23 JANV.

2018

Performance absolue , Thèmes

Toujours dans un environnement ideal

Le monde évolue pour le moment dans une « zone idéale »,  qu’il n’a pas connu depuis l’avènement de la dernière crise financière. La plupart des principales économies progressent de façon simultanée, le chômage se situe à un niveau bas ou sur une pente décroissante, et les taux d’intérêt sont faibles ou en passe de croître en suivant une pente douce. Les marchés émergents semblent, en grande partie, stables du point de vue des fondamentaux, avec des niveaux de dette maîtrisés et des cours des matières premières en hausse. Nul ne sait d’où les menaces émergeront, mais, tôt ou tard, la situation se retournera. Profitez bien de la période actuelle, tant qu’elle durera!

Les marchés se sont bien comportés dans l’ensemble. Les régions affichant les meilleures performances ont été celles qui, à l’instar du Brésil et de l’Argentine, ont géré une économie plus tributaire d’une hausse des cours des matières premières. Les marchés européens, bien qu’ils aient été soutenu par des fondamentaux sains, ont légèrement souffert de l’instabilité politique en Espagne et en Allemagne. L’une des exceptions a concerné l’indice FTSE 100, qui a gagné environ 5 %, probablement en raison d’avancées dans les négociations liées au « Brexit ».

Les taux sont restés globalement inchangés, démontrant que toutes les informations disponibles étaient déjà intégrées dans les cours. En revanche, les investisseurs ont délaissé le dollar au cours du mois, dans l’anticipation d’une poursuite de l’amélioration des fondamentaux économiques au sein des zones économiques non liées au billet vert. Ceci a généré un resserrement des niveaux de spreads par rapport au dollar et des prévisions de croissance.

Les métaux de base ont poursuivi leur tendance haussière. Les métaux précieux ont continué à être en forte demande, grâce à la forte demande en batteries. Le cobalt a gagné 12,62 %. Le pétrole (WTI) a gagné plus de 5 %.

L’indice HFRX Global Hedge Fund EUR a gagné 0,45 %.

Strategie long short equity

Au cours de l’année 2017, le bêta a offert un solide soutien aux stratégies actions. De plus, cette année s’est avérée très positive en matière de génération d’alpha pour les gérants de stratégies long / short actions. Ceci a conduit les indices actions alternatifs à générer des rendements, en moyenne, à deux chiffres. Grâce à la dynamique vigoureuse du marché, les stratégies neutres au marché ont généré des rendements plus limités, en raison de la sous-performance de leurs positions short. Il va de soi que pour les vendeurs à découvert, la partie s’est avérée encore plus difficile. En ce qui concerne les gérants spécialisés sur des secteurs spécifiques, les spécialistes des valeurs technologiques ont enregistré les meilleures performances, tandis que de l’autre côté du spectre, les gérants de valeurs énérgétiques ont affiché les rendements les moins intéressants.

Compte tenu du niveau de valorisation élevé sur toutes les classes d’actifs, les niveaux de volatilité vont probablement croître en 2018. Nous évoluons dans un contexte favorable, dans lequel les actions semblent offrir les meilleures perspectives de retour sur investissement à court terme, avec des rendements convenables dans un monde où les taux sont bas, ainsi qu’une protection par rapport à une pente des taux doucement ascendante. Néanmoins, il reste de nombreuses thématiques intéressantes à explorer au sein de l’univers long / short actions. Le nouveau régime fiscal américain va générer des gagnants et des perdants. Il existe également des transformations structurelles de plus long terme, telles celles provoquées par les géants technologiques au sein des secteurs des médias et de la distribution, lesquels offrent des opportunités des deux côtés du portefeuille. Au Japon, la gouvernance des entreprises semble se soucier de plus en plus des rendements offerts aux actionnaires, et présente une source d’opportunités pour les stratégies longues. En ce qui concerne les stratégies short, les restrictions de liquidité en Chine et la surveillance de l’endettement financier vont certainement placer de nombreuses sociétés sur le devant de la scène. Par ailleurs, la robustesse de l’économie européenne et son niveau de valorisation relative, c’est à dire, sa valorisation abordable par rapport à d’autres actifs, en fait une opportunité d’investissement des plus convaincantes au cours des trimestres à venir. Certains gérants expriment cette convition en augmentant leur exposition nette aux valeurs cycliques européennes, au détriment des valeurs défensives, considérées comme étant bien valorisées. Nous pensons que les stratégies long / short présenteront encore de nombreuses opportunités cette année.


Strategie global macro

Sur l’ensemble de l’année, la performance des gérants Global Macro a été disparate. La phase de transition dans laquelle se situent  actuellement les programmes de soutien des banques centrales a généré des positionnements très hétérogènes. Au second semestre, la performance a principalement résulté de mouvements sur les marchés actions et sur les taux de change. Sur une base plus spécifique, le taux de succès (« hit ratio ») des gérants discrétionnaires était mitigé. Si les paris réalisés sur les taux brésiliens ou égyptiens se sont avérés payants, investir et gagner de l’argent sur les obligations au Venezuela et à Porto Rico a clairement nui à la performance. Nous pensons que les fortes variations du cours des actifs devraient perdurer, le temps que les anticipations s’ajustent à la réalité. Les stratégies Macro seront à même de capter et de tirer parti de ces fluctuations prononcées, grâce à une volatilité accrue des taux et des devises.


Strategies quantitatives

La stratégie actions neutre au marché a été affectée par le facteur « valorisation » tout au long de l’année, alors que le facteur « momentum » a signé une belle performance. Une hausse de la volatilité devrait profiter à cette stratégie en lui offrant de nombreuses opportunités. La stratégie de suivi de tendances à long terme – essentiellement axée sur les marchés des actions et des changes en général, et plus spécifiquement sur le secteur technologique et le Hang Seng, associée à une performance positive sur le marché des changes – reste la meilleure stratégie.

 

Arbitrage produits de taux

Nous avons maintenu inchangée notre allocation en arbitrage de produits de taux. Malgré le discours des banques centrales qui laisse de plus en plus présager d’une hausse des taux, la volatilité est restée limitée. L’accès aux lignes des bilans n’a pas suscité de problème aux États-Unis ces derniers mois, car les opportunités se sont raréfiées. Cependant; nous sommes restés confiants dans cette stratégie, car l’Europe et le Japon ont encore offert des opportunités convaincantes et nous avons attendu avec impatience l’échéance de décembre. Depuis le début de l’année, tous les gérants au sein de cet univers ont généré de solides rendements ajustés du risque, tout en étant exposés positivement à la volatilité.


Marchés émergents

Depuis le début de l’année, nos gérants Macro sur les marchés émergents ont réussi à générer des gains en Asie et en Amérique latine. Plusieurs crises de liquidité se sont produites à Porto Rico et au Venezuela ainsi que plusieurs situations d’instabilité politique au Moyen Orient. Toutefois, les crises restent circonscrites au niveau local. Les marchés émergents offrent encore de nombreuses opportunités d’investissement parmi les différentes classes d’actifs (devises, taux, positions individuelles actions et dette).

 

Arbitrage de risque  – « Event-driven »

L’année 2018 a démarré avec de fortes attentes sur cette stratégie, si Donald Trump pouvait tenir ses multiples promesses: plus de dérégulation au niveau sectoriel, moins d’ingérence de l’État dans les ambitions des entreprises américaines, la possibilité de rapatrier des liquidités de l’étranger à un taux favorable, pour les redéployer notamment vers des acquisitions. Même l’Europe, habituellement plus conservatrice, a émis des signaux reflétant son appétit croissant pour une consolidation internationale, laquelle – après de fortes dépréciations monétaires - permettrait de faire émerger des champions européens ou de tirer parti de bonnes opportunités. Fin 2017, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Le brouhaha politique en provenance de Washington a généré de nombreuses incertitudes, qui ont incité les entreprises à rester en retrait et à attendre plus de clarification. Nous restons convaincus qu’il y aura de nombreuses opportunités à saisir en 2018. Le nouveau régime fiscal américain est désormais devenu réalité. Les modèles d’affaires traditionnels aspirent à plus de consolidation afin de faire face aux géants technologiques. La nouvelle entente franco-germanique semble prête à aller de l’avant pour créer des enterprises plus fortes. Enfin, la Chine reste avide de bonnes opportunités de rachat d’entreprises étrangères, afin d’asseoir son statut de grande puissance économique. Nous restons prudents face aux risques lié au biais net long des gérants « event ». Même si nous assistons à un regain d’optimisme, les détails restent entachés d’incertitude.


Entreprises en difficulté

Nous surveillons étroitement les gérants suivant cette stratégie, en raison des rendements potentiellement importants qui sont attendus, mais restons largement en retrait, car l’environnement actuel continue de favoriser un certain attentisme en matière de réappréciation du risque. Les spreads sont très serrés et offrent une asymétrie de risque négative. Toutefois, des failles sont visibles et le marché ou les banques ont sévèrement puni les entreprises fortement endettées, qui n’ont pas tenu leurs promesses ou qui semblent trop endettées pour être viables. Jusqu’à présent, le secteur de l’énergie, qui a fait l’objet d’émissions massives ces dernières années, a présenté de nombreuses opportunités intéressantes, en raison de la volatilité des cours du pétrole et de son impact sur ces titres. Dans le secteur de la distribution, les commerces traditionnels de type « brick-and-mortar » (commerces physiques) sont durement touchés par les innovations technologiques et sont sujets à une multitude de bouleversements au sein du secteur.


Strategie long short credit & haut rendement

La quête de rendement et l’environnement de taux d’intérêt presque négatifs continuent de soutenir nettement cette classe d’actifs, mais la volatilité pourrait flamber si des changements rapides en matière de politique monétaire venaient à surprendre le marché.