07 AVR.

2017

Allocation d'actifs , French Elections , Thèmes

Elections : un catalyseur pour les actions de la zone euro

Depuis quelques semaines, la politique est à nouveau au cœur de l’actualité des marchés dans un climat d’expansion économique synchronisée et d’amélioration des bénéfices des entreprises. A moins de deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle française, le 23 avril, les marchés commencent à intégrer la probabilité de voir Emmanuel Macron succéder à François Hollande. Ce qui n’empêche pas de garder à l’esprit le risque que pourrait présenter l’élection de Marine Le Pen, même si ce cas de figure semble aujourd’hui peu probable.

Le point sur la situation

Premier tour

D’après les récents sondages quant aux intentions de vote, il semble probable qu’Emmanuel Macron, candidat indépendant, et Marine Le Pen, candidate d’extrême droite anti-européenne, se retrouvent face à face au second tour de la présidentielle française, le 7 mai. Même si E. Macron a progressé dans les sondages depuis la fin février et qu’il a consolidé sa position lors des débats présidentiels, les candidats restent au coude à coude pour l’instant, avec quelque 25% des intentions de vote tant pour Emmanuel Macron que pour Marine Le Pen. A 18% au lieu de 20% il y a un mois, François Fillon perd du terrain, alors que Jean-Luc Mélenchon, le candidat d’extrême gauche, passe de 10% début mars à 16% aujourd’hui. Un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon semble peu probable mais présente un risque de perte à ne pas négliger compte tenu de la dynamique des sondages les plus récents.

Deuxième tour

Les intentions de vote pour le second tour de l’élection présidentielle française restent stables depuis un mois. Près de 60% des électeurs ont l’intention de voter pour Emmanuel Macron, alors que 40% choisiraient Marine Le Pen. Un scénario similaire transparaît dans les paris des bookmakers, avec 25% de probabilité pour l’élection de Marine Le Pen et 63% pour Emmanuel Macron. Notons que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon sont plus enclins à reporter leurs voix sur E. Macron, tandis que l’électorat de François Fillon se scinderait en trois groupes quasi identiques : Macron, Le Pen et abstention.

 

Notre scénario de référence : positif pour les actions de l’UEM

Dans notre scénario de référence, dont nous évaluons à 90% la probabilité de réalisation et qui reflète nos positions actuelles en portefeuille, Marine Le Pen ne sera pas le prochain Président de la République. Ce qui favorise clairement les actifs à risque, notamment les actions de la zone euro.

  • La prime de risque politique va continuer de s’alléger, libérant un potentiel de hausse pour cette classe d’actifs.
  • Le rebond des actions de la zone euro pourrait entraîner une réappréciation relative d’environ 10% de ces titres par rapport aux actions américaines, une évolution partiellement prise en compte dans les cours avant le vote.
  • Les investisseurs étrangers auraient tendance à revenir sur les actions d’Europe continentale, qui offrent une valorisation attrayante et une dynamique de révision des bénéfices à la hausse.

 

Les conséquences d’une élection de Marine Le Pen en termes de marché

Le pire des scénarios pour les marchés après le premier tour du 23 avril serait une confrontation entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon le 7 mai. Une victoire de Le Pen deviendrait alors plus probable que si elle s’était retrouvée face à un candidat plus classique.

Si Marine Le Pen était élue à la tête de la République française, elle constituerait un gouvernement intérimaire Front National à la mi-mai. Ce gouvernement devrait alors être confirmé en juin lors des élections législatives (deux tours, organisés respectivement les 11 et 18 juin). Dans ce cas, nous anticipons :

  • une fuite massive des capitaux dans un premier temps, poussant la France à rétablir un contrôle des capitaux.
  • un risque de voir Marine Le Pen organiser un référendum sur le “Frexit” durant le second semestre de l’année, ce qui, de facto, remettrait en question l’existence même de l’Union européenne.
  • un risque de récession économique en Europe suite à la durée de l’onde de choc  placée sous le signe de l’incertitude.

Les risques d’impact négatif pour les marchés seraient considérables. Toutes les classes d’actifs – actions, obligations et de devises – seraient ébranlés entre le second tour de l’élection présidentielle le 7 mai et la confirmation d’un gouvernement dirigé par le Front National le 18 juin.

  • les actions de la zone euro pourraient perdre plus de 20% durant cette période de profonde incertitude. La volatilité (VIX) exploserait.
  • le taux allemand de long terme continuerait de baisser, alors que le spread entre OAT français par rapport à l’Allemagne  pourrait dépasser les 300 pb. De toute évidence, la capacité et la volonté d’agir de la BCE seraient déterminantes pour calmer le jeu et atténuer le risque d’une crise financière.
  • l’euro perdrait plus de 10% face au dollar américain.

Bien que la probabilité de cette situation ne soit que d’environ 10% dans nos projections, nous continuons à suivre de près tous les développements susceptibles d’impacter notre scénario de référence.


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