29 MARS
2017
Actions , Geoffroy Goenen , Thèmes
Les investisseurs globaux sont restés à l’écart de l’Europe depuis un bon moment ; sur les trois dernières années, le marché européen a accumulé un retard de près de 30% à rattraper sur les Etats-Unis. Plus de 100 milliards de dollars ont été désinvestis des fonds d’actions européens en 2016.
Cela s’explique par l’attrait qu’ont présenté les Etats-Unis ces dernières années, mais aussi par les disfonctionnements du projet européen.
L’échiquier politique de cette région est complexe, voire incompréhensible pour un non-européen. Si les investisseurs globaux ont peur d’une paralysie politique voire économique de l’Europe, nous pensons que les élections en 2017 et le Brexit constituent l’opportunité pour un nouvel élan vers une plus grande intégration, moins d’interférences centrifuges et au final un meilleur fonctionnement politique.
C'est pourquoi nous sommes convaincus qu’une fois les élections passées, les investisseurs globaux reviendront massivement sur la région, dont l’attractivité nous semble historique.
Nos principaux arguments tiennent en trois mots clef : Sentiment – Fondamentaux – Squeeze
Les indices PMI Européens, qu’ils soient à l’échelle de la zone ou de la France ou l’Allemagne, qu’ils portent sur les services ou l’industrie, sont favorables aux actions européennes. Les flux de nouvelles sont extrêmement positifs, comme la création d’emplois, l’accélération de la croissance, et même – phénomène encore impensable il y a deux ans – un retour de l’inflation vers la normale.
L’indicateur ISM américain est aujourd’hui en net décalage avec la croissance économique ; cet indicateur devra mécaniquement converger – à la baisse- avec le GDP, tandis que les indicateurs européens restent beaucoup plus cohérents avec la réalité économique.
Le sentiment actuel des investisseurs sur l’administration Trump présente des risques de déception suite aux négociations avec le Congrès et les retards qui en découleront dans l’implémentation des promesses électorales.
La croissance des bénéfices des entreprises a actuellement une source différente selon qu’elle s’opère en Europe ou aux Etats-Unis. La hausse des EPS américains vient en grande partie d’un effort de réduction des coûts et des programmes de rachat d’actions, tandis que son pendant européen provient du dynamisme du chiffre d’affaires des entreprises.
Par ailleurs les PE ajustés au cycle indiquent que l’Europe est particulièrement bon marché par rapport aux Etats-Unis.
D’un point de vue valorisation, l’écart actuel entre les valorisations américaines et européennes atteint son plus haut niveau depuis plusieurs décennies, et ce en faveur de l’Europe. L’Europe n’a jamais été aussi bon marché par rapport à l’Amérique.
Les investisseurs globaux sont actuellement sous-investis sur l’Europe. Par ailleurs, les volumes européens sont nettement moins élevés que par le passé.
Le conjonction du probable retour massif des investisseurs à l’approche des élections françaises et cette faible liquidité devrait créer un effet goulot démultipliant ainsi le potentiel de hausses des actions européennes (« Squeeze effect »).
Les indicateurs économiques et de confiance extrêmement positifs, la levée prochaine des incertitudes politiques, le nouvel élan européen et l’arrivée de capitaux globaux sur un marché plus étroit sont autant d’éléments nous laissant penser qu’il est avisé de réinvestir en actions européennes, et de le faire maintenant.
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