24 OCT.

2017

Les tensions avec la Corée du Nord étant reléguées au second plan, les investisseurs se sont un peu plus concentrés sur les fondamentaux, qui sont loin d’être mauvais. La plupart des principales économies enregistrent une croissance simultanée, les taux d’intérêt demeurent à un niveau bas et l’inflation se rapproche des objectifs fixés par les banques centrales. Le marché a également soigneusement examiné les nouvelles provenant de Washington, afin d’essayer d’anticiper les mesures largement attendues liées à la réforme fiscale, que doit annoncer l’administration Trump.

Ce sont ces facteurs qui ont, peut-être, déclenché le retour du positionnement lié à un scénario de relance. La plupart des indices actions ont enregistré une forte hausse, excepté des marchés comme la Grande-Bretagne ( FTSE 100) et la bourse d’Istanboul, pour cause d’instabilité politique. Au niveau sectoriel, les segments cycliques ont surperformé les produits de base et les services aux collectivités. Les taux souverains à moyen et long terme aux États-Unis et dans la plupart des pays européens se sont resserrés, le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans ayant atteint 2,33 % avant la fin du mois. Les métaux précieux ont sous-performé lors de cette quête d’actifs plus risqués, et le cours du pétrole a pris près de 10 % en un mois, le WTI atteignant 52 dollars.

L’indice HFRX Global Hedge Fund EUR était en hausse de +0,39 % au cours de la période.


STRATEGIE Long short ACTIONS 

En moyenne, les gérants de stratégies long short actions ont enregistré des performances positives en septembre. La rotation importante en-dehors des secteurs de croissance et défensifs, vers des secteurs « value » et cycliques ont profité à l’industrie et aux matériaux, au détriment des services aux collectivités et des produits de consommation de base. Les valeurs liées à l’énergie ont connu une certaine hausse, entraînées par le rebond du cours du pétrole. L’alpha total généré a reculé, en raison de la surperformance des positions vendeuses par rapport aux positions acheteuses. Il s’est ainsi avéré plus difficile pour les fonds neutres envers le marché de générer des performances positives. Les gérants de stratégies long shorts actions en Europe ayant un biais net acheteur ont bénéficié de facteurs favorables, puisque le mois de septembre a représenté le mois le plus important depuis le début de l’année, en termes d’achats nets d’actions européennes, ce qui a particulièrement profité aux gérants ayant un biais cyclique. Aux États-Unis, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a averti que si la réforme budgétaire anticipée ne se concrétisait pas, cet échec pourrait avoir un impact négatif sur la performance des marchés des actions. En Europe, la BCE continue à gérer sa communication avec prudence, en ce qui concerne les changements devant être apportés à son plan de relance. Il existe des inquiétudes au sujet de la force actuelle de l’euro et son possible impact négatif sur la reprise de l’économie européenne. Toutefois, le récent processus de normalisation se poursuit et nous migrons graduellement vers des gérants plus pro-cycliques, qui, selon nous, devraient être mieux placés pour tirer parti des possibles mesures favorables à l’activité, qui sont attendues de la part des nouvelles administrations aux États-Unis et en Europe.


STRATEGIE Global Macro

Les rendements des gérants de stratégies Global Macro ont été dispersés au mois de septembre. Les stratégies discrétionnaires ont réalisé de meilleures performances que les processus d’investissement systématiques, grâce à leur faculté d’adaptation plus rapide dans un contexte en pleine mutation. Les brusques revirements opérés par les matières premières, les produits de taux et, dans une certaine mesure, par les devises, ont pénalisé la performance. La plupart des gérants discrétionnaires détenant des positions importantes en dette portoricaine et des positions acheteuses en actions et en devise turques ont accusé une baisse ce mois-ci. Les gérants discrétionnaires ont été capables de naviguer à travers les courants de 2017 plus facilement que les gérants systématiques, qui ont eu du mal à gagner de l’argent sur leurs positions en devises, matières premières et obligations. Selon nous, des variations importantes sur les cours des actifs vont se poursuivre, au fur et à mesure que les estimations s’ajustent à la réalité. Les stratégies macro seront capables de capter et de tirer parti de ces fortes variations de marché, grâce à un accroissement de la volatilité sur les taux et les devises. Notre poche Global Macro pourrait compenser notre exposition nette acheteuse, car elle investit dans des facteurs de risque différents par rapport à nos fonds actions.


STRATEGIES QUANTITATIVES

Depuis le début de l’année, les stratégies quantitatives ont eu du mal à générer des performances positives. Les modèles à long terme ont été moins affectés par les revirements récents du sentiment de marché à court terme. En-dehors des évènements sporadiques comme les tensions entre la Corée du nord et les États-Unis, les indices de volatilité aux États-Unis et en Europe restent proches de leurs plus bas historiques. Ceci constitue un obstacle pour la plupart des stratégies. Les positions vendeuses de volatilité continuent à former une stratégie gagnante, mais, dans l’ensemble, une hausse de la volatilité pourrait accroître le nombre d’opportunités au sein de notre poche quantitative.



ARBITRAGE PRODUITS DE TAUX

Nous avons maintenu inchangée notre allocation à l’arbitrage de produits de taux. A l’issue des élections françaises, le spread de taux entre l’Allemagne et la France s’étant réduit, les spreads de swaps européens ont retrouvé leur niveau de décembre 2016. A l’inverse, la volatilité sur les taux d’intérêt, s’est, depuis lors, légèrement accrue dans la zone euro.

Le spread du Libor et des swaps indexés sur le taux à un jour aux États-Unis est revenu vers les niveaux planchers historiques et a renoué avec son régime de prix passé.  

 

MARCHES EMERGENTS 

Depuis le début de l’année, nos gérants de stratégies macro sur les marchés émergents ont réussi à générer de bons rendements en Asie et en Amérique latine. Au cours du mois de septembre, certains de nos gérants – en raison de leurs positions acheteuses en dette portoricaine et de leurs paris acheteurs sur la livre turque – ont généré des rendements négatifs. Toutefois, les marchés émergents offrent toujours de très nombreuses opportunités d’investissement à travers diverses classes d’actifs (devises, courbe de taux d’intérêt, actions individuelles et dette).

 

Risque Arbitrage – « event driven » 

Nous sommes plus positifs à l’égard de cette stratégie, tout en restant conscients des risques liés au biais net acheteur des gérants de stratégies « event ». Si la confiance des chefs d’entreprise demeure intacte face aux maladresses politiques, le nombre de transactions pourrait augmenter, à condition qu’un certain niveau de dérégulation soit mis en place aux États-Unis et en Europe. Dans un tel cas, les importants soldes de trésorerie des entreprises américaines affectés à l’étranger, pourraient être rapatriés et utilisés dans le cadre d’acquisitions. Il semble que nous nous approchions de la tant attendue réforme fiscale, une ébauche de la réforme devant être annoncée par l’administration américaine fin octobre.  

Les investissements dans des gérants européens « event » que nous étudions, bénéficieront de la nécessité d’une croissance ciblée. En ce qui concerne l’arbitrage de fusions et acquisitions, nous privilégions les gérants moins statiques et plus orientés vers un positionnement sur des spreads plus larges, la marge moyenne sur les transactions s’étant considérablement comprimée.



ENTREPRISES EN DIFFICULTE 

Nous sommes davantage optimistes en ce qui concerne le cycle de la dette des entreprises en difficulté, en raison de la hausse potentielle des taux d’intérêt et de la réduction des mesures de soutien. Le secteur de l’énergie, qui a fait l’objet d’émissions massives ces dernières années, a, jusqu’ici, présenté de nombreuses opportunités intéressantes, grâce à la volatilité des cours du pétrole et à son impact sur les titres de ce secteur. Les distributeurs traditionnels (disposant de magasins physiques) sont durement affectés par les innovations technologiques et ceci provoque de nombreux bouleversements au sein du secteur.



STRATEGIE Long short credit & HIgh Yield 

La quête de rendement et l’environnement de taux proches de zéro, voire négatifs, offrent encore un soutien important pour cette classe d’actifs, mais la volatilité pourrait flamber si des changements de politique monétaire rapides surprenaient le marché.