24 JUIL.
2018
Scénario économique
Les marchés mondiaux connaissent une disparité accrue en termes de croissance économique. Aux États-Unis, en dépit d’un trou d’air en début d’année, la croissance reste solide. Les investissements des entreprises affichent un redressement indéniable, tandis que la consommation – qui reste le principal moteur de l’économie – est soutenue par le dynamisme des
créations d’emplois. Le rebond des ventes au détail observé en avril et en mai a souligné le caractère passager du ralentissement de la croissance au 1er trimestre. L’augmentation des dépenses inscrites au budget 2018 aura un impact plus important sur la croissance.
La croissance s’est également dégradée dans la zone euro au premier trimestre, mais rien n’indique qu'elle puisse caler pour de bon. Les commandes à l’exportation restent bien orientées. Les conditions de financement restent favorables et les investissements des entreprises continuent de se redresser. Face à la stabilisation des cours du pétrole aux alentours de 75 dollars, le PIB devrait augmenter de 2,2 % en 2018, niveau légèrement inférieur à celui constaté en 2017.
Dans ce contexte, la BCE devrait cesser ses achats d’obligations d’ici la fin de l’année. On s'attend également à ce que ses principaux taux d’intérêt soient maintenus à leurs niveaux actuels au moins jusqu’à la fin de l’été 2019 en fonction des évolutions au plan national et international.
Cycle de croissance et liquidité
Les marchés financiers sont bridés par les conditions géopolitiques en raison des risques accrus de guerre commerciale. Les déclarations et les mesures belliqueuses s’intensifient, les États-Unis ayant désormais officiellement imposé des droits de douane sur l’équivalent de 34 milliards de dollars de marchandises chinoises et projetant de taxer 200 milliards d’importations supplémentaires. La Chine a annoncé des représailles, ouvrant la porte à de nouvelles négociations avec Donald Trump qui seront décisives dans un sens comme dans l’autre. En attendant, malgré la menace de guerre commerciale, la situation économique reste favorable, en particulier aux États-Unis.
Les investisseurs tablent par ailleurs sur de solides résultats de la part des entreprises. Les prévisions de bénéfices aux États-Unis ont été révisées à la hausse avant l’amorce de la saison des résultats, avec la deuxième hausse la plus importante depuis huit ans pour les entreprises du S&P 500. Les analystes misent désormais sur une croissance de 23 % des bénéfices en glissement annuel, tirée par les secteurs des matériaux et de la technologie. La hausse des bénéfices cette fois-ci n'est pas le fruit d’avantages fiscaux mais tient manifestement à l’accélération de la croissance américaine.
En Europe, la croissance des bénéfices devrait être inférieure aux attentes, à 7,5 %, plombée par la hausse de 3,5 % sur un an du taux de change effectif de l’euro.
Dans ce contexte, et en l’absence de nouvelle escalade des tensions commerciales, les actions devraient bien se comporter, en particulier les actions américaines et celles des marchés émergents.
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