13 MARS

2017

Macro , Thèmes

Brésil : le levier monétaire devrait continuer de soutenir l’activité

Avec la remontée du prix des matières premières, les termes de l’échange1 du Brésil se sont nettement améliorés (graphe 1) ce qui s’est traduit par un redressement des indices de confiance tant des ménages que des entreprises. Les indicateurs réels d’activité restent toutefois mitigés : au quatrième trimestre, l’activité s’est ainsi une nouvelle fois contractée de 3,4 % en rythme annuel.

Le poursuite de la baisse du taux d’utilisation des capacités, le niveau toujours élevé des taux d’intérêts ainsi que le désendettement engagé depuis début 2016 laissent penser que l’investissement des entreprises sera encore faible en 2017. Quant aux ménages, la hausse rapide du taux de chômage (graphe 2) pèse sur leur pouvoir d’achat. Enfin, les exportations ne devraient pas non plus soutenir la croissance, notamment en raison de l’appréciation de 30 % du Real contre toutes devises sur un an.

Confrontés à une dégradation massive des finances publiques, le nouveau gouvernement s’est en outre clairement engagé dans la voie d’un rééquilibrage budgétaire : une loi limitant l’évolution des dépenses à l’inflation de l’année précédente a déjà été adoptée et un projet de loi réformant la sécurité sociale (en particulier le régime de retraites) est actuellement en discussion au parlement. La politique budgétaire ne soutiendra donc pas l’activité dans les années à venir.

Dans ce contexte, seul le levier monétaire peut être activé. La nette baisse de l’inflation (graphe 3) – elle est passée de 10,7 % début 2016 à moins de 5 % en février 2017 – a ouvert des marges de manœuvre à la banque centrale. Cette dernière a ainsi entamé une baisse de ses taux directeurs de 14,25 % à l’automne dernier à 12,25 % en février. La poursuite de la baisse de l’inflation vers la cible de 4,5 % et les gages de redressement des finances publiques donnés par le gouvernement devraient inciter la banque centrale à poursuivre (voire accélérer) son mouvement de détente. Dès lors, après avoir baissé de 3,6 % en moyenne en 2016, l’activité devrait repartir lentement (graphe 4) : la croissance pourrait ainsi rester proche de 0 % en 2017, puis 2,0 % en 2018.



1​​Terme de l’échange : est le rapport entre les prix à l’exportation et les prix à l’importation