17 MAI

2018

Allocation d'actifs , Thèmes

La croissance économique mondiale continue sur sa lancée

SYNTHESE

  • Dispersion de l’expansion de la croissance mondiale
  • Hausse anticipée des taux d’intérêt de la Fed
  • Scénario de risque de baisse plus probable, mais pas une préoccupation majeure

STRATEGIE CROSS-ASSETS GLOBALE

Scénario économique

La croissance économique mondiale continue sur sa lancée. Le FMI a une nouvelle fois revu ses prévisions 2018 à la hausse, notamment en raison de la bonne croissance des marchés émergents. Le léger repli de l’indice global PMI manufacturer est le fruit de problèmes propres à certains pays comme les manifestations en Turquie et les grèves en Corée.

Aux États-Unis, la pression augmente légèrement, et la croissance a ralenti au premier trimestre. Mais les analyses concernant l’activité demeurent solides et la consommation devrait continuer de progresser vigoureusement. Malgré une progression modérée du salaire horaire, les salaires dans leur ensemble augmentent de 5 % en glissement annuel. Quant aux investissements, ils restent fermes tandis que les exportations bénéficient d’une activité soutenue à l’échelle mondiale. La croissance du PIB devrait atteindre les 3 % environ cette année et l’on s’attend à ce que la Fed poursuive la normalisation de sa politique monétaire.

En zone euro, il ne faut pas s’inquiéter de la baisse récente des indicateurs d’activité économique; il ne s’agit là que d’une normalisation par rapport à la croissance économique réelle. Cette année, le PIB devrait atteindre 2,5 % , soutenu par les exportations, la confiance des consommateurs, la croissance de l'emploi et des revenus, la forte croissance des marchés émergents et des investissements fermes.

Nous continuons donc à valider le scénario de contexte idéal, même si notre scenario de base n’est pas exempt de risques à la baisse, liés notamment à l’augmentation des prix pétroliers et aux tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine.

 

Cycle de croissance

Durant ces derniers mois, la croissance mondiale a été moins synchronisée que l’an dernier. Les indices PMI (manufacturers) se maintiennent dans l’ensemble au-delà de 50, mais le momentum ralentit. On assiste cependant à un alignement du momentum de croissance entre les États-Unis et la zone euro, car les surprises économiques commencent à réapparaître en zone euro. Ce facteur, couplé à une stabilisation de la parité EUR/USD, a mis fin à la récente sous-performance des actions de la zone euro par rapport à leurs homologues américaines.

 

Liquidité

La Fed poursuit le resserrement graduel de sa politique monétaire, à mesure que les conditions sont réunies sur le plan de la croissance, de l’inflation et du marché de l’emploi. Reste à voir le degré de tolérance qui sera accepté à un niveau d’inflation de plus de 2 %. 

La situation est différente en zone euro, la BCE n’étant guère pressée de durcir sa politique en raison d’une inflation qui reste très basse. Selon nous, la Banque centrale européenne attendra sans doute l’été avant de changer son discours.

 

Bénéfices  – rendements prévisionnels

La saison des résultats pour le 1er trimestre a été favorable aux actions. Aux États-Unis, près de 80 % des entreprises du S&P 500 ont déjà publié des prévisions de bénéfices records, avec une croissance en glissement annuel estimée à 23 %. La plupart des secteurs affiche une croissance des bénéfices à 2 chiffres. Selon nos prévisions, la croissance nominale des bénéfices des entreprises américaines devrait atteindre 14 % au cours des 12 prochains mois, alors que la réforme fiscale de l’administration Trump est déjà pleinement prise en compte dans les prévisions de croissance des bénéfices. En Europe, 60 % des entreprises du Stoxx Europe 600 anticipent des bénéfices supérieurs aux prévisions, avec une progression de 15 % en glissement annuel. Les résultats sont de 4 % supérieurs aux premières estimations consensuelles. Les bénéfices devraient progresser de 8 % au cours des 12 prochains mois.

 

Sentiment

Les tensions se sont relâchées le mois dernier. Pour le 2è trimestre 2018, les investisseurs se montrent moins optimistes à l’égard des marchés des actions et reconnaissent que le plus gros risque de perte réside dans une guerre commerciale potentielle. De plus les positions courtes sur le dollar posent problème, comme tout arbitrage prisé, selon l’enquête des gérants de portefuille de BofAML.

 

Conclusion

Alors que l’écart se réduit peu à peu entre actions et obligations, les marchés des actions restent malgré tout plus attrayants à nos yeux. En premier lieu, nous confirmons notre scénario de base reposant sur une croissance économique positive, une ferme progression des bénéfices et des valorisations relativement attractives. Cela n’empêche toutefois pas les risques de baisse de persister, ce qui explique notre position neutre envers les actions. Nous suivons de près les nouvelles concernant les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, l’impact éventuel d’un pic macro et la possibilité d’une accélération de la normalisation de la politique monétaire américaine.

CONVICTIONS REGIONALES: ACTIONS ET OBLIGATIONS

Stratégie régionale Actions

Actions américaines

Les États-Unis, où la prime de risque politique semble avoir diminué, continuent d’avancer à toute vitesse. Le pays fonctionne au rythme de la politique fiscale de Donald Trump, y compris un rachat d’actions de 100 milliards USD rien que pour Apple, une excellente saison de résultats pour le 1er trimestre et un resserrement progressif de la politique monétaire de la Réserve fédérale à mesure que les conditions sont réunies (au niveau de la croissance, de l’inflation et du marché de l’emploi). Il s’ensuit donc une consolidation du marché US, avec un taux à 3 % pour les Treasuries à 10 ans. Même si les mesures fiscales favorables décidées par Trump sont déjà prises en compte dans la croissance des bénéfices, les valorisations n’échapperont sans doute pas à l’influence de la hausse des taux et de la révision à la baisse des projections pour 2019-2020 - d’où, notre position neutre sur les actions américaines.

 

Actions zone euro

Les fondamentaux demeurent favorables aux marchés de la zone euro et les valorisations semblent repartir légèrement à la hausse ; elles ont atteint un plus haut de 14,5 % dans un climat de hausse des taux d’intérêt. Qui plus est, la non appréciation de l’euro impacte positivement les bénéfices des entreprises européennes. Nous attendons un catalyseur quelconque pour renforcer nos convictions, ce qui explique le maintien de notre position neutre pour l’instant.

 

Actions Europe hors zone euro

Les négociations sur le « Brexit » ont accru la prime de risque et les fondamentaux domestiques sont fragilisés. Les marchés hors zone euro, dont les perspectives de rendement sont les plus faibles, sont mus par une expansion des multiples négatifs, ce qui nous a conduit à rester négatif sur la région.

 

Actions japonaises

Les valorisations commencent à devenir attrayantes ce qui nous incite à rester constructif au-delà de 2018 et 2019. Nous confirmons que le Japon connaît toujours une croissance supérieure et que la récente dépréciation du yen devrait être favorable aux actions japonaises. Malgré cela, les perspectives de croissance des bénéfices dans la région restent médiocres ce qui justifie notre position neutre pour l’instant.

 

Actions émergentes

L’appréciation du dollar est préjudiciable aux marchés émergents qui bénéficient pourtant de la vigueur de la croissance mondiale. Les valorisations sont évaluées à 12%, conformément à nos prévisions.

STRATEGIE OBLIGATAIRE

Négatif sur les obligations souveraines et d’entreprises

Les conditions financières se durcissent aux États-Unis à mesure que la Fed poursuit sa politique de relèvement des taux. Nous misons sur un taux d’environ 3 % pour les Treasuries à 10 ans. L’inflation devrait remonter graduellement et le momentum de l’expansion globale se poursuivra. Mais comme le portage reste inférieur aux prévisions, nous maintenons une position négative.

 

Neutre sur le high yield

Les spreads high yield s’approchent de nos objectifs et certaines pressions commencent à pointer à mesure que ces spreads ne parviennent pas à compenser la hausse des taux des obligations souveraines. Qui plus est, le portage est bas dans la zone euro et bien qu’il soit honorable aux États-Unis, il souffre de l’absence de coût de couverture.

 

Positif sur la dette émergente et les obligations indexées sur l’inflation

La dette émergente et les obligations indexées sur l’inflation sont des classes d’actifs toujours attrayantes. La première continue de bénéficier d’un portage intéressa tandis que les secondes profitent de la hausse de l’inflation.

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