19 JUIL.

2017

Revenus fixes , Stratégies d'investissement mensuelles , Thèmes

surpondération du segment du haut rendement et du complexe énergétique, sous-pondération des crédits sensibles aux bons du Trésor américains

STRATEGIE MARCHES EMERGENTS

 

Dette externe : surpondération du segment du haut rendement et du complexe énergétique, sous-pondération des crédits sensibles aux bons du Trésor américains

Les risques externes aux marchés émergents ont reculé de façon régulière depuis le début de l’année, dans la mesure où l’incertitude politique des marchés développés s’est estompée : les élections en Europe ont abouti à des résultats bien accueillis par les marchés et les politiques américaines évitent pour l’instant d’adopter un protectionnisme commercial extrême. La Réserve Fédérale américaine a relevé ses taux directeurs en mars et en juin, conformément aux attentes, et elle a communiqué sur une réduction graduelle de son bilan. Malgré la volatilité intra-mensuelle, reflétant le retour d’une orientation plus agressive de la Fed, les obligations du Trésor américain à 10 ans semblent pour le moment ancrées à une croissance et à une inflation américaines plus modérées. La croissance des pays émergents n’a plus rien de surprenant par rapport aux attentes comme lors du premier semestre 2017. Elle demeure néanmoins solide et elle continue à corroborer la thèse d’une reprise économique mondiale, qui reste un moteur positif pour les fondamentaux des marchés émergents.

Nous conservons une surpondération de la dette en devises fortes, car nous sommes optimistes au sujet des valorisations des pays exportateurs de matières premières peu chers (l’Angola, l’Azerbaïdjan, l’Equateur) et des histoires idiosyncratiques de revalorisation comme l’Argentine, l’Ukraine, l’Egypte et le Ghana. Nous privilégions également le crédit des pays d’Europe de l’Est, qui bénéficient de valorisations attractives comme la Bulgarie et le Monténégro.

Nos sous-pondérations incluent les crédits sensibles à l’évolution des bons du Trésor américains ayant des valorisations tendues comme le Panama, le Pérou, le Chili, l’Uruguay, les Philippines et la Pologne. Nous sous-pondérons également l’Afrique du Sud, qui souffre de valorisations tendues, d’un processus de transition politique, d’un risque de dégradation de sa notation, d’un ajustement budgétaire insuffisant et d’une croissance anémique.

Courbes locales : elles demeurent une classe d’actifs attrayante, une approche sélective s’impose

Les taux locaux vont continuer à bénéficier de la désinflation au sein des marchés émergents et des politiques monétaires accommodantes des banques centrales émergentes, bien que les cycles d’assouplissement monétaire soient moins prononcés que prévu, compte tenu de la normalisation de la politique monétaire de la Fed. La reprise cyclique de la croissance des marchés émergents devrait également se poursuivre, dans la mesure où la plupart des pays émergents se situent encore au-dessous de leur niveau de croissance potentielle. D’après nous, les taux locaux des marchés émergents offrent encore de la valeur, et nous restons surpondérés envers certaines émissions à haut rendement dûment sélectionnées (Brésil, Colombie, Indonésie, Russie). Nous surpondérons également les pays à bêta intermédiaires comme l’Afrique du Sud (croissance et désinflation modérées) et le Mexique (fin du cycle de relèvement des taux et prime de risque politique qui pourrait être corrigée à court terme, sur la base de politiques américaines aux effets adverses limités).

En revanche, nous sous-pondérons les marchés dont les taux locaux dégagent des rendements bas, en Asie et en Europe centrale et orientale comme la Malaisie (valorisation limitée) et la Hongrie (où les pressions inflationnistes vont s’accumuler au second semestre de 2017).