19 OCT.

2017

Revenus fixes , Stratégies d'investissement mensuelles , Thèmes

Les taux locaux restent une classe d’actifs attrayante

STRATÉGIE DETTE ÉMERGENTE

Surpondération des pays générant des rendements élevés et des pays liés au complexe énergétique

Les risques externes qui pèsent sur les marchés émergents se sont progressivement réduits depuis le début de l’année, grâce à l’apaisement des incertitudes politiques sur les marchés développés. En effet,les élections européennes se sont soldées par des victoires de candidats favorables aux marchés, et les politiques américaines ne se sont pas, jusqu’à présent, focalisées sur des mesures commerciales protectionnistes extrêmes. Les tensions géopolitiques restent élevées, surtout en ce qui concerne la Corée du Nord, mais les marchés semblent écarter la probabilité d’une intensification du conflit. Conformément à ses prévisions, la Fed a relevé ses taux directeurs en mars et en juin, et elle a fait part de son intention de réduire progressivement son bilan en septembre, provoquant une réévaluation de la hausse de taux prévue pour décembre et ramenant les bons du Trésor américain aux alentours de 2,40 %. La croissance en Chine demeure stable, dans la mesure où les autorités ont trouvé un point d’équilibre subtil entre désendettement, réformes et politiques de relance. La croissance des pays émergents reste vigoureuse et générale, malgré le rebond jusqu’ici très modeste des prix de l’énergie.

Nous conservons une surpondération de la dette en devise forte, et maintenons notre biais positif à l’égard des pays exportateurs de matières premières, dans la mesure où les crédits dans la région sont désormais décorrélés de l’évolution timide des prix du pétrole (Angola, Azerbaïdjan, Équateur, Kazakhstan) et des cas spécifiques d’amélioration des notations (tels l’Argentine, l’Ukraine, l’Égypte et le Ghana). Nous avons également un biais positif tactique sur le Venezuela, sachant que le cours des obligations se situe désormais largement en-dessous des valeurs de recouvrement.

Nos sous-pondérations concernent les titres sensibles aux bons du Trésor américain ayant des valorisations tendues, comme le Panama, le Pérou, le Chili, l’Uruguay, les Philippines et la Pologne. Nous sous-pondérons également l’Afrique du Sud, qui est actuellement pénalisée par des valorisations tendues, des risques liés à la transition politique, des risques d’abaissement de sa note, un ajustement budgétaire insuffisant et une faible croissance.

Les taux locaux restent une classe d’actifs attrayante

Les titres en devises locales continuent de bénéficier de tensions inflationnistes limitées dans les pays émergents(voire de la désinflation pure et simple sur certains marchés) et de la politique accommodante des banques centrales émergentes, bien que les cycles d’assouplissement pourraient toucher à leur fin ou sont déjà pleinement intégrés aux cours sur la plupart des marchés. La reprise cyclique de la croissance des pays émergents devrait elle aussi se poursuivre, la plupart de ces pays n’ayant pas encore atteint leur potentiel de croissance estimé.

Les titres en devises locales présentent encore de la valeur à nos yeux, et nous maintenons notre surpondération de certains pays générant des rendements élevés qui bénéficient du soutien du taux réels élevés et d’une dynamique favorable de désinflation (Brésil, Colombie, Russie). Nous détenons également une surpondération du Mexique (en prévision du lancement d’un cycle d’assouplissement début ou mi-2018, de la réduction attendue des tensions inflationnistes et d’effets de base favorables en janvier/février 2018). Toutefois, les élections générales de juillet 2018 font peser un risque et nous avons réduit de moitié notre position.

Nous sous-pondérons les taux locaux peu générateurs de rendement en Asie et au sein des PECO, tels que la Malaisie (valorisations limitées), la Hongrie (où les pressions inflationnistes s’intensifieront dans la seconde partie de 2017) et la République tchèque (poursuite du resserrement monétaire de la banque centrale tchèque). Nous optons enfin pour une sous-pondération de la Turquie en raison des risques politiques grandissants sur le plan intérieur, des risques liés aux bons du Trésor américain, d’une croissance déséquilibrée et d’une inflation élevée.