23 JANV.

2017

Revenus fixes , Thèmes

Risques externes accrus pour la dette émergente

La dette émergente est exposée à des risques externes accrus, étant donné que la nouvelle administration américaine devrait adopter des mesures commerciales plus restrictives à l’étranger et suivre une politique budgétaire de relance sur le plan national. La dette émergente aborde cette période d’incertitude élevée en bénéficiant de fondamentaux solides, les risques principaux pour cette classe d’actifs – le ralentissement de la Chine et la déclin des matières premières –  ayant reculé en 2016. Nous continuons de surpondérer légèrement la dette externe parce que les nouvelles politiques de l’administration américaine auront un impact mitigé - positif pour les exportateurs de matières premières et négatif pour les exportateurs de produits manufacturiers bon marché.

Dette externe : approche équilibrée par rapport au pays exportateurs de pétrole, sous-pondération des émetteurs sensibles aux bons du Trésor américains

Les primes de risque sur la dette émergente en devise forte ont reculé en décembre et début janvier, se remettant de la surprise des résultats de l’élection présidentielle américaine. La dette émergente en devises forte ne semble pas offrir de valeur sur une base absolue – à 325 points de base, les spreads émergents traitent à l’intérieur de la moyenne à 5 ans de 337 points de base mais la valorisation relative à la dette des pays développés High Yield  et Investment Grade offre encore de la valeur.

A court terme, les facteurs techniques fournissent moins de soutien, l’offre en souverains émergents est, de façon saisonnière,  forte en janvier et février, bien que les flux de capitaux sortant de cette classe d’actifs semblent s’être stabilisés depuis novembre. Nous pensons que les entrées de capitaux dans cette classe d’actifs vont reprendre plus tard en 2017 lorsque les valorisations se seront dadvantage rétablies, les acteurs du marché ayant une meilleure visibilité sur les politiques de la nouvelle administration américaine et le cycle de hausse de la Réserve fédérale étant de mieux en mieux ‘pricé’.

Dans ce contexte, nous conservons une position surpondérée sur le High Yield avec des catalyseurs idiosyncratiques tels que l’Argentine, le Brésil et le Ghana, ainsi que des pays d’Europe de l’Est de manière sélective (Serbie, Bulgarie, Croatie, Monténégro) où les valorisations semblent attrayantes. Nous détenons une allocation équilibrée vis à vis des pays exportateurs de pétrole via des surreprésentations de pays tels que le Venezuela et l’Équateur, où les rendements élevés compensent la dégradation des fondamentaux, une allocation compensée par des positions sous-pondérées au Nigeria et en Malaisie, où les valorisations sont tendues en termes relatifs.

Nos sous-pondérations incluent des émetteurs sensibles aux bons du Trésor américain, à faible bêta et à valorisations tendues, comme la Chine, le Pérou, le Chili et le Panama.
Nous visons également une exposition faible sur certains pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord tels que le Liban, où les risques politiques restent élevés et les facteurs techniques moins favorables, et Oman, où le risque d’offre est présent.

Courbes de taux locales : une classe d’actifs toujours attrayante, approche sélective

Les taux locaux continueront de profiter de la désinflation au sein des marchés émergents et des politiques accommodantes de leurs banques centrales, bien que les cycles d’assouplissement risquent d’être moins profonds que prévu avant les élections américaines. La reprise de la croissance cyclique émergente devrait aussi continuer, étant donné que la plupart des pays émergents ont encore du potentiel de croissance. Nous considérons toujours que les taux locaux sont attrayants et gardons une surpondération sur certains segments qui offrent des rendements élevés.

Par conséquent, nous maintenons une surpondération du High Yield, soutenu par des taux réels élevés et par une dynamique de désinflation constructive, comme on l’observe au Brésil, en Colombie et en Russie. Des politiques monétaires accommodantes au sein des marchés émergents et développés favorisent l’exposition aux segments moyens et longs des courbes. 

D’autre part, nous sous-pondérons certains émetteurs asiatiques à faible rendement, tels que la Thaïlande et la Malaisie, qui sont très sensibles aux bons du Trésor américain et ont des valorisations tendues. Nous avons une exposition limitée aux émetteurs à faible rendement d’Europe Centrale et de l’Est tels que la Pologne, la Hongrie et la Roumanie, parce que ceux-ci se traitent aussi à des valorisations tendues et sont très sensibles aux bons du Trésor américain.