25 SEPT.

2017

Revenus fixes , Thèmes

Surpondération des pays générant des rendements élevés et ceux liés au complexe énergétique

STRATEGIE MARCHES EMERGENTS

 

Surpondération des pays générant des rendements élevés et ceux liés au complexe énergétique

Les risques externes qui pèsent sur les marchés émergents se sont progressivement réduit depuis le début de l’année, grâce à l’apaisement des incertitudes politiques sur les marchés développés. En effet, les élections européennes se sont soldées par des victoires de candidats favorables aux marchés, et les politiques américaines ne se sont pas, jusqu’à présent, focalisées sur des mesures commerciales protectionnistes extrêmes. Les tensions géopolitiques sont restées à un niveau élevé, surtout en ce qui concerne la Corée du Nord, mais les marchés semblent écarter la probabilité d’une intensification du conflit. Conformément aux estimations, la Fed a relevé ses taux directeurs en mars et en juin, et elle a fait part de son intention de réduire progressivement son bilan. Les anticipations liées à une poursuite du resserrement monétaire cette année ont été réduites à peau de chagrin, en raison d’un environnement inflationniste très modéré, qui, à son tour, a permis aux rendements des bons du Trésor américain de s’ancrer juste au-dessus des 2 %. La croissance en Chine demeure stable, dans la mesure où les autorités ont trouvé un point d’équilibre subtil entre désendettement, réformes et politiques de relance. La croissance des pays émergents demeure vigoureuse et étendue, en dépit d’un rebond jusqu’ici très modeste des prix de l’énergie.

Nous conservons une surpondération de la dette en devise forte, et maintenons notre biais positif à l’égard des pays exportateurs de matières premières, dans la mesure où les crédits dans la région sont désormais décorrélés de l’évolution timide des prix du pétrole (Angola, Equateur, Kazakhstan, Zambie) ainsi que de pays en voie d’amélioration (tels l’Argentine, l’Ukraine, l’Egypte et le Ghana). Nous privilégions également le crédit de certains pays d’Europe de l’Est, tels la Bulgarie et le Monténégro, qui bénéficient actuellement de valorisations intéressantes.

Nos sous-pondérations incluent les pays sensibles aux bons du Trésor américain, dont les valorisations sont tendues, notamment le Panama, le Pérou, le Chili, l’Uruguay, les Philippines et la Pologne. Par ailleurs, nous sous-pondérons également l’Afrique du Sud, qui est actuellement pénalisée par des valorisations tendues, des risques liés à une transition compliquée de sa politique intérieure, des risques d’abaissement de sa note, un ajustement budgétaire insuffisant, et une faible croissance.

Les taux locaux continuent à représenter une classe d’actifs attrayante

Les titres en devises locales vont continuer à bénéficier de la désinflation des pays émergents et des politiques accomodantes de la part des banques centrales, bien que les cycles d’assouplissement pourraient s’avérer plus courts que prévu, en raison de la normalisation de la politique monétaire de la Fed. La reprise cyclique de la croissance des pays émergents devrait elle aussi se poursuivre, la plupart des pays de la région n’ayant toujours pas atteint leur potentiel de croissance estimé. Les titres en devises locales présentent encore de la valeur à nos yeux, et nous maintenons notre surpondération de certains pays générant des rendements élevés (Brésil, Colombie, Russie). Nous détenons également une surpondération du Mexique (fin du cycle de hausse des taux et prime de risque politique qui pourrait être corrigée à court terme en raison de politiques américaines aux effets négatifs limités).

A l’inverse, nous sous-pondérons les taux locaux peu générateurs de rendement en Asie et au sein des PECO, tels que la Malaisie (valorisations limitées), la Hongrie (où les pressions inflationnistes s’intensifieront dans la seconde partie de l’année) et la République tchèque (poursuite du resserrement monétaire de la banque centrale tchèque).