14 DÉC.

2016

Revenus fixes , Thèmes

Dette externe : nous continuons de surpondérer légèrement ce segment

Le mois a été marqué par la victoire de Donald Trump aux élections américaines, entraînant une forte hausse du rendement des bons du Trésor américain. Dans ce contexte, la dette émergente a beaucoup souffert, puisque la dette externe a cédé environ 5 % au cours du mois, bien que la performance des marchés soit positive depuis le 1er janvier, tant en devise locale qu’en devise forte.

La dette émergente est exposée à des risques externes accrus, étant donné que la nouvelle administration américaine devrait adopter des mesures commerciales plus restrictives à l’étranger et suivre une politique budgétaire de relancesur le plan national. La dette émergente entre dans cette période de fortes incertitudes avec des fondamentaux solides, puisque les principaux risques pour la classe d’actifs - ralentissement de la Chine et déclin des matières premières - ont diminué depuis le 1er janvier. Nous continuons de surpondérer légèrement la dette externe parce que les nouvelles politiques de l’administration américaine auront un impact mitigé - positif pour les exportateurs de matières premières et négatif pour les exportateurs de produits manufacturiers bon marché.

Dette externe : approche équilibrée par rapport au complexe énergétique, sous-pondération des émetteurs sensibles aux bons du Trésor américains

Comme les primes de risque sur la dette émergente en devise forte ont augmenté en novembre, les valorisations offrent de meilleurs points d’entrée en termes absolus et relatifs, mais n’ont pas encore un niveau très attrayant (à 356 pb, les spreads sur la dette émergente ne sont que légèrement supérieurs à leur moyenne sur 5 ans de 340 pb).

Á court terme, les facteurs techniques sont moins favorables, puisque les investisseurs ont commencé à prendre leurs bénéfices sur leurs allocations de dette émergente. Nous prévoyons que les entrées de capitaux vers cette classe d’actifs redémarreront au début de 2017 lorsque les valorisations se seront rétablies, que les acteurs de marché auront une meilleure visibilité sur les nouvelles politiques de l’administration américaine et que les prix intégreront mieux le cycle de relèvement de taux de la Fed.

Dans ce contexte, nous conservons une position surpondérée sur le High Yield avec des catalyseurs idiosyncratiques tels que l’Argentine, le Brésil et le Ghana, ainsi que des pays d’Europe de l’Est de manière sélective (Serbie, Bulgarie, Croatie, Monténégro) où les valorisations semblent attrayantes. Nous détenons une allocation équilibrée du complexe énergétique via des surreprésentations de pays tels que le Venezuela et l’Équateur, où les rendements élevés compensent la dégradation des fondamentaux, une allocation compensée par des positions sous-pondérées au Nigeria et en Malaisie, où les valorisations sont tendues en termes relatifs.

Nos sous-pondérations incluent des émetteurs sensibles aux bons du Trésor américain, à faible bêta et à valorisations tendues, comme la Chine, le Pérou, le Chili et le Panama. Nous visons également une exposition faible sur certains pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord tels que le Liban, où les risques politiques restent élevés et les facteurs techniques moins favorables, et Oman, où le risque d’offre est présent.

Courbes locales : une classe d’actifs toujours attractive, approche sélective

Les taux locaux continueront de profiter de la désinflation au sein des marchés émergents et des politiques accommodantes de leurs banques centrales, bien que les cycles d’assouplissement risquent d’être moins profonds que prévu avant les élections américaines. La reprise de la croissance cyclique émergente devrait aussi continuer, étant donné que la plupart des pays émergents ont encore du potentiel de croissance. Nous considérons toujours que les taux locaux sont attrayants et gardons une surpondération sur certains segments qui offrent des rendements élevés.

En conséquence, nous maintenons une surpondération du High Yield soutenue par des taux réels élevés et une dynamique de désinflation constructive comme on l’observe au Brésil, en Colombie, en Russie et en Indonésie. Des politiques monétaires accommodantes au sein des pays émergents et développés favorisent l’exposition aux segments moyen et long des courbes.

D’autre part, nous sous-pondérons certains émetteurs asiatiques à faible rendement, tels que la Thaïlande et la Malaisie, qui sont très sensibles aux bons du Trésor américain et ont des valorisations tendues. Nous avons une exposition limitée aux émetteurs à faible rendement d’Europe Centrale et de l’Est tels que la Pologne, la Hongrie et la Roumanie, parce que ceux-ci se traitent aussi à des valorisations tendues et sont très sensibles aux bons du Trésor américain.