22 NOV.
2017

Amélioration générale de la visibilité sur la politique des banques centrales, avec une baisse des risques dans ce domaine. Les dernières semaines ont vu disparaître certains obstacles majeurs.
La dynamique d’expansion mondiale est bien lancée. Les dernières données confirment que l’économie mondiale semble solidement ancrée au-dessus de 3 % de croissance pour l’année prochaine. La zone euro et le Japon connaissent en particulier une croissance supérieure à leur potentiel en dépit du renforcement de leurs devises plus tôt dans l’année. Les indicateurs économiques américains surprennent encore positivement et prolongent l’horizon de l’expansion en cours. Plus tôt cette année, les marchés émergents ont profité de facteurs favorables tels que des prix des matières premières en hausse, un dollar plus faible et des banques centrales accommodantes, la hausse temporaire du dollar constituant toutefois un obstacle pour les actifs des marchés émergents. Si les pressions inflationnistes ont reculé, nous ne pensons pas que l’inflation ait disparu.
Risques liés à ce scénario. Le risque principal concernant nos prévisions serait une fin précipitée de l’environnement idéal actuel. La persistance d’une hausse des prix du pétrole, conduisant à une accélération de l’inflation, serait un élément déclencheur, tout comme un brusque ralentissement de la croissance, provenant soit d’une absence totale de réforme fiscale aux États-Unis, soit d’une erreur de politique monétaire ou d’un ralentissement significatif de l’économie chinoise.
APERÇU GÉNÉRAL : actions par rapport aux obligations
Les actions restent notre plus forte conviction. Malgré les bonnes performances
récentes, les valorisations des marchés des actions sont plus attractives que celles des obligations. Bien que les rendements attendus sur les actions aient légèrement baissé, celles-ci présentent toujours un potentiel de hausse intéressant pour plusieurs raisons :
Les événements géopolitiques restent le principal risque concernant notre scénario positif pour les actions, tandis que nous continuons à préférer un faible risque de duration.
Positifs envers les actions
Nous sommes positifs sur les actions de la zone euro. Les données publiées début
novembre confirment la poursuite d’une croissance économique plus robuste et qui s’élargit géographiquement dans la région. Une banque centrale accommodante avec un horizon de politique monétaire au-delà de 2018 et une dynamique décente des bénéfices des entreprises soutiennent l’attractivité des actifs risqués de la région, qui ne sont plus soumis à une prime de risque politique majeur. La pause dans la récente hausse de l’euro agit comme moteur après un été plus difficile pour les actions de la zone euro.
Nous avons une attitude positive envers les actions japonaises. Le résultat des élections générales a validé le mandat de Shinzo Abe et a augmenté la visibilité sur la panoplie des mesures accommodantes. Comme la Banque centrale du Japon ne se joindra pas de sitôt aux autres banques centrales dans le durcissement de sa politique monétaire, la faiblesse du JPY reste une forte conviction.
l Nous sommes neutres sur les actions des marchés émergents. Les actions des marchés émergents ont bien performé grâce à l’amélioration des fondamentaux et à la faiblesse du dollar jusqu’à début septembre. Sur la base de prévisions d’une vigueur temporaire du dollar et des indicateurs techniques, nous avons pris certains profits.
Nous sommes neutres sur les actions américaines. Concernant l’ensemble des mesures politiques, nous prévoyons des progrès sur la stimulation budgétaire ainsi qu’un durcissement de la Fed. Nous notons que les surprises économiques se sont fortement redressées, mais que la Fed s’appuiera sur cette occasion pour remonter les taux. La transition à la direction de la Fed entre Janet Yellen et Jérôme Powell devrait se passer sans heurts.
Nous sommes négatifs sur les actions européennes hors zone euro. L’attitude ferme de la BoE est venue limiter la dépréciation de la GBP et la croissance des profits hors du Royaume-Uni. Les remous politiques internes ajoutent aux difficultés des négociations sur le Brexit et aux résultats limités dans la mise en place de nouvelles relations commerciales. Nous attendons la déclaration budgétaire d’automne pour de nouveaux signaux.
Négatifs envers les obligations gouvernementales
Avec le durcissement de la Fed et les pressions inflationnistes attendues, nous
estimons que les taux et les rendements obligataires vont continuer leur tendance haussière à partir des planchers de septembre. En plus de l’augmentation des prix à la production, nous pensons que la hausse des salaires et une éventuelle stimulation budgétaire devraient faire progresser l’inflation, bien que ce phénomène prenne plus de temps à se matérialiser que prévu.
L’amélioration de l’économie européenne devrait également faire monter les rendements en zone euro, les risques politiques ayant reculé et la BCE restant, globalement, accommodante dans le recalibrage de son assouplissement quantitatif.
Nous avons une opinion neutre envers le crédit, car les spreads se sont resserrés de façon significative et qu’une hausse potentielle des taux d’intérêt pourrait nuire à la performance.
Concernant la dette des marchés émergents, l’assouplissement monétaire en cours est extrêmement favorable à cette classe d’actifs.
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