19 JUIL.

2017

Revenus fixes , Thèmes

Opération sur spreads via une position longue sur les Etats-Unis et une position courte sur la zone euro, prise de bénéfices partielle

CONTEXTE GLOBAL

La dynamique du cycle d’activité continue à se renforcer dans la zone euro et au Japon, dans la mesure où la phase de croissance dans les deux régions demeure bien ancrée. Dans la zone euro, en particulier, la confiance a atteint son plus haut niveau depuis dix ans. Bien que les Etats-Unis aient connu une amélioration des données économiques au deuxième trimestre, les perspectives demeurent tributaires du plan de relance budgétaire tant attendu, que le gouvernement doit encore produire. Dans les autres régions développées, nous notons que presque tous les pays du G10 se trouvent résolument en phase de croissance. Concernant le cycle de la dette, nous constatons un ralentissement aux Etats-Unis, tandis que l’Europe et le Japon semblent désormais prendre les commandes.

L’Europe semble prendre une place centrale sur le front de l’inflation. Les sous-indicateurs (salaires, logements, consommation, etc.) regorgent en effet de données favorables, avec une accélération notable ces dernières semaines. Aux Etats-Unis, les chiffres de l’inflation semblent se stabiliser et cette situation pourrait perdurer, sans un soutien significatif provenant d’un plan de relance budgétaire ou des cours du pétrole. La tendance générale de l’inflation au sein des pays du G4 semble atteindre un pic après les données très solides accumulées depuis le début de l’année.

Ces tendances remettent en question les actions futures des banquiers centraux du G10, dont la rhétorique indique une évolution en direction d’un affaiblissement du soutien monétaire (en particulier pour la Fed et la BCE). Nous notons que l’inflation reste encore en-dessous des objectifs des banques centrales et que le rebond des cours du pétrole n’a pas permis à celui-ci de franchir le seuil de 50 dollars le baril. En l’absence d’amélioration significative dans les mois à venir, il est possible que les banques centrales projettent de restreindre leur soutien monétaire, ce qui pourrait constituer une mesure de protection en cas de prochain ralentissement économique. Un tel scénario va nous confronter à un risque accru d’erreurs politiques des banques centrales (particulièrement au regard d’une dynamique de la dette qui se détériore et d’une probabilité plus élevée de ralentissement économique), faisant ainsi des annonces et des actions des banques centrales des éléments extrêmement importants à suivre dans les prochains mois.

STRATEGIE MONDIALE TAUX

Opération sur spreads via une position longue sur les Etats-Unis et une position courte sur la zone euro, prise de bénéfices partielle

L’incertitude autour de la politique américaine, le risque politique en Europe, la décélération de l’activité et une Réserve fédérale résolument prudente nous avaient conduits plus tôt cette année à initier une position longue sur l’extrémité longue de la courbe américaine. En outre, les problèmes de l’administration Trump, qui se trouve dans l’incapacité de trouver la stabilité nécessaire pour produire les réformes fiscales et le programme de relance tant attendus, ont contribué au dénouement des positions liées au « reflation trade », avec une diminution du niveau des positions courtes sur la partie intermédiaire à longue de la courbe américaine. Du côté européen, en revanche, la poursuite de l’accélération du cycle d’activité et d’inflation et le probable abandon progressif du programme d’assouplissement quantitatif de la BCE (attendu en septembre 2017) nous ont incités à maintenir une position courte sur la courbe euro. Des valorisations tendues et un risque politique réduit ont également renforcé notre conviction dans cette stratégie. Ces derniers mois, le positionnement long sur les Etats-Unis face à une position courte sur la zone euro a généré de solides rendements et nous avons pris partiellement des bénéfices sur la position longue sur les Etats-Unis, que nous maintenons encore, malgré un certain degré d’incertitude sur les perspectives économiques et inflationnistes aux Etats-Unis. Nous continuons à conserver une position courte sur les taux des pays du cœur de l’Union européenne, dans la mesure où l’inflation poursuit sa hausse et où les déclarations récentes de M. Draghi ont indiqué un abandon progressif du programme de QE de la BCE en septembre 2017.

Surpondération des périphériques

Les marchés obligataires européens périphériques continuent à être soutenus par la BCE et les dynamiques de flux de capitaux sont également positives. De plus, le positionnement des investisseurs demeure proche de son niveau plancher. Par conséquent, nous surpondérons l’Espagne et le Portugal, dont les valorisations sont encore relativement attrayantes, mais restons vigilants vis-à-vis des risques politiques spécifiques, qui justifient notre attitude prudente face à l’Italie. Partout ailleurs, nous avons pris des bénéfices sur notre exposition sélective à des pays d’Europe de l’Est comme la Lituanie, la Slovaquie et la Pologne.