24 SEPT.

2018

Une bonne histoire est toujours nécessaire pour réveiller les marchés. Les craintes relatives à l'éclatement d’une véritable guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ont été apaisées par les récentes négociations et, plus important encore, par l'attention des investisseurs qui s’est portée sur les excellents résultats des entreprises et les solides fondamentaux de l'économie américaine.

Dans ce contexte, les actions américaines ont surperformé les actions du reste du monde. Les petites et moyennes capitalisations, davantage tournées vers le marché local, ont généré des performances supérieures à celles des grandes capitalisations, qui sont plus sensibles aux tensions commerciales externes. Le secteur technologique a enregistré les meilleures performances du mois, avec plus de 6 % pour le Nasdaq 100. Avec une progression d’environ 5 %, la consommation discrétionnaire et les soins de santé le talonnent de près. En revanche, les principaux indices d’Europe, d’Asie hors Japon et des marchés émergents ont terminé la période dans le rouge. Les investisseurs craignent que les tensions commerciales remettent en cause la dynamique économique positive actuelle et ralentissent ces économies.

Les marchés obligataires des pays développés n’ont pas fait de remous, marqués uniquement par la légère détente des taux à moyen et long termes aux États-Unis et en Europe. Les rendements à court terme canadiens ont augmenté de 10 pb en moyenne dans l’anticipation d’une intervention imminente de la part de la banque centrale. En Argentine, en Turquie et au Brésil, les taux à court terme continuent de s'élargir fortement.
Si le dollar américain s’est légèrement apprécié face aux devises des marchés développés, il a cependant plus fermement augmenté face aux autres devises du monde telles que le real brésilien et le peso argentin. Notons que le yen japonais reste fragile, contrastant avec son statut historique de devise refuge lors de turbulences sur les marchés émergents.

Les matières premières semblent refléter la faiblesse des marchés émergents : les biens agricoles ainsi que les métaux précieux et de base suivent en effet une tendance à la baisse. Le pétrole reste néanmoins relativement bien ancré, profitant d’un ralentissement de la production et de l’incapacité d'acheminer davantage de gaz de schiste aux raffineurs. Le baril de Brent s'élève désormais à 70 dollars (+4,27 %), soit un écart de près de 10 dollars par rapport au WTI.

Au mois d’août, l'indice HFRX Global Hedge Fund EUR a augmenté de 0,17 %.

 

Long short equity

En août, la performance des stratégies long/short equity se sont révélées contrastées. Les stratégies axées sur les États-Unis ont surperformé celles qui investissent en majorité en Europe et en Asie. Les marchés boursiers ont enregistré de solides performances durant le mois, portés cependant par un nombre restreint de secteurs et de grandes capitalisations. Ce contexte a en quelque sorte entravé la capacité à générer de l’alpha, avec de faibles ratios d’exploitation à la hausse. La vente à découvert s’est également avérée complexe durant le mois d'août. Néanmoins, de nombreuses opportunités subsistent dans des secteurs tels que les soins de santé, la technologie, les médias et la consommation, où les progrès technologiques permettent chaque jour de remettre en question les leaders historiques grâce à l'arrivée de nouveaux concurrents disposant de nouvelles technologies ou d’un modèle d'affaires plus rentable.  

Global Macro

Le mois d'août s’est révélé difficile pour les investisseurs Global Macro, en particulier ceux qui se tournent majoritairement vers les marchés émergents. Si les actifs ont fortement fluctué sur la période, les investisseurs n’ont pas de suite cédé face à la valeur offerte par les solides décotes. Selon un récent sondage de Morgan Stanley Prime Brokerage, la volatilité, l'activité des banques centrales et la hausse des taux constituent, de manière générale, des facteurs positifs aux yeux des gérants Global Macro. Ce qui n’est pas le cas de la géopolitique, qui est selon eux l'élément le plus défavorable.    

Stratégies quantitatives

Les stratégies de suivi de tendance, qui bénéficient des tendances des différentes classes d'actifs en dépit de l'évolution incertaine des marchés, offrent des performances positives. Ce qui témoigne de la solidité de cette stratégie dans un environnement pourtant imprévisible. Parallèlement, les stratégies actions quantitatives ont généré de bonnes performances, effaçant ainsi une partie des pertes subies en juin grâce à la hausse de la dispersion sur les marchés boursiers.

Arbitrage de taux

Les performances des gérants d'arbitrage de produits de taux ont terminé la période dans le vert malgré une faible volatilité des taux d'intérêt. La stratégie offre une opportunité intéressante dans la mesure où sa convexité positive profite davantage d'un environnement plus volatil. Depuis le 1er janvier, tous les gérants de cette stratégie ont généré de solides performances ajustées du risque via une exposition positive à la volatilité.

Marchés émergents

Depuis le début de l’année, investir dans les marchés émergents se révèle particulièrement intimidant. La région semble ne plus avoir les faveurs des investisseurs qui trouvent toujours un prétexte pour y liquider leur exposition. Le conflit douanier qui oppose les États-Unis et la Chine exerce toujours des pressions sur toutes les classes d'actifs et la situation pourrait perdurer jusqu’aux élections américaines de mi-mandat en novembre. Bien que la date exacte de la résolution de ces différends ne soit pas connue, les dislocations créées par la politique de Donald Trump favoriseront tôt ou tard l'apparition de nouvelles opportunités.

Risk arbitrage – Event-driven

Les stratégies d'arbitrage sur fusions et acquisitions, qui évoluent le mieux dans un environnement de marché sain, ont globalement affiché des performances positives. Néanmoins, le volume total de transactions est en baisse par rapport au mois de juillet en raison du ralentissement caractéristique de la saison estivale. Aucun événement majeur n’ayant eu d'impact sur l'élargissement des spreads, les performances sont le fruit d’une sélection de titres minutieuse des gérants. Les perspectives demeurent en outre favorables aux opérations de fusions et acquisitions dans la seconde partie de l’année. Les transactions en attente sont généralement effectuées selon une solide logique stratégique et par des acheteurs hautement engagés. 

Distressed

Avec des taux de défaut et des spreads proches de leurs plus bas historiques, le cycle de crédit touche selon nous à sa fin. Néanmoins, bien que nous surveillions étroitement les gérants qui investissent dans des entreprises en difficulté en raison de leur important potentiel de performances, nous restons globalement en retrait. En effet, de plus en plus de hedge funds américains qui investissent dans des actifs en difficulté commencent à lever des fonds en prévision du prochain ralentissement économique. 

Long/short credit & High yield

Après plusieurs mois marqués par des fuites de capitaux et un léger élargissement des spreads, le spread des obligations américaines à haut rendement s’est resserré à son plus bas historique, ce qui conforte notre opinion négative vis-à-vis de cette stratégie.