25 JUIL.

2017

Performance absolue , Stratégies d'investissement mensuelles , Thèmes

SUPER MARIO SONGE A RESTITUER UN PEU DE SES SUPER POUVOIRS

C’est l’histoire de trois banquiers centraux, un américain, un italien et un britannique qui se rencontrent à Sintra. De quoi parlent-t-ils ? Ils ont réussi à surprendre les marchés en maintenant une rhétorique de normalisation des taux, malgré des chiffres d’inflation inférieurs aux objectifs.

Les actions européennes ont abandonné environ 2,75 % sur le mois en raison de cette annonce. Tandis que la performance des indices S&P 500 et MSCI Latam s’est maintenue dans la même fourchette, les actions asiatiques ont affiché une performance nettement positive. Le Nasdaq a cédé 2,45 % en juin, après un parcours impressionnant sur les cinq premiers mois de l’année. Les autres secteurs qui ont bien performé furent la biotech, la finance et l’énergie. Ce sont les taux américains qui ont évolué le plus, avec un gain de 0,25 % en moyenne pour les taux à court terme et un resserrement de 0,1 % pour les émissions à 2 ans, à 0,15 %. Du côté du crédit, le fait le plus notable réside dans le rally des financières européennes qui ont gagné 0,2 %, après l’annonce des procédures de résolution bancaire concernant des banques du sud de l’Europe. Le cours du Brent a été volatil, cédant jusqu’à 12 % avant d’opérer un rebond vers la fin du mois, pour finir en baisse à -5 % sur le mois.

L’indice HFRX Global Hedge Fund était inchangé en juin.

STRATÉGIE LONG SHORT EQUITY

Les valeurs de croissance et les valeurs technologiques en particulier, ont enregistré de bonnes performances au deuxième trimestre 2017 jusqu’à la mi-juin, date à partir de laquelle les titres « value » ont surperformé. L’alpha dégagé par les stratégies long short actions s’est retrouvé en terrain légèrement négatif pour la première fois cette année, dans la mesure où les positions vendeuses ont augmenté plus que les positions acheteuses, partiellement en raison de la couverture de titres faisant l’objet d’un ratio de vente à découvert très élevé. Les hedge funds américains ont réduit leur exposition nette aux actions, tandis que certains de ces flux sont allés se porter sur les actions européennes, qui bénéficiaient d’une amélioration de leurs fondamentaux et du renforcement de la stabilité politique de la zone euro. Afin de nous adapter à cette évolution du marché, à la hausse de l’investissement passif et à la difficulté de vendre à découvert, nous avons conservé notre biais neutre vis-à-vis de cette stratégie. Le récent processus de « renormalisation » se poursuit et nous nous intéressons progressivement à des gérants plus pro-cycliques, qui, selon nous, serons mieux armés pour tirer parti des probables mesures favorables aux entreprises, promises aux États-Unis et en Europe.

STRATEGIE GLOBAL MACRO

Le deuxième trimestre s’est avéré difficile pour les gérants global macro, principalement en raison de leur positions longues sur le dollar et short sur les obligations. Les gérants discrétionnaires ont pu traverser cette période plus sereinement, contrairement aux gérants systématiques, qui ont eu des difficultés à générer des gains sur leurs positions en devises, en matières premières et en obligations. Les cours des actifs devraient, selon nous, continuer à enregistrer d’importantes variations, à mesure que les anticipations se matérialisent. Les stratégies Macro seront capables de capturer et de tirer parti de ces fortes variations de marché, grâce à une hausse de la volatilité sur les taux et les devises. Notre poche Global Macro peut compenser notre exposition nette acheteuse, car elle investit dans des facteurs de risques qui diffèrent de ceux de nos fonds actions.

STRATEGIES QUANTITATIVES

Au cours du deuxième trimestre 2017, les stratégies quantitatives ont eu du mal à générer des performances positives. Les modèles à long terme ont été les moins affectés par les revirements récents dans le sentiment de marché. Les modèles de suivi de tendances à long terme ainsi que le portage ont souffert des fluctuations sur les devises. Les stratégies « Momentum » et « Quality » ont affiché de belles performances en Europe et aux États-Unis. Les positions vendeuses de volatilité continuent à constituer une stratégie performante, mais, dans l’ensemble, la hausse de la volatilité devrait accroître le nombre d’opportunités au sein de notre poche quantitative.

ARBITRAGE DE PRODUITS DE TAUX

Nous avons maintenu notre allocation en arbitrage de produits de taux. A l’issue des élections françaises, le spread de taux entre l’Allemagne et la France s’est réduit et les spreads de swaps européens ont retrouvé leurs niveaux de décembre 2016. En revanche, la volatilité sur les taux d’intérêt a, depuis lors, légèrement augmenté dans la zone euro.

Le spread du Libor et des swaps indexés sur le taux à un jour aux États-Unis a retrouvé ses niveaux planchers historiques et son régime de prix antérieur.

MARCHES EMERGENTS

Les marchés émergents offrent encore de nombreuses opportunités d’investissement parmi les différentes classes d’actifs (devise, courbe de taux, positions individuelles en actions et en obligations). Nos gérants macro spécialisés sur les marchés émergents ont réussi à générer des gains en Asie et en Amérique Latine. Tant le Brésil que le Vénézuela ont connu une hausse significative de la volatilité au cours de ces dernières semaines.

ARBITRAGE DE RISQUES – EVENT-DRIVEN

Nous devenons plus positifs à l’égard de cette stratégie, mais restons cependant conscients des risques liés au biais net acheteur des gérants « event ». Le nombre de transactions pourrait augmenter si un certain degré de dérèglementation est instauré aux États-Unis et en Europe, et si la confiance des dirigeants d’entreprises n’est pas affectée par des faux-pas politiques. Dans un tel cas, les vastes réserves de trésorerie des entreprises américaines affectées à l’étranger, pourraient être rapatriées, voire utilisées dans le cadre d’acquisitions.

Les investissements dans les gérants de fonds « event » européens auxquels nous nous intéressons, profiteront de la nécessité de croissance externe. En ce qui concerne l’arbitrage de fusions et acquisitions, nous provilégions les gérants moins statiques et davantage orientés vers des spreads plus larges, les marges moyennes sur les opérations s’étant significativement réduites.

ENTREPRISES EN DIFFICULTE

Nous sommes plus optimistes sur le cycle de la dette « distressed », qui devrait profiter de la remontée potentielle des taux d’intérêt et de la réduction des mesures de soutien monétaire. Le secteur de l’énergie, qui a fait l’objet d’émissions massives ces dernières années, a offert jusqu’ici de nombreuses opportunités intéressantes, en raison de la volatilité des cours du pétrole et de leur impact sur ces titres. Les distributeurs traditionnels, disposant de points de vente physiques, sont gravement perturbés par les technologies d’innovation et génèrent de nombreux bouleversements au sein du secteur.

STRATEGIE LONG SHORT CRÉDIT & HIGH YIELD

La quête de rendement et un environnement de taux proches de zéro, voire négatifs continuent à offrir un net soutien pour cette classe d’actifs mais une flambée de volatilité pourrait surgir, si de rapides changements dans les politiques monétaires venaient à prendre le marché par surprise.