23 JUIL.

2017

Allocation d'actifs , Thèmes

L’expansion à venir constitue la seconde étape de la reprise mondiale après lA reprise économique de 2016.

SYNTHÈSE

  • L’expansion à venir constitue la seconde étape de la reprise mondiale après le reprise économique de 2016. Sans surprise, les banques centrales se retrouvent désormais sous les feux de la rampe.
  • La principale question pour les mois à venir sera la résilience des marchés actions face à cette tendance au resserrement des taux.
  • Nous restons positifs sur les actions et avons accru notre exposition au Japon.




PRINCIPALES CONVICTIONS

  • La dynamique d’expansion mondiale est bien amorcée.

Aux États-Unis, l’expansion cyclique a connu un passage à vide, qui explique notre position neutre sur les actions américaines. Les derniers chiffres montrent en revanche que la reprise européenne se confirme avec une croissance supérieure à son niveau moyen pour 2017-18. Nous avons donc revu à la hausse nos prévisions de bénéfices pour les actions de la zone euro, ces dernières étant une de nos plus fortes convictions. En accord avec Mario Draghi, nous estimons que les forces déflationnistes observées jusqu’à l’an dernier se sont dissipées, bien que l’inflation mondiale ne progresse que petit à petit. En parallèle, les craintes de protectionnisme se sont atténuées (Chine, NAFTA), sans pour autant disparaître complètement, comme l’a montré le sommet du G20. Dans ce contexte, nous surpondérons légèrement les actions, avec de fortes convictions régionales qui favorisent les marchés de la zone euro, du Japon et des marchés émergents, tout en conservant une duration courte.

  • Le risque politique s’est déplacé de l’Europe vers les États-Unis.

Nous pensons avoir passé le pic de l’incertitude politique au sein de la zone euro à la suite des élections françaises. Le risque politique italien semble « gérable » à moyen terme et est déjà intégré par les marchés. Aux États-Unis, l’absence de progrès sur la réforme de l’assurance-santé au niveau du Congrès remet en cause les projets de réforme fiscale, un des piliers de la crédibilité de la présidence Trump. Le dérapage du calendrier de relance budgétaire continue d’être source d’incertitude. Nous attendons d’avoir plus de visibilité pour prendre une position plus constructive: au niveau national, sur les mesures de relance budgétaire, de réduction d’impôts et de déréglementation, au niveau international, sur les tensions géopolitiques avec la Syrie, l’Iran et la Corée du Nord.

  • Le ton conciliant des banques centrales devrait progressivement s’atténuer.

Nous nous attendons à une nouvelle hausse des taux de la Fed d’ici la fin de l’année, ce que le marché n’a pas encore intégré. La prochaine phase du processus de resserrement monétaire de la Fed passera par une réduction de son bilan, selon un calendrier encore incertain, mais qui pourrait se préciser en septembre. De la même manière, les annonces de réduction des interventions de la BCE sont devenues un thème majeur à la suite des récents discours de Mario Draghi, en phase avec le dynamisme économique de la région. Ce resserrement contraste avec le ton extrêmement conciliant de la Banque du Japon (BoJ) et l’assouplissement des politiques monétaires sur les marchés émergents, notamment au Brésil.

 

STRATÉGIE MULTI-ASSET : POSITIONNEMENT RÉGIONAL DU PORTEFEUILLE

APERÇU GENERAL : actions vs obligations

La conjoncture économique mondiale reste favorable aux actions par rapport aux obligations à moyen terme. L’expansion se poursuit et la zone euro a clairement pris les devants avec des indicateurs économiques solides qui sont en train de s’améliorer. Le ralentissement observé depuis février/mars aux États-Unis semble toucher à sa fin. Les banques centrales du monde entier, à l’exception notable de la BoJ, reconnaissent que la situation économique est en voie d’amélioration. Cela s’observe également dans le revirement des surprises économiques aux États-Unis, qui tendent par construction à revenir vers la moyenne et ont touché un point bas fin juin. L’expansion à venir devrait constituer la seconde phase de la reprise économique mondiale amorcée l’an dernier. En parallèle, le ton conciliant des banques centrales s’atténue progressivement.

La principale question pour les mois à venir sera la résilience des marchés actions face à cette tendance (graduelle) au resserrement monétaire. L’incertitude quant à la réponse de l’inflation face au resserrement des marchés du travail et des biens encourage cette approche graduelle. Sachant que la rotation des actions est influencée par les signaux du marché obligataire, nous avons accru notre exposition aux actions japonaises, renforçant ainsi notre exposition à une thématique d’investissement cyclique bénéficiant d’une banque centrale extrêmement accommodante.

 

STRATÉGIE ACTIONS PAR RÉGION
Légère surpondération des actions

  • L’actualité économique redevient plus favorable aux États-Unis.
  • Nous avons une position neutre sur les actions américaines. Les marchés boursiers américains ont été portés par l’optimisme post-électoral des consommateurs et des entreprises, mais l’activité a connu un passage à vide. L’actualité économique américaine redevient maintenant plus favorable et les surprises économiques ont commencé à se remettre de leurs niveaux extrêmement négatifs. Nous voyons malgré tout des risques d’exécution dans les mesures de relance budgétaire annoncées et suivrons de près les nouvelles en provenance des législateurs. Un échec de la réforme de l’assurance-santé n‘aiderait pas à restaurer la confiance.

  • Nous sommes positifs sur les actions de la zone euro. L’expansion économique plus robuste et généralisée de la région, la politique accommodante de la banque centrale et la croissance des bénéfices des entreprises sont autant de facteurs favorables aux actifs risqués de la zone euro. La forte réduction de la prime de risque politique et les récents sauvetages bancaires contribuent à restaurer la confiance.
  • Nous sommes négatifs sur les actions européennes hors zone euro. Au vu du résultat des élections anticipées et des incertitudes entourant les conditions du « Brexit » et leur impact sur l’économie, nous évitons la région. La plus grande partie de la variation du taux de change étant probablement derrière nous, nous pensons que les prévisions de croissance des bénéfices risquent de s’infléchir.
  • Nous avons un avis positif sur les actions des marchés émergents. Elles bénéficient d’une valorisation attrayante dans un contexte de solide croissance mondiale. La Chine ne devrait pas être source de risque systémique cette année, et les chiffres les plus récents (réserves de change, ventes au détail, production industrielle, crédit) sont tous relativement favorables. Nous surveillons l’ampleur de l’exposition sur les secteurs des technologies et de l’informatique, qui représente plus de 50 % des rendements du 1er semestre.
  • Nous avons une surpondération aux actions japonaises. Le renforcement de la croissance mondiale et les politiques intérieures favorables figurent parmi les principaux facteurs de performance. Nous sommes encore plus convaincus que la BoJ ne se joindra pas de sitôt au mouvement de resserrement monétaire des autres banques centrales, ce qui devrait entraîner un affaiblissement du yen.
  • Avec le raffermissement de la croissance mondiale par rapport aux deux dernières années, les principaux risques pour l’avenir sont d’ordre (géo)politique.

 

STRATÉGIE OBLIGATAIRE
Position négative sur les obligations d’États et duration courte

  • Avec la politique de resserrement de la Fed et des pressions inflationnistes à l’horizon, nous pensons que les taux d’intérêt et rendements obligataires repartiront à la hausse après leur point bas de juin. La hausse des salaires et les éventuelles mesures de relance devraient faire remonter l’inflation, bien que cela mette plus longtemps que prévu à se concrétiser. La possibilité de mesures protectionnistes reste une inconnue.
  • L’amélioration de la conjoncture économique européenne pourrait également se traduire par une remontée des rendements obligataires de la zone euro alors que les risques politiques s’atténuent et que la BCE devrait commencer à préciser la phase suivante de son programme de « tapering » au second semestre.
  • Nous avons une position neutre sur le crédit, car les spreads se sont déjà réduits de manière significative et la hausse éventuelle des rendements risque de pénaliser la performance.
  • En ce qui concerne la dette émergente, le mouvement actuel d’assouplissement monétaire constitue un soutien important ; actuellement, nous avons une préférence pour cette thématique obligataire.

 

MATIÈRES PREMIÈRES

  • La production pétrolière américaine repart à la hausse alors que la production mondiale reste élevée. Le prix du pétrole (Brent) a donc du mal à franchir le seuil des 50 dollars le baril. Sur le plan technique, 44 USD et 42 USD représentent des niveaux de support importants.