20 MARS

2020

Allocation d'actifs , Thèmes

Les marchés plongent suite à la multiplication des cas de coronavirus en dehors de la Chine

 

Actions européennes : un mois difficile

Les actions européennes ont souffert en février. Après un début de mois positif, durant lequel les investisseurs ont minimisé les inquiétudes liées au coronavirus, la multiplication des cas en dehors de la Chine a entraîné une forte correction en fin de mois.

En raison de l’épidémie en Italie, le pays a annulé tous les évènements publics et a imposé des mesures de confinement dans le nord ainsi qu’une interdiction de voyager dans l’ensemble du pays. Les investisseurs ont donc exprimé leurs craintes sur la productivité industrielle, car le nord est la région italienne la plus dynamique. Les marchés s’inquiètent également de l’impact sur le secteur du tourisme.

Les secteurs des services aux collectivités et des biens de consommation de base ont enregistré les meilleures performances durant le mois. Le coronavirus a continué de provoquer une fuite vers la qualité, qui a favorisé la santé et les services aux collectivités. Par ailleurs, les marchés obligataires ont progressé suite à la propagation du virus. Mécaniquement, les financières ont sous-performé avec le ralentissement de l’activité économique. Les valeurs du secteur de l’énergie affichent les plus mauvaises performances mensuelles sur fond d’effondrement des cours du pétrole.

Nous avons renforcé notre exposition au secteur de l’équipement de la maison et de la personne, qui reste attrayant malgré la faible exposition des investisseurs. Nous sommes passés « neutres » sur le secteur de la santé compte tenu de la situation sanitaire exceptionnelle. Nous conservons notre forte surexposition aux banques de détail, qui affichent des valorisations très attrayantes et dont la rentabilité est bien orientée, malgré l’environnement de taux bas. Nous conservons également notre sous-pondération des secteurs de l’assurance, car les rendements sur les bons du Trésor américain se sont fortement détendus. Enfin, nous restons légèrement surpondérés sur l’énergie, car les cours actuels intègrent déjà la faiblesse durable des prix du pétrole. 

 

Actions américaines : correction massive liée à la propagation du COVID-19 en dehors de l’Asie

En février, les marchés des actions ont tout d’abord fortement progressé, accordant peu d’importance à l’épidémie de coronavirus et atteignant de nouveaux sommets historiques. Cependant, la multiplication des cas en dehors de la Chine a provoqué une correction brutale en fin de mois et les marchés ont enregistré leur plus forte baisse hebdomadaire depuis la crise financière de 2008. 

Le mois de février a été difficile pour les actions américaines, pourtant orientés à la hausse en début de période – ignorant les inquiétudes liées au coronavirus et touchant des plus hauts historiques. Les marchés (qui sont restés sur leur lancée de janvier et ont atteint de nouveaux sommets) ont accordé peu d’importance à l’épidémie qui avait commencé en Chine, jusqu’à ce que l’impact soit plus visible, notamment avec la révision à la baisse des prévisions de résultats d’Apple, ou encore la publication par HSBC de bénéfices inférieurs aux attentes et l’annonce de réductions d’effectifs. La propagation rapide du virus en dehors de l’Asie a ensuite entraîné une très forte correction boursière. 

Les publications de résultats ont été supérieures aux attentes du consensus en début de trimestre. Les États-Unis ont enregistré des surprises positives à hauteur de 5 %. Signal encourageant, la croissance des bénéfices de l’indice S&P 500 s’est infléchie et se situe désormais en territoire positif. Par ailleurs, le pourcentage d’entreprises américaines ayant publié des chiffres d’affaires supérieurs aux prévisions a fortement progressé au cours du dernier trimestre. En revanche, compte tenu de l’environnement de marché exceptionnel, nous pouvons nous attendre à une très mauvaise saison des résultats au premier trimestre 2020. 

Le secteur de la consommation de base a enregistré les meilleures performances durant le mois, car les inquiétudes liées au coronavirus ont profité aux secteurs défensifs. Le secteur de l’énergie a fortement sous-performé, principalement en raison de la nouvelle guerre du pétrole entre la Russie et l’Arabie saoudite. 

Nous avons décidé de renforcer notre exposition au secteur de la technologie, qui affiche des valorisations attrayantes et sur lequel nous développons des convictions fortes à long terme liées aux technologies de rupture. Nous avons par ailleurs renforcé notre exposition aux services de communication. Les valorisations sont intéressantes au sein de ce secteur qui sera moins impacté par les contraintes réglementaires, passées au second plan compte tenu du contexte économique actuel. Nous sommes actuellement sous-pondérés sur les industrielles, principalement sur les entreprises exposées au secteur de l’énergie en raison de la faiblesse des prix du pétrole.

 

 

Actions émergentes : l’épidémie de coronavirus continue de s’étendre

L’euphorie des investisseurs sur les marchés d’actions internationales en janvier a été douchée par les inquiétudes autour d’un ralentissement de la croissance mondiale, provoqué par la propagation de l’épidémie de coronavirus.

 

Les actifs à risque (et surtout les valeurs sensibles à la croissance) ont fortement corrigé ; les actions internationales ont chuté de 10 % lors de la dernière semaine de février – soit leur plus forte baisse depuis la crise financière. Au fur et à mesure que la pandémie s’est étendue à travers le monde, les investisseurs ont privilégié la sécurité des obligations, un mouvement qui a tiré à la baisse le rendement sur les bons du Trésor américain à 10 ans. 

Les actions des marchés émergents, qui avaient déjà souffert le mois dernier, ont surperformé les marchés développés en février. Si l’ensemble des secteurs d’activité dans les pays émergents a terminé le mois en territoire négatif, les secteurs défensifs et sensibles aux taux d’intérêt ont mieux résisté, tandis que l’énergie ferme la marche. En relatif, la zone Asie ex-Japon a enregistré la meilleure performance mondiale durant le mois, tandis que les autres régions fortement exposées aux matières premières, comme les zones EEMEA et Amérique latine, ont connu leurs plus fortes baisses depuis 2012 et 2018 respectivement. 

Asie ex-Japon : en février, le seul pays en territoire positif a été la Chine. En effet, l’épidémie semble avoir atteint son pic en début de mois en Chine continentale. En revanche, la Corée a annoncé un sursaut du nombre de nouveaux cas confirmés. L’Inde a mis en suspens les annonces de relance budgétaire lors de son budget annuel, tandis que les incertitudes politiques ont pesé sur la Thaïlande et la Malaisie.  

La forte baisse des cours du pétrole brut provoquée notamment par l’anticipation d’une faible demande a eu un impact négatif sur la Russie et la Pologne. La Turquie et la Grèce ont souffert du repli des cours au sein de leurs secteurs bancaires respectifs. 

Tous les pays d’Amérique latine – et particulièrement le poids lourd de l’indice, le Brésil – ont fortement corrigé. Les prévisions de croissance bénéficiaire pour 2020 du consensus pour la région ont baissé durant le mois.

Nous restons positifs sur les actions chinoises car le gouvernement met en place des mesures de soutien. Une série d’interventions de secours a été annoncée pour soutenir la croissance. Du côté de la politique monétaire, la banque centrale chinoise a abaissé son taux « reverse repo » de 10 pb en février. Sur le front budgétaire, les mesures de soutien ont pris la forme de crédits d’impôts/réductions de frais, la suspension des contributions de charges sociales pour les entreprises et l’assouplissement des critères permettant de bénéficier des prestations de chômage. 

Si nous restons neutres sur le Brésil, nous sommes toujours plutôt optimistes sur les perspectives du pays. Nous privilégions les entreprises qui parviennent à tirer leur épingle du jeu dans différents secteurs qui bénéficient d’un début de reprise économique, dopé par des taux d’intérêt à des plus bas historiques.

 

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