24 JUIL.

2018

Absolute Return , Asset Class

L’art de la négociation

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, ainsi que d’autres enjeux géopolitiques à travers le monde, ont dicté la tendance des marchés ce mois-ci. L’administration américaine a mis en place des barrières sur les investissements chinois à l’étranger.Ce derniers ont atteint leur niveau le plus bas depuis quatre ans (-38 % en un an). Le renminbi a connu en juin sa plus forte baisse mensuelle par rapport au dollar américain, laissant penser que la Chine pourrait utiliser la dévaluation de sa monnaie comme un outil de représailles contre les États-Unis. De plus, les monnaies des pays émergents ont souffert ce mois-ci. De fait, les investisseurs craignent que la hausse des taux américains n’ait un impact négatif sur les économies émergentes en raison du renchérissement du coût de la dette des pays fortement dépendants d’émissions en dollar.

En juin, le S&P 500 a gagné 0,48 % et l’indice Philadelphia Semiconductor a reculé de 4,73 %, en partie sous l’effet de l’escalade des tensions entre les États-Unis et la Chine. Cependant, l’indice NASDAQ à forte composante technologique a touché un nouveau sommet et a terminé le mois en hausse de 0,9 %, tout comme l’indice NYSE Fang+ qui a progressé de 5,01 %. L’écart entre ces deux indices pourrait tenir au fait que les grandes entreprises technologiques sont moins affectées par les droits de douane.

Sur le front des devises, le dollar a poursuivi son ascension, en particulier par rapport aux monnaies des pays du G7.

En Italie, après les soubresauts du mois de mai qui ont induit une baisse importante des niveaux des emprunts d’État, la situation s’est stabilisée avec un repli de 10 à 30 pb des rendements sur l’ensemble de la courbe. Le spread entre les obligations italiennes et allemandes à 10 ans reste toutefois proche de son plus haut sur l’année en cours et atteignait 238 pb à la fin du mois, indiquant que les investisseurs continuent de préférer la sécurité au rendement.

L'indice HFRX Global Hedge Fund EUR s’est replié de 0,48 % au mois de juin.

STRATÉGIE LONG SHORT EQUITY

Le mois de juin a été marqué par une volatilité importante, avec notamment des retournements prononcés en milieu de période au niveau du S&P 500. Les actions n’évoluent pas en fonction de leurs fondamentaux mais plutôt au gré du positionnement extrême en faveur de la qualité (actions de type « GARP ») en ce qui concerne les positions longues et du positionnement vendeur extrême sur les titres « value ». Les gérants en mesure d’affronter cet environnement sont ceux qui adoptent une approche équilibrée des facteurs actions. La disparité des performances des gérants Long/Short s’est montrée relativement importante en juin.


STRATÉGIE GLOBAL MACRO 

Le mois de juin a souri aux fonds Macro. La volatilité des marchés offre des points d’entrée favorables sur les monnaies des pays émergents et sur les taux aussi bien côté long que short. La dispersion commence enfin à apparaître parmi les pays émergents et développés. Les déclarations politiques et les tensions commerciales dictent la tendance des marchés. L’Italie remet en question les modèles économiques allemands et le Brésil semble avoir gagné sa bataille contre l’inflation. Le Mexique pourrait constituer un risque, selon l’idéologie politique à laquelle son nouveau président va effectivement adhérer. Le ralentissement de l’économie chinoise est un fait avéré mais qui est encore susceptible de se poursuivre. Les stratégies Global Macro offrent selon nous un large éventail d’opportunités de placement.


STRATÉGIES QUANTITATIVES

L’environnement de marché devient plus favorable pour les stratégies « trend following » notamment celles qui présentent une allocation importante aux matières premières (le pétrole a largement contribué aux comptes de résultats). Par ailleurs, les stratégies en actions, qu’elles soient axées sur les cours ou les fondamentaux, ont pâti des fluctuations des marchés et ont terminéle mois en territoire négatif.


Arbitrage de produits de taux 

Nous avons maintenu inchangée notre allocation à l’arbitrage de produits de taux. La volatilité des taux d’intérêt retrouve ses niveaux antérieurs au pic de mai. Dégager des performances positives s’est montré difficile dans ce contexte de très faible volatilité.

Nous avons toutefois maintenu notre allocation au secteur en raison de sa convexité positive.

Depuis le début de l’année, tous les gérants de cet univers ont généré de solides rendements corrigés du risque, tout en présentant une exposition positive à la volatilité.

 

Marchés émergents

La décision du gouvernement américain de profiter de son influence sur les marchés pour accroître l’avantage des États-Unis sur le reste du monde pourrait créer d’importantes perturbations à court terme. Son impact devrait être globalement négatif. De fait, la politique « America First » de Donald Trump, ainsi que le resserrement de la liquidité, laissent entendre que certains pays, et plus précisément les pays émergents, pourraient voir leur économie se détériorer à court terme. À plus longue échéance, après avoir traversé cette période difficile, les marchés émergents d’Asie devraient présenter un potentiel de croissance important. En particulier, les pays émergents qui ont investi massivement dans l’éducation ou la technologie devraient surperformer à long terme. La dispersion entre marchés émergents pourrait constituer une opportunité de placement « long » et « short » à l’avenir.


Arbitrage de risque – event driven

Les stratégies « event driven » en général, et en particulier les stratégies d’arbitrage de fusion, se sont bien comportées en juin. L’issue du procès anti-trust visant Time Warner a envoyé au marché un signal positif pour la réalisation de fusions verticales complexes. NXP Semiconductors a été une position perdante pour la plupart des fonds car il semble que l’approbation de cette transaction par les autorités de réglementation chinoises dépende de la décision du département du Commerce américain d’autoriser (ou non) ZTE à distribuer ses composants aux États-Unis. L’opportunité demeure intacte, un grand nombre de transactions devant être conclues intégrant un spread intéressant.


Entreprises en difficulté

Nous surveillons au plus près les gérants « Distressed Securities » au regard de leur potentiel de performance élevé, mais restons globalement sur la touche. Néanmoins, un nombre croissant de hedge funds américains spécialisés dans les actifs décotés commencent à lever des fonds dans l’anticipation d’un nouveau ralentissement économique.

 

Stratégie long short crédit & high yield

Le niveau serré des spreads allié au contexte de faible volatilité en dépit de flux de capitaux importants vers la classe d’actifs conforte notre opinion négative vis-à-vis de cette stratégie.