27 MARS
2017
Actions , Johan Van Der Biest , Thèmes
Loin d’être de la science-fiction, la robotique et l’automatisation constituent un secteur rentable à forte croissance
Le secteur de la technologie évolue à une vitesse impressionnante. Avec l’évolution de l’intelligence artificielle (IA), sa croissance devrait encore accélérer. L’IA permettra en effet aux robots d’agir de manière autonome en leur donnant la possibilité d’apprendre, de raisonner et de reconnaître des émotions, des images, ou encore des langues et des cartes. Les robots évolués révolutionnent continuellement les procédés de fabrication. Ils sont sur le point de modifier la façon dont nous vivons en nous aidant à accomplir nos tâches ménagères quotidiennes. D’ici quelques années, il est probable que des robots tondront votre pelouse, serviront vos repas, feront vos courses et prendront même soin de vos grands parents. Et en cas d’opération chirurgicale, l’intervention sera principalement effectuée par des procédures assistées par un robot. Ces robots dits de service commencent à peine à être déployés, mais ils pourraient devenir aussi importants que les robots industriels au cours de la prochaine décennie.

Comme lors des révolutions industrielles et technologiques précédentes, d’énormes richesses seront créées. Reste à savoir comment les investisseurs peuvent bénéficier de cette nouvelle révolution.
De la science-fiction aux bénéfices
Des revenus considérables ont déjà été créés dans la robotique. Pour de grandes multinationales - telles que Google, Facebook ou IBM, ces revenus s’ajoutent à ceux provenant d’autres produits - auquel cas l’intérêt de la robotique peut être difficile à déceler du point de vue de l’investisseur. Mais le potentiel lié à la robotique existe aussi au sein de petites sociétés innovantes qui permettent des investissements focalisés dans ce secteur en croissance. D’autres opportunités existent également par le biais d‘entreprises connues qui se sont recentrées ou réinventées pour devenir des spécialistes de l’automatisation. Par exemple, Delphi, autrefois partie intégrante du groupe General Motors, est désormais un acteur de premier plan dans le segment à forte croissance des véhicules électriques et autonomes.
Bien connu pour ses logiciels pare-feu, Palo Alto, a quant à lui réorienté sa technologie pour détecter et empêcher les cyberattaques pointues afin d’assurer le fonctionnement en toute sécurité de diverses applications (paiements en ligne, centres de données, systèmes de contrôle industriel et réseaux de téléphonie mobile).
De son côté John Deere, un des plus grands producteurs de matériel agricole, a réinventé son métier. Ses tracteurs autonomes circulent désormais dans les champs, équipés d’un logiciel sophistiqué qui mesure l’application des engrais, détermine les semis les plus efficaces, optimise la consommation de carburant, etc.
Ces entreprises et d’autres ont signé de fortes surperformances au cours de la dernière décennie, avec un rendement d’environ 200 % par rapport à un indice MSCI World qui restait presque inchangé.
Identifier les prochains leaders de marché
Toutes les entreprises de ce secteur naissant ne méritent pas qu’on y investisse. Les investisseurs ont tout lieu de se demander si l’automatisation et la robotique ne sont pas un dernier soubresaut de l’essor high-tech de la fin des années 1990. Certaines entreprises ont alors connu un succès pérenne et d’autres ont périclité depuis longtemps. Nous avons tiré des enseignements de cet épisode et savons qu’en projetant les résultats d’une entreprise, il ne faut pas forcément extrapoler la croissance actuelle. Mais n’oublions pas qu’en ce qui concerne les appareils mobiles, les achats en ligne et les paiements électroniques, les prévisions de croissance faites pendant les années 1990 ont largement été dépassées.
Une mesure importante pour évaluer une entreprise est sa part de marché. Les sociétés dont la part de marché est stable ou recule ne sont plus à croissance rapide et leur capacité à bouleverser le marché a peut-être atteint un sommet. Les investisseurs dans Nokia s’en souviennent et le marché s’interroge sur la possibilité que certains groupes de médias sociaux et de technologie ne suivent la même tendance et perdent leur prédominance actuelle.
La robotique dépasse les frontières des États-Unis
Il y a un nombre important et croissant de sociétés stables et cotées dont la capitalisation boursière dépasse 250 millions de dollars. En investissant dans de telles sociétés, la volatilité d’un portefeuille augmente moins qu’en plaçant ses avoirs dans de petites entreprises ou des start-ups.
Des sociétés spécialisées dans l’automatisation existent dans le monde entier. Mais celles actives en Asie et en Europe sont en position de force. La Corée du Sud, le Japon et l’Allemagne ont notamment beaucoup d’avance dans l’utilisation de robots industriels. Le Japon a toujours excellé dans ce domaine, en partie pour soutenir son énorme base manufacturière, et depuis peu, pour faire face au vieillissement de sa population. Les sociétés d’automatisation sont relativement rares en Chine, en grande partie parce que la main d’œuvre y était bon marché par le passé. Mais compte tenu de l’évolution démographique et de l’augmentation des salaires, la Chine devrait également participer à la révolution de l’automatisation.
Est-il trop tard ?
Après une décennie de surperformance, il convient de se demander si les rendements persisteront. A l’heure actuelle, les valorisations semblent raisonnables, avec un ratio cours/bénéfice moyen d’environ 20. Ce ratio est supérieur à celui de l’indice S&P 500 qui inclut des sociétés très mûres, mais il est très inférieur au seuil de 200 que certaines actions avaient dépassé pendant l’essor high-tech. En outre, de nombreuses sociétés prises en compte dans notre univers d’investissement ont déjà fait leurs preuves et ont été rentables pendant plusieurs années d’affilée.
Les fondamentaux semblent donc solides. Au niveau thématique, l’automatisation n’en est qu’à ses débuts et il est difficile d’imaginer que des sociétés bien sélectionnées ne génèreront pas une forte croissance de leur chiffre d’affaires et de leurs résultats à terme. Selon nous, le secteur entre dans une phase favorable où plusieurs technologies radicales passent de l’étape de la conception à la mise en œuvre intégrale : les véhicules autonomes, les machines d’aide aux personnes et les robots qui assistent les êtres humains au travail.
Certes, tout investissement dans cette stratégie doit suivre une discipline d’achat et de vente rigoureuse. L’allocation d’un portefeuille doit se fonder sur une analyse fondamentale rigoureuse, et non sur un sentiment.
Il est important de minimiser les décisions qui dépendent du timing et d’investir sur base de tendances durables. A cette fin, il est utile de disposer de compétences technologiques et financières et d’avoir déjà fait l’expérience d’associer au sein d’un même portefeuille des grandes entreprises et de petites sociétés de niche.
Le moment est venu de miser sur la « quatrième révolution »
S’exposer à la croissance séculaire de la robotique et de l’automatisation ne consiste pas à parier sur un avenir futuriste. Le secteur crée de la valeur depuis des années et cette tendance devrait s’accélérer dans les années à venir, alors même que la « quatrième révolution industrielle » devient un vecteur important de l’économie mondiale.
Bien que la plupart des investisseurs considèrent cette stratégie comme une exposition « satellite » plutôt que centrale, leur perception pourrait changer à mesure que les robots sont utilisés dans la majorité des ménages et que le secteur entre dans une certaine normalité.
A l’image de nombreux secteurs émergents attrayants, celui-ci pourrait s’avérer volatil à court terme, mais le développement continu de produits révolutionnaires qui ont une incidence positive sur l’avenir devrait garantir d’importants gains à long terme.
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