22 JUIL.

2019

Etudes , ISR , Thèmes

Comment les énergies renouvelables et fossiles sont entremêlées

L’interaction entre l’empreinte carbone d’une société et l’investissement dans les énergies renouvelables au sein d’un portefeuille peut s‘avérer complexe. De nombreuses entreprises ayant une empreinte carbone élevée sont également des acteurs importants dans le secteur des énergies renouvelables. Confrontées à des pressions émanant des investisseurs, régulateurs, gouvernements et/ou clients afin de réduire leur empreinte carbone, elles peuvent soit céder leurs actifs producteurs de carbone les plus importants et/ou investir dans la production d’énergies renouvelables pour faire contrepoids.

Les producteurs d’électricité combinant une génération de CO2 élevée à des technologies renouvelables sont ainsi plus répandus que les « pur players » (c’est-à-dire les acteurs spécialisés uniquement dans une seule technologie) dans le secteur des renouvelables.  

Voici quelques exemples parmi d’autres de ce type de producteurs d’électricité mixtes[1]

  • Huadian Fuxin Energy, en Chine --  35% d’énergie au charbon, 35% d’énergie éolienne, 22% d’énergie hydroélectrique
  • Idacorpin, Etats-Unis – 3 centrales électriques au charbon, 12 centrales hydroélectriques
  • Electric Power Development Co., au Japon – 38% d’énergie au charbon, 39% d’énergies renouvelables

L’enchevêtrement important des actifs renouvelables et des actifs forts producteur de carbone crée un paradoxe pour les investisseurs : en augmentant l’exposition du portefeuille aux énergies renouvelables, ils vont presque certainement augmenter dans le même temps l’exposition au charbon et faire grimper ainsi l’intensité carbone du portefeuille.

Chez Candriam, nous considérons qu’il est plus efficace pour les investisseurs d’optimiser leur portefeuille en l’orientant vers une intensité carbone spécifique d’une manière neutre par rapport au secteur, plutôt que d’exclure simplement les secteurs les plus intenses en CO2, p.ex. l’énergie, les matériaux et les services aux collectivités.

Par ailleurs, notre analyse montre que le fait d’atteindre un degré d’investissement élevé dans les énergies renouvelables requiert une exposition aux secteurs intenses en carbone. Ceci est dû à l’existence d’acteurs mixtes, tels que ceux qui produisent de l’électricité aussi bien à partir de sources d’énergie fossiles que de sources d’énergie renouvelables.

Optimisation du carbone et résultats en matière d’investissement

Pour estimer l’impact d’une approche fondée sur l’atténuation de l’intensité carbone sur les performances de gestion, nous avons analysé la corrélation entre l’intensité carbone (IC) et les performances financières des actions sur une période de neuf ans, allant de décembre 2009 à décembre 2018, en utilisant une analyse par décile. Nous avons divisé l’univers mondial des actions en dix portefeuilles équi-pondérés au début de chaque mois, sur la base du facteur d’intensité carbone. Nous avons comparé leur performance à celle de l’univers équi-pondéré sur le mois suivant. Le portefeuille a été rebalancé sur une base mensuelle.

Le graphique montre que sur la période en question, les portefeuilles comprenant les titres ayant la plus faible intensité carbone (IC faible) ont eu globalement tendance à surperformer l’univers d’investissement, alors que ceux qui affichent l’intensité carbone la plus élevée (IC forte) ont eu tendance à sous-performer.

Note: Les résultats ci-dessus sont fondés sur des résultats simulés ou hypothétiques présentant certaines limites inhérentes. Contrairement aux résultats montrés dans un enregistrement de données réel, ces résultats ne représentent pas des opérations de trading réelles. Ces opérations n’ayant pas été réellement exécutées, ces résultats ont pu avoir pour effet de sous- ou surcompenser, le cas échéant, l’incidence de certains facteurs de marché, tels que l’absence de liquidité. En général, les programmes de trading simulés ou hypothétiques sont également soumis au fait qu’ils sont conçus avec du recul. Aucune déclaration n’est faite, selon laquelle un compte va ou est susceptible d’obtenir des résultats similaires à ceux qui sont montrés. 

Notre analyse montre que les cours des titres des sociétés ayant réalisé le progrès le plus important en matière de réduction de carbone ont surperformé les « retardataires en matière de réduction de carbone » sur cette période d’analyse de neuf ans. Cela peut résulter des changements en cours en matière règlementaire associés à une prise de conscience accrue des investisseurs concernant les risques d’investissement imposés par le changement climatique.

La publication est disponible uniquement en anglais.

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Cette publication est exclusivement réservée aux investisseurs professionnels.



[1] Source: Rapports annuels des sociétés pour l’exercice 2018