17 MARS

2017

Revenus fixes, Nicolas Forest, Thèmes

Des paroles et des actes

Alors qu’elle était encore largement incertaine en février (30% de probabilité) ; la hausse de taux du mois de mars était devenue une quasi-certitude les dernier jours. L’intervention de Janet Yellen en début de mois et plusieurs discours des membres de la FED avaient récemment pointé vers une accélération du rythme de hausse de taux. Pas de surprise donc, mais pour autant un vrai changement.

D’une hausse par an, la FED accélère le pas en anticipant 3 voire 4 hausses pour les prochains mois. Un tel calendrier est motivé par la dissipation des risques extérieurs, la bonne tenue des créations d’emploi et une tendance haussière de l’inflation américaine. Même si la relance budgétaire de Monsieur Trump reste largement incertaine, la hausse de l’inflation est suffisamment solide pour justifier normalisation monétaire.

Il est difficile d’estimer aujourd’hui le taux naturel de politique monétaire. Selon une règle standard de Taylor, le taux directeur devrait être proche de 3.50%. Un écart de 2.5% avec le taux actuel n’est aujourd’hui pas tenable et devrait ainsi conduire la FED à retourner autour des 2% dans les prochains 18 mois.

C’était d’ailleurs bien le but de son discours qui malgré toutes les précautions requises a renforcé la probabilité de nouvelles hausses. Des paroles rassurantes pour justifier une politique de resserrement.

Dans les prochaines mois, la normalisation monétaire américaine devrait continuer à peser sur la performance des obligations américaine (notamment de courte maturité). Elle pourrait aussi à plus long terme pénaliser les ménages que seule la relance budgétaire devrait sauver du ralentissement. Après le temps des paroles doit donc venir celui des actes.