur du dollar constitue un inconvénient supplémentaire.
Parallèlement, l'Inde reste notre premier choix pour les raisons suivantes :
- Les fondamentaux s’améliorent, avec une croissance prévisionnelle du PIB de 7,4 % pour 2017, et une baisse de l'inflation.
- La balance courante se redresse, ce qui rend l’Inde moins vulnérable aux influences externes – un élément crucial depuis l’élection de Donald Trump, compte tenu de ses éventuelles mesures protectionnistes.
- Le calendrier national des réformes est positif à long terme, malgré le fait que le pays soit actuellement pénalisé par le retrait de ses billets de grande valeur.

STRATEGIE FIXED INCOME
Large diversification en dehors des obligations à faible rendement
- Après la victoire de Donald Trump, nous avons maintenu notre forte conviction d’une hausse à long terme des rendements obligataires américains. Bien que nous ayons pris quelques bénéfices sur notre sous-pondération de la duration, nous l'avons renforcée en fin de mois. Nous continuons de privilégier une position vendeuse sur les bons du Trésor américain.
- Nous maintenons notre légère surpondération des obligations à haut rendement. Le vif resserrement des spreads a réduit le potentiel, mais le portage reste attractif.
- Nous surpondérons légèrement la dette émergente, libellée en devise locale comme en devise forte. Les spreads de la dette émergente ont atteint l'objectif que nous avions fixé, mais ils restent tout de même attractifs par rapport aux bons du Trésor américain. Nous restons néanmoins prudents dans la mesure où un dollar fort et une hausse des rendements américains impliquent des pressions à la baisse sur les devises.
- Nous demeurons optimistes à l'égard des obligations indexées sur l'inflation.
- Nous tablons sur une augmentation de l’inflation réelle et prévisionnelle en raison d'une hausse durable imputable à l’assouplissement budgétaire américain, à la hausse des salaires, ainsi qu'au recul des pressions déflationnistes en Chine.
- En outre, les effets de base des prix pétroliers influencent la hausse de l’inflation réelle au premier trimestre 2017.
- L’IPC américain devrait s'établir au-delà des 2 % au mois de décembre pour la première fois depuis l'été 2014, et atteindra presque 3 % au premier trimestre 2017.

STRATEGIE MATIERES PREMIERES
Les matières premières ont continué de bien performer au mois de décembre, portées par un vif rebond des cours du pétrole en fin d'année. Le prix du baril de Brent a dépassé les 55 dollars car les marchés attendent des baisses concrètes de production de la part des pays membres et non-membres de l'OPEP en 2017. La production pétrolière américaine devrait toutefois augmenter si l'administration de Donald Trump adopte des mesures favorables au forage et à la déréglementation, comme nous pouvons nous y attendre. En outre, les métaux industriels devraient bénéficier des dépenses d’infrastructures prévues aux États-Unis.
Par ailleurs, l'or a fortement chuté à 1 200 dollars/once en raison de la hausse des rendements américains et de la chute des ETF investissant dans l’or.
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La performance des différentes classes d’actifs varie largement au fil du temps et des études ont démontré que les décisions d’allocation d’actifs génèrent habituellement la plus grande part de la performance d’un portefeuille.