29 MAI

2018

Allocation d'actifs , Thèmes

Questions/réponses sur l’Italie

Quelle est la situation...?

  1. … économique ?

    Les perspectives conjoncturelles de l’Italie se sont améliorées : la reprise a gagné en vigueur. La baisse – certes lente – du taux de chômage a néanmoins permis un redressement de la confiance des ménages et les enquêtes récentes auprès des entreprises sont mieux orientées. Avant les turbulences récentes, la croissance en Italie semblait en passe d’approcher à nouveau 1,5 % en 2018.

    La grande majorité des problématiques de long terme, dont les racines sont profondes, n'ont toutefois pas vraiment été prises à bras-le-corps par les gouvernements qui se sont succédé. Des faiblesses structurelles pèsent sur le potentiel de croissance de l'Italie : les gains de productivité sont particulièrement faibles et le défi démographique reste entier. Par ailleurs, les disparités régionales, le niveau élevé du chômage de longue durée comme de celui des jeunes, la remontée aussi du taux de pauvreté relative font peser des risques sur la cohésion sociale. Enfin, malgré un excédent primaire, la dette publique de l'Italie reste élevée… et n’est pas revenue sur une trajectoire soutenable. 

  2. … politique ?

    (mise à jour le 1er juin)

    Après trois mois d’incertitudes, l’Italie a un nouveau gouvernement dirigé par Giuseppe Conte, professeur de droit novice en politique. Le poste clé de ministre des finances qui avait conduit le Président à mettre son veto en début de semaine a finalement été confié à Giovanni Tria, personnalité moins controversée que Paolo Savona. Si le nouveau ministre des finances n’envisage pas de sortie de la zone euro, il n’en reste pas moins très critique de la gouvernance économique de l’UE.

    Il nous semble peu probable que ce gouvernement mette en œuvre l’ensemble du programme de baisses d’impôts et de hausses des dépenses sur lequel la coalition M5S / L semblait s’être mise d’accord (environ 6 % du PIB de dégradation de l’équilibre budgétaire). Le risque d’une confrontation avec l’Europe est lui toutefois bien réel, tant sur les questions budgétaires[1] que d’immigration.

    Si les marchés semblent avoir bien réagi à l’annonce de la formation d’un nouveau gouvernement, l’instabilité politique n’en a pas pour autant disparu en Italie. Cette coalition M5S / L est un rapprochement de circonstances et reste fragile. Dans ce contexte, les marchés s'ajusteront en temps réel à l'évolution de la situation politique italienne. Une attitude dont les effets se ressentiront dans la volatilité de l’euro et les spreads d’Etats des pays d’Europe du Sud… ainsi que dans le rythme de resserrement de la politique monétaire de la BCE.


Notre positionnement sur le marché italien

Obligations italiennes  

Notre point de vue sur les obligations souveraines italiennes était et reste prudent. Notre vision négative sur la dette de l'Italie est motivée par la faible dynamique de croissance économique du pays et une soutenabilité de la dette qui reste fragile. 

Dans nos fonds actifs, nous sous-pondérons les obligations italiennes par rapport à l'indice de référence.

Nous pensons que la prime de risque élevée actuelle et la volatilité des obligations italiennes devraient se maintenir, conséquences d’un discours euros-sceptique et de dérapages budgétaires potentiels.

Une mise en œuvre partielle du programme provisoire des MS5 et LN en matière de politique budgétaire pourrait en effet conduire à une augmentation sensible des déficits et dette publics. Cela remettrait également au premier plan le risque de dégradation de la notation des crédits souverains.

 

Actions italiennes 

Notre point de vue sur les titres italiens était et reste prudent. Nous nous attendons à une poursuite de la volatilité, tandis que la performance restera étroitement liée à l’actualité politique.

Outre les turbulences politiques, les actions italiennes devraient être également pénalisées par la forte concentration de l'indice boursier sur 3 secteurs particulièrement dépendants de l’activité domestique du pays.

Les secteurs « banque », « énergie » et « utilities » représentent 72 % de l’indice MSCI Italien et les prévisions de résultats de ces derniers pourraient être revues à la baisse.



[1] Le Président a le pouvoir de mettre son veto au budget en utilisant l'article 81 de la Constitution italienne, qui introduit un « principe d'équilibre budgétaire », et l'article 97, qui stipule que « les administrations publiques, conformément au droit communautaire, doivent assurer l'équilibre budgétaire et la viabilité de la dette publique ».